Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse - février 2014

1 février 2014 · julienschwartz

Vieilles cen­trales nucléaires, ou « nou­veaux » EPR, ou… rien !

Nucléaire : les manoeuvres de l’Elysée
Le Monde, 10 février 2014 : http://bit.ly/M5LtAb
Prolonger les réac­teurs nucléaires : « hors de prix »
Le Monde, 26 février 2014 : http://bit.ly/1dz16XV

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Dessin de Lidwine

On a beau­coup par­lé de nucléaire en ce mois de février 2014. Il faut dire que le parc ato­mique fran­çais est à bout de souffle et les « res­pon­sables » indus­triels et poli­tiques se posent (enfin) des ques­tions : faut-il rafis­to­ler ces vieux réac­teurs, ou bien en construire de nou­veaux ? « Les deux ! » semblent répondre ces tristes per­son­nages qui n’envisagent même pas l’hypothèse pour­tant la plus sen­sée et d’ailleurs la plus pro­bable : l’arrêt de l’industrie ato­mique. Nous y reviendrons.

C’est le jour­nal Le Monde qui a lan­cé les grandes manoeuvres en évo­quant, jus­te­ment, celles de l’Elysée : nombre de réac­teurs fran­çais ne dépas­se­ront guère les 40 ans de durée de vie, il fau­drait donc construire des EPR tout neufs dans le péri­mètre des cen­trales exis­tantes. Tout neufs… mais déjà vieux car ce pauvre réac­teur EPR a été conçu il y a 25 ans !

La ficelle est bien connue : construire des réac­teurs dans des régions déjà colo­ni­sées par la mafia ato­mique est la cer­ti­tude d’éviter des mani­fes­ta­tions mas­sives. Mais ce sym­pa­thique pro­jet élude un « détail » : comme démon­tré actuel­le­ment par EDF à Flamanville et par Areva en Finlande, l’EPR est hors de prix, et même car­ré­ment rui­neux (10 mil­liards au lieu de 3 pré­vus au départ). Et, comme démon­tré sur ces deux chan­tiers, les nucléo­crates fran­çais sont inca­pables de construire leur propre réacteur !

Du coup, EDF met en avant son « grand caré­nage », que nous avons évo­qué lar­ge­ment le mois der­nier : un pro­gramme de rafis­to­lage des réac­teurs actuels pour les faire durer plus long­temps. La fac­ture de cet amu­se­ment a d’abord été annon­cée à 45 mil­liards, puis 55. Pour notre part, nous avons évo­qué un mini­mum de 100 mil­liards, confir­mé et même lar­ge­ment dépas­sé en fin de mois par une étude de Wise-Paris qui évoque un total allant de 116 à 261 milliards !

L’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) et l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire (IRSN) déclarent pru­dem­ment qu’il est impos­sible à ce jour de chif­frer le coût réel du « grand caré­nage », tout en lais­sant pla­ner la menace que nombre de réac­teurs ne soient pas auto­ri­sés à conti­nuer à fonc­tion­ner, même après rafistolage.

Pour nous, l’affaire est simple : les grands parcs nucléaires (USA, France, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne) ont été payés dans les années 60 et 70, quand l’argent cou­lait à flots, ce qui n’est plus du tout le cas désor­mais. Il est donc pro­bable que ni le « grand caré­nage » ni un parc d’EPR ne pour­ront être finan­cés. Il fau­dra donc faire sans l’atome et, après tout, c’est ce que fait déjà le Japon dont les 54 réac­teurs sont arrê­tés depuis 6 mois.

