Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Projet d’EDF de construire des EPR en Grande-Bretagne : le crash approche…

1 février 2014 · ana duarte

Il y a du nou­veau concer­nant le pro­jet d’EDF de construire des EPR à Hinckley Point en Grande-Bretagne. Pour mémoire, la majo­ri­té des médias fran­çais a célé­bré avec tam­bours et trom­pettes, en octobre der­nier, un « suc­cès gigan­tesque » du nucléaire fran­çais outre-Manche.

Aujourd’hui par contre, silence presque total (hor­mis les Echos, qui com­mencent à s’inquiéter pour leur atome ado­ré) sur la publi­ca­tion du pre­mier docu­ment d’enquête de la Commission euro­péenne, qui « doute que l’aide puisse être décla­rée com­pa­tible » avec les règles européennes.

Pour mémoire, l’accord EDF/Londres revient à rendre « ren­table », à coups de mil­liards lit­té­ra­le­ment volés aux contri­buables bri­tan­niques, un pro­jet nucléaire ter­ri­ble­ment défi­ci­taire. Stupide ou cor­rom­pu, voire les deux, le pre­mier ministre Cameron a accor­dé à EDF le rem­bour­se­ment des pertes pen­dant… 35 ans !

Pour sa part, l’Observatoire du nucléaire affirme avec constance depuis des mois (Voir la Revue de Presse N°12 d’août 2012 par exemple) que cet accord de dum­ping sera annu­lé par Bruxelles et que les fameux EPR ne ver­ront pas le jour. Ce point de vue, igno­ré par les « grands médias » (trop occu­pés à glo­ri­fier l’atome hexa­go­nal), se rap­proche peu à peu de la victoire…

C’est donc bien la presse bri­tan­nique qu’il faut lire avec ses titres édi­fiants : « Bruxelles dit que l’aide d’Etat pour Hinkley Point est illé­gale » ou « Le deal nucléaire de la Grande-Bretagne avec EDF pour­rait coû­ter 17 mil­liards selon Bruxelles », ou encore « Revers pour le nucléaire : la Commission euro­péenne attaque les sub­ven­tions pour Hinckley Point ».

Rappelons que, pour pou­voir enfin vendre des EPR (dont per­sonne ne veut), EDF a d’abord rache­té British Energy (avec l’argent des Français), qui plus est au prix fort, juste avant la crise mon­diale de 2008. Du coup, contrai­re­ment à ce qui est affir­mé ici où la, ce ne sont pas les Britanniques qui achètent des EPR, mais EDF qui se les vend à elle-même ! Ce ridi­cule tour de passe-passe va donc se ter­mi­ner en déroute, comme c’est déjà le cas pour EDF et Areva aux USA. Il ne reste plus qu’à attendre les factures…

A suivre…