Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse - décembre 2013

1 décembre 2013 · julienschwartz

Uranium / Niger / Procès Areva : ver­dict le 7 février

Reportage de France TV (Avancer le cur­seur à 3min40)
France TV, 21 décembre 2013 : http://bit.ly/1cHR8BQ
Le Niger des­ti­nait bien le « don » d’Areva à l’achat d’un nou­vel avion présidentiel
Enquête des Inrocks, 21 décembre 2013 : http://bit.ly/1hi4Zqd
Areva a-t-elle offert un avion au pré­sident du Niger ? L’Observatoire du nucléaire publie de forts indices
Enquête de Reporterre, 19 décembre 2013 : http://bit.ly/18Z5ZdS
Les 17 mil­liards de CFA d’Areva au Niger ont bien payé l’avion présidentiel
Politis, 17 décembre 2013 : http://bit.ly/JDkYki
Areva au Niger : une ONG pour­sui­vie pour dif­fa­ma­tion réitère ses accu­sa­tions de corruption
AFP, 18 décembre 2013 : http://bit.ly/1bRV0Qe
Accusations de cor­rup­tion : Areva et un mili­tant anti­nu­cléaire face à face au tribunal
AFP, 20 décembre 2013 : http://bit.ly/1cnLkQZ
Vidéo de la jour­née du pro­cès (par Michel Guéritte)
Dailymotion, 20 décembre 2013 : http://bit.ly/1hWPtxI
Le bruit du silence (par Patrick Samba)
Agoravox, 19 décembre 2013 : http://bit.ly/IXyBuy
Niger : Areva entre pro­cès et négociations
FinancialAfrik, 24 décembre 2013 : http://bit.ly/1gqtzT1

Voilà un pro­cès dont la date, le 20 décembre, ne pou­vait pas mieux tom­ber alors que les négo­cia­tions sur le prix de l’uranium entre Areva et le Niger devaient être bou­clées pour le 31 décembre. De quoi sacré­ment inté­res­ser les médias fran­çais. Voyez donc : un sul­fu­reux « don » d’Areva au bud­get du Niger, l’achat pro­gram­mé avec cette somme d’un nou­vel avion pour le Président du Niger (lui-même ancien cadre d’Areva), des accu­sa­tions croi­sées (cor­rup­tion contre dif­fa­ma­tion), etc.

Eh bien non, pas de « chance ». Pourtant, l’AFP a fait le job avec deux dépêches, les 18 et 20 décembre. Et des médias comme Les Inrockuptibles, Politis et Reporterre ont enquê­té. Il faut aus­si dire que l’Observatoire du nucléaire a révé­lé des docu­ments écrits et audios acca­blants pour Areva.

Mais pour­tant, la grande majo­ri­té des médias, dont il faut rap­pe­ler qu’ils sont sous per­fu­sion des publi­ci­tés d’Areva et EDF, a pré­fé­ré regar­der ailleurs, déclen­chant la colère du blo­gueur Patrick Samba. Quant au ser­vice public, il a effec­ti­ve­ment cou­vert le pro­cès, mais pas pour la métro­pole : seule l’émission Info-Afrique (France Ô) est venue faire un repor­tage, excellent au demeurant.

Précisons cepen­dant que nous ne tom­bons pas des nues : la puis­sance du lob­by nucléaire en France n’est pas un mythe. Mais, en cas de condam­na­tion, nous pour­rons tou­jours faire appel, obte­nir un nou­veau pro­cès, et conti­nuer à aler­ter l’opinion sur les méthodes nau­séa­bondes de l’industrie de l’atome…

Prix de l’uranium : Areva veut conti­nuer à piller le Niger

Uranium : les dis­cus­sions entre Areva et le Niger se poursuivent
AFP, 30 décembre 2013 : http://bit.ly/JLhaNr
Areva dément envi­sa­ger son retrait du Niger
AFP, 9 décembre 2013 : http://bit.ly/KkyQkc
L’uranium du Niger : 20 mil­liards de dol­lars per­dus en 50 ans
Rappel Les Afriques, sep­tembre 2010 : http://bit.ly/1cnJqA1
Baisse conti­nue du prix de l’uranium depuis Fukushima
Seekingalpha.com, 16 décembre 2013 : http://bit.ly/18XJZC8

Pendant que se tenait le pro­cès Areva/Observatoire du nucléaire, les dis­cus­sions se pour­sui­vaient entre la mul­ti­na­tio­nale radio­ac­tive et l’Etat du Niger sur le prix de vente de l’uranium. Depuis 50 ans, la France pille en effet lit­té­ra­le­ment ce pays pour ali­men­ter à pas cher ses cen­trales nucléaires. Les diri­geants du Niger tentent d’obtenir un meilleur prix mais, comme nous l’avons mon­tré, le Président lui-même est « dans la main » d’Areva, son ancien employeur (cf http://bit.ly/1bmR5yV ).

Cela dit, une fois n’est pas cou­tume, nous devons dire qu’Areva ne fait pas que men­tir dans cette affaire : l’industrie nucléaire est en déclin bru­tal (amor