Délitement avan­cé du parc nucléaire français

Maintenance des réac­teurs nucléaires : EDF débor­dé, s’inquiète l’ASN
AFP, 13 février 2014 : http://bit.ly/1kmskFJ
Audition du Président de l’Autorité de sûre­té à l’Assemblée nationale
Assemblée natio­nale, 13 février 2014 : http://bit.ly/1gDaGLC
Nucléaire : un tiers du parc connaît des défaillances de sûreté
Médiapart, 15 février 2014 : http://bit.ly/1kJJpMJ
Ça dis­joncte grave du côté des centrales !
Blog G. Blavette, 17 février 2014 : http://bit.ly/1mEUptn
EDF : la polé­mique sur les moteurs d’urgence des cen­trales nucléaires rebondit
La Tribune.fr , 21 février 2014 : http://bit.ly/1mEUptn

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Dessin de Drapier

Grand caré­nage ou grand car­nage ? EDF pré­tend rafis­to­ler les réac­teurs actuels pour les faire durer jusqu’à 50 ou même 60 ans, mais vont-ils seule­ment atteindre 40 ans ? Sans même évo­quer l’hypothèse d’un ou plu­sieurs Fukushima fran­çais, EDF va pro­ba­ble­ment devoir arrê­ter de nom­breux réac­teurs tant ils sont dans un état déplorable.

Même les diri­geants de l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN), crai­gnant pro­ba­ble­ment de lais­ser une trace très radio­ac­tive dans l’Histoire, laissent désor­mais entendre que les dési­rs d’EDF pour­raient ne pas deve­nir réa­li­té. Le nucléaire fran­çais a pris son envol dans les années 70, l’atterrissage est pour bien­tôt… mais il n’y a pas de piste !

Lycéen inter­dit de cen­trale nucléaire : quelle chance !

En pleine sor­tie sco­laire, un lycéen refou­lé à l’entrée d’une cen­trale nucléaire
FranceTVinfo, 25 février 2014 : http://bit.ly/1hnWJnb
Un lycéen inter­dit de cen­trale nucléaire : sécu­ri­té ou discrimination ?
Franceinfo, 25 février 2014 : http://bit.ly/1bQEGG6
Le VRAI pro­blème est la pro­pa­gande d’EDF dans les écoles
Tweet de l’Observatoire du nucléaire, 25 février 2014 : http://bit.ly/1mK0GHG
Preuves en images de la pro­pa­gande nucléaire infli­gée aux élèves
Recherche sur le web : http://bit.ly/1ktQmyJ

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Dessin de Drapier

Des dizaines de repor­tages et d’articles ont fleu­ri en quelques heures pour cou­vrir une curieuse affaire : un lycéen a été refou­lé à l’entrée de la cen­trale nucléaire de Saint-Alban qu’il devait visi­ter dans le cadre d’une sor­tie sco­laire. Selon un res­pon­sable com­mu­ni­ca­tion de la cen­trale, le lycéen « est connu défa­vo­ra­ble­ment des ser­vices de police », pro­ba­ble­ment du fait de son pré­nom, Karim, ce qui en fait à coup sûr un adepte de Ben Laden.

Les médias ont donc posé la ques­tion : sécu­ri­té ou dis­cri­mi­na­tion. Mais per­sonne - à part l’Observatoire du nucléaire (cf http://bit.ly/1mK0GHG ) - n’a poin­té le VRAI pro­blème : depuis 50 ans, avec la col­la­bo­ra­tion active de l’Éducation natio­nale, EDF fait de la pro­pa­gande pro­nu­cléaire auprès des élèves, et ce dès l’école primaire.

Finalement, sans le savoir, le jeune Karim a eu de la chance : il a échap­pé au bour­rage de crânes pré­vu par EDF et son lycée. Il paraît que ses parents veulent por­ter plainte, ce sont au contraire tous les autres parents qui devraient dénon­cer les méthodes « radio­ac­tives » d’EDF et de ses com­plices dans l’Éducation nationale.

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EDF mani­pule les élèves avec la collaboration
de la hié­rar­chie de l’Education nationale

Effondrement pro­gram­mé du parc nucléaire des USA

Uneconomic US nuclear plants at risk of being shut down
(Les cen­trales nucléaires non ren­tables aux USA mena­cées de fermeture)
Financial Times, 19 février 2014 : http://on.ft.com/1mEKOmm
Nucléaire : aux Etats-Unis, les cen­trales vont être éternelles
Journal de l’Environnement, 25 février 2014 : http://bit.ly/1gDZttV

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« Pas d’inquiétude, tout va bien ! »

Nous avons évo­qué dans nos pré­cé­dents numé­ros les réac­teurs amé­ri­cains défi­ni­ti­ve­ment fer­més par leurs pro­prié­taires à qui ils fai­saient perdre trop d’argent : Crystal River 1, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1 et bien­tôt Vermont Yankee (fin 2014), ces deux der­niers ayant pour­tant en poche une pro­lon­ga­tion de durée de vie jusqu’à 60 ans (2032 et 2033) !

Le Journal de l’environnement évoque pour sa part la pos­sible exploi­ta­tion de réac­teurs amé­ri­cains au delà de 60 ans (!), en notant à juste titre que cela pour­rait coû­ter fort cher, mais c’est aller plus vite que la musique. En effet, le Financial Times, peu connu pour un quel­conque acti­visme anti­nu­cléaire, annonce la pos­sible fer­me­ture pro­chaine de nom­breux réac­teurs deve­nus non ren­tables : les 5 évo­qués ci-dessus ne sont pro­ba­ble­ment que les pre­miers d’une longue liste. Tant mieux, mais espé­rons qu’aucune de ces anti­qui­tés ne cau­se­ra d’ici là un Fukushima américain.

Nucléaire mili­taire : aus­si ridi­cule que le nucléaire dit « civil »

La Cour des comptes épingle le pro­jet de deuxième porte-avions français
Le Monde, 11 février 2014 : http://bit.ly/1llJyq1
Pourquoi audi­tion­ner des aumô­niers reli­gieux sur la dis­sua­sion nucléaire ?
Le Monde, 13 février 2014 : http://bit.ly/1mHuswF
Exclusif. Le docu­ment choc sur la bombe A en Algérie
Le Parisien, 14 février 2014 : http://bit.ly/1cIqsSF
Radioactivité sans gravité
Nouvelle de Tibal : http://bit.ly/1bOrotM

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Le Charles-de-Gaulle est (encore !) en rade…

Le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle a par­ti­ci­pé à la déso­pi­lante aven­ture du nucléaire fran­çais : par exemple, ce n’est qu’une fois mis à l’eau en 1999 que nos « spé­cia­listes » se sont aper­çu qu’il fal­lait ral­lon­ger son pont. Un an plus tard, une hélice se brise et c’est par miracle que les hélices du vieux Foch ont pu être uti­li­sées « pro­vi­soi­re­ment »… pen­dant 8 ans !

Par ailleurs, les porte-avions vont théo­ri­que­ment par deux afin que l’un sup­plée l’autre pen­dant les longues périodes de main­te­nance. Heureusement, le jumeau du Charles-de-Gaulle n’a jamais vu le jour. Mais les auto­ri­tés fran­çaises ont essayé de le construire en coopé­ra­tion avec les Britanniques, opé­ra­tions foi­reuses qui a juste ser­vi à gas­piller des cen­taines de mil­lions d’euros.

Des mil­lions d’euros, il va peut-être en fal­loir énor­mé­ment si la France dédom­mage un jour les innom­brables vic­times des essais nucléaires chers à Charles de Gaulle (le géné­ral, pas le bateau). On apprend d’ailleurs ces jours-ci que la radio­ac­ti­vi­té pro­duite par la fameuse explo­sion aérienne Gerboise bleue, du 13 février 1960, n’a pas seule­ment conta­mi­né l’Algérie, mais aus­si une par­tie de l’Europe (sans par­ler des par­ti­cules émises dans l’atmosphère et qui se sont dif­fu­sées tout autour de la planète).

Le jour­nal Le Monde se demande pour sa part pour­quoi la com­mis­sion de la défense de l’Assemblée natio­nale a déci­dé d’auditionner des aumô­niers reli­gieux sur la dis­sua­sion nucléaire. En réa­li­té, on se demande bien pour­quoi audi­tion­ner qui que ce soit puisque, de toute façon, ce sont les mêmes zozos (élus et mili­taires) qui déci­de­ront entre eux com­ment conti­nuer leurs acti­vi­tés criminelles…

On se déten­dra en lisant la nou­velle « Radioactivité sans gra­vi­té », écrite par un jeune écer­ve­lé abso­lu­ment inca­pable de com­prendre la gran­deur de l’arme ato­mique. Bravo à lui !

Fusion nucléaire : encore le coup de la pré­ten­due « avan­cée décisive »

USA : exploit inéga­lé, mais modeste, dans la course à la fusion nucléaire
AFP, 12 février 2014 : http://bit.ly/1cpnWRv
Les Américains fran­chissent une étape vers la fusion nucléaire
Le Figaro, 12 février 2014 : http://bit.ly/1ga6WTr

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La fusion nucléaire en échec

Imaginez une équipe de foot qui perd 10 à 1 mais qui déclare fiè­re­ment « Si on ne regarde que le moment où nous avons mar­qué, alors nous avons gagné ce match par 1 à 0 ». C’est à peu près le niveau de bêtise des ato­mistes spé­cia­li­sés dans la fusion nucléaire. Aux USA, avec une machine rui­neuse bap­ti­sée NIF, ils annoncent en effet avoir réus­si à pro­duire plus d’énergie qu’ils n’en ont consommé.

Mais voi­là : ça n’a duré qu’un ins­tant infime et, sur­tout, la tota­li­té de l’énergie per­due dans l’expérience n’a pas été prise en compte. En réa­li­té, contrai­re­ment à ce qui a donc été pré­ten­du par une habile (ie : men­son­gère) com­mu­ni­ca­tion, la pro­duc­tion a été très infé­rieure à la consom­ma­tion. De plus, per­sonne ne sait com­ment cap­ter la pauvre éner­gie ain­si produite.

Les mêmes bêtises pour­raient être de mise sous peu en France où un équi­valent du NIF, le Laser Mégajoule (cf http://laser.megajoule.free.fr ), est en construc­tion près de Bordeaux. Comme il se doit dès qu’il s’agit de nucléaire, le chan­tier a pris des années de retard et la fac­ture a été démul­ti­pliée mais, parait-il, les pre­miers tirs pour­raient avoir lieu fin 2014.

Censée simu­ler les essais nucléaires que les mili­taires regrettent de ne plus pou­voir faire en Algérie ou dans le Pacifique, cette ins­tal­la­tion est aus­si « valo­ri­sée » média­ti­que­ment par le mythe de la recherche d’une éner­gie « propre et illi­mi­tée » (air connu). Pendant ce temps, l’autre ins­tal­la­tion pha­rao­nique consa­crée à la fusion nucléaire, ITER (cf http://reacteur.iter.free.fr), est tou­jours en chan­tier à Cadarache (Bouches-du-Rhône) et se rap­proche très len­te­ment de son objec­tif, le même que ceux du NIF et du Mégajoule : échouer.

Pour mémoire, le 12 novembre 1991 et le 12 décembre 1993, Le Monde titrait res­pec­ti­ve­ment « Les Européens fran­chissent un pas déci­sif dans la fusion ther­mo­nu­cléaire » et « Les Américains effec­tuent une per­cée dans la fusion ther­mo­nu­cléaire ». Près de 25 ans plus tard, on en est tou­jours aux mêmes effets d’annonce bidons…

Mais, qu’il s’agisse de confi­ne­ment magné­tique (ITER) ou iner­tiel (NIF et LMJ), dans les deux cas les phy­si­ciens ont de quoi se dis­traire tout en dés­in­té­grant des mil­liards d’euros et de dol­lars pris sur les bud­gets publics. C’est déjà ça que les pauvres n’auront pas…

Un mini-Fukushima passe (presque) inaper­çu aux USA

Etats-Unis : 13 employés expo­sés à des radiations
AFP, 27 février 2014 : http://bit.ly/1eo485n
Serious « radia­tion inci­dent » at NM waste faci­li­ty has public concerned
Reddirtreport, 23 février 2014 : http://bit.ly/1haArVJ

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Le Nouveau-Mexique, le Texas, et l’Oklahoma sont les plus touchés

Un acci­dent nucléaire vient de conta­mi­ner en par­tie au moins trois états des USA : Nouveau-Mexique, Texas, Oklahoma. Généralement, même lorsque la situa­tion est grave, le lob­by ato­mique pré­tend qu’il n’y a aucun dan­ger pour l’environnement et pour les habi­tants or, cette fois, il concède la conta­mi­na­tion de 13 personnes.

Il est notable que le site en ques­tion, le Waste Isolation Pilot Plant, stocke des déchets radio­ac­tifs, le plus sou­vent le plu­to­nium, à plus de 650 mètres de pro­fon­deur. De quoi illus­trer la « sûre­té » pro­mise pour les pro­jets d’enfouissement des déchets radio­ac­tifs, comme le site Cigéo en pré­pa­ra­tion à Bure (Meuse).

Enfouissement des déchets radio­ac­tifs : la farce continue…

Le calen­drier du sto­ckage des déchets nucléaires à Bure remis en question
Le Monde, 12 février 2014 : http://bit.ly/N3u6R6
Le regard des citoyens
Est-Républicain, 9 février 2014 : http://bit.ly/1fsS9oq
Dossier trans­ports et déchets dans Golias Hebdo
Golias Hebdo, 27 février 2014 : http://bit.ly/1mF22ji
Les acti­vistes anti-techno de PMO nous expliquent leur stratégie
Slate.fr , 25 février 2014 : http://bit.ly/OFHXyb
Le débat public continue
Villesurterre, 13 février 2014 : http://bit.ly/1gOAGU1

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A Bure, jus­te­ment, rien ne va plus. Le joli scé­na­rio concoc­té par le lob­by nucléaire, pour ame­ner en dou­ceur la popu­la­tion à accep­ter d’avoir de véri­tables bombes radio­ac­tives sous les pieds, est en train de voler en éclat.

Pour autant, il convient de ne pas bais­ser la garde car l’enfouissement des déchets pré­sente de forts « avan­tages » pour ses promoteurs :
- pou­voir pré­tendre qu’il existe enfin une « solu­tion » à cette ques­tion… et que l’on peut donc conti­nuer à pro­duire des déchets radioactifs !
- offrir des mar­chés gigan­tesques à cer­tains indus­triels habi­tués à faire leur beurre grâce à l’argent public (nous n’osons évo­quer l’hypothèse de com­mis­sions et autres rétro-commissions, cela n’existe pas…)

On note­ra avec autant d’intérêt les efforts déployés par les uns pour démon­trer dans le cadre du Débat public l’absurdité de l’enfouissement, et par les autres (PMO en par­ti­cu­lier) pour expli­quer en quoi le Débat public lui-même fait par­tie du plan des enfouisseurs.

Fort de Vaujours : conta­mi­na­tions et men­songes révé­lés par la CRIIRAD !

Fort de Vaujours : Confirmation offi­cielle de la conta­mi­na­tion radioactive
Collectif Sauvons la Dhuis, 27 février 2014 : http://sauvons.dhuis.fr
Fort de Vaujours : la case­mate était bel et bien contaminée
Criirad, 27 février 2014 : http://bit.ly/1mQjZPt

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Les déchets nucléaires sont mul­tiples et ne se limitent abso­lu­ment pas à ceux qui sont pré­vus pour être enfouis dans la Meuse. Ainsi, le Commissariat à l’énergie ato­mique (CEA) a conta­mi­né d’innombrables sites en France et, chaque fois que pos­sible, s’est échap­pé en lais­sant le dan­ger der­rière lui. C’est par exemple le cas du Fort de Vaujours qui a été uti­li­sé de 1951 à 1997 par le CEA pour y déve­lop­per les déto­na­teurs des bombes ato­miques de l’armée Française.

Le site a ensuite été reven­du à la socié­té Placoplâtre (groupe Saint-Gobain) qui sou­haite y ouvrir une car­rière de gypse (pierre à plâtre) à ciel ouvert. Or, les tra­vaux gigan­tesques pré­vus ne man­que­raient pas de sou­le­ver d’immenses quan­ti­tés de pous­sières radio­ac­tives met­tant en dan­ger l’environnement et la san­té des riverains.

Le CEA et l’IRSN (Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire) pré­tendent qu’il n’y a plus de conta­mi­na­tions mais la mobi­li­sa­tion citoyenne a per­mis de contes­ter publi­que­ment ce men­songe. Mieux : l’excellente CRIIRAD ( http://www.criirad.org ) vient de mettre en échec une nou­velle trom­pe­rie orga­ni­sée par ces orga­nismes… dans le but de ne rien trouver.

On rap­pel­le­ra que, contrai­re­ment à l’ACRO qui s’est sou­mise, la CRIIRAD a résis­té il y a quelques années à la ten­ta­tive de mise sous tutelle orga­ni­sée par l’Autorité de sûre­té nucléaire, mal­gré la menace de retrait de l’agrément du labo­ra­toire indé­pen­dant. Résultat, la CRIIRAD est en capa­ci­té de faire la véri­té (en l’occurrence dans le Fort de Vaujours) quand les autres orga­nismes par­ti­cipent à une ten­ta­tive de trom­pe­rie. Nous en pro­fi­tons pour renou­ve­ler notre sou­tien à la CRIIRAD à laquelle vous pou­vez d’ailleurs adhérer.

Fukushima : le cau­che­mar mon­dial a déjà commencé…

Fukushima : vers une conta­mi­na­tion planétaire ?
France3, 26 février 2014 : http://bit.ly/1lmgBKv
Revoir le docu­men­taire de France3
Pluzz, 28 février 2014 : http://bit.ly/NC4Gd7
Ma visite à Fukushima, la dys­to­pie au bout des doigts
Blog de Corinne (du PG), 14 février 2014 : http://bit.ly/1geKqsA

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Au début, Fukushima était « seule­ment » une catas­trophe nucléaire. Au fur et à mesure, comme pré­vu, elle se trans­forme en cau­che­mar mon­dial. Certes, le Japon est prin­ci­pa­le­ment concer­né, mais les conta­mi­na­tions gagnent peu à peu les USA (par les cou­rants du Pacifique) et la chaîne ali­men­taire mondiale.

Comme pour Tchernobyl, les pro­nu­cléaires se laissent aller à un véri­table néga­tion­nisme, met­tant même en demeure les vic­times de prou­ver que leurs can­cers sont cau­sés par le nucléaire… étant enten­du que les tumeurs ne portent (hélas) pas la signa­ture de la cen­trale accidentée.
Mais le Japon n’est pas l’URSS des années 80 : mal­gré les manoeuvres du lob­by ato­mique, la véri­té sera tant bien que mal mise au jour…

Areva veut conti­nuer à conta­mi­ner le Niger… et l’Allier

Niger : Paris juge « légi­times » les demandes de Niamey à Areva
RFI, 7 février 2014 : http://rfi.my/Nr5PET
Question de Noël Mamère au ministre Canfin
Assemblée natio­nale, 5 février 2014 : http://bit.ly/Nzillb
Niger/uranium : Oxfam remet une péti­tion à l’Elysée et à Areva
AFP, 21 février 2014 : http://bit.ly/1mIL8nz
Un maire part en croi­sade contre le groupe Areva
Le Progrès, 10 février 2014 : http://bit.ly/1py357i

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Pascal Canfin est l’inutile ministre EELV du pré­ten­du « Développement ». Interpellé sur France-Inter à pro­pos du pillage du Niger par la France ato­mique, il a pris posi­tion pour Areva au détri­ment de l’Observatoire du nucléaire (cf http://bit.ly/1kD8GWq ).

Comme Pascal Canfin ne sert à rien, sa parole n’a aucune impor­tance : il a donc pu se per­mettre de sou­te­nir ver­ba­le­ment les reven­di­ca­tions des diri­geants du Niger face à Areva. Mais ce gen­til bla-bla n’a stric­te­ment rien chan­gé : avec le sou­tien évident de l’Elysée, Areva reste inflexible et décide de ne pas payer les taxes offi­ciel­le­ment votées par le Niger, sup­po­sé être indé­pen­dant depuis 1960.

A l’Assemblée natio­nale, c’est car­ré­ment le dépu­té éco­lo­giste Noël Mamère qui a ten­té de bous­cu­ler Canfin, évo­quant à juste titre « le com­por­te­ment colo­nial de la socié­té Areva au Niger », mais il n’en a tiré que quelques mièvres paroles de langue de bois.

Pendant ce temps, un maire fran­çais marche cou­ra­geu­se­ment vers Paris pour ten­ter d’alerter sur les pro­jets irres­pon­sables d’Areva dans l’Allier où, comme un peu par­tout en France, l’industriel du nucléaire a lais­sé des sites conta­mi­nés, en par­ti­cu­lier d’anciennes mines d’uranium.

Miracles judi­ciaires pour Areva et Lauvergeon, mais… pas pour l’Observatoire du nucléaire !

Dossier « Procès Areva »
http://www.observatoire-du-nucleaire.org
Aucun diri­geant d’Areva devant la jus­tice pour Uramin
Rappel Reuters 13 jan­vier 2013 : http://bit.ly/1kTexqy
Intelligence éco­no­mique : Lauvergeon retire ses plaintes
Ekonomiko, 20 février 2014 : http://bit.ly/1fWtfbQ
Anne Lauvergeon claque la porte de Libération
Le Figaro, 20 février 2014 : http://bit.ly/Neq5ZG
Areva lour­de­ment sanc­tion­né en Bourse après avoir creu­sé ses pertes en 2013
AFP, 27 février 2014 : http://bit.ly/1fu9IP7
Le réac­teur EPR de Finlande est en cours d’abandon par Areva
Observatoire du nucléaire, 28 février 2014 : http://www.observatoire-du-nucleaire.org

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Rien ne va plus pour Areva… sauf en « Justice ». La fameuse affaire de cor­rup­tion autour de l’entreprise Uramin (rap­pel : http://bit.ly/1f2hpvX ), affaire au cours de laquelle des sommes insen­sées se sont « éva­nouies », est en train de se refer­mer : Areva et son ancienne patronne Lauvergeon, qui pro­met­taient de s’écharper devant les tri­bu­naux, ont subi­te­ment reti­ré leurs plaintes.

Comme par hasard, « Atomic Anne » cesse au même moment de sur­veiller le jour­nal Libération, il est vrai en dan­ger de dis­pa­ri­tion. C’est à se deman­der si cette sur­veillance n’avait pas pour but de s’assurer que l’affaire Uramin ne soit pas l’objet d’une enquête… qui n’a effec­ti­ve­ment pas été faite !

La situa­tion n’est guère plus brillante pour Areva qui dévisse en bourse et qui, selon le scoop de l’Observatoire du nucléaire, déserte le navire fan­tôme de l’EPR fin­lan­dais. Peut-être en pers­pec­tive un nou­veau pro­cès en « dif­fa­ma­tion » : Areva aurait tort de se gêner puisque, en pre­mière ins­tance, le Tribunal de Paris a jugé utile de don­ner rai­son à l’entreprise qui pille le Niger, au détri­ment de la petite asso­cia­tion qui a révé­lé le scan­dale du fameux « don d’Areva ».

Le péril pour la sur­vie de l’Observatoire du nucléaire est repous­sé de quelques mois puisqu’il y aura un « match retour » devant la Cour d’appel. Cependant, en attendant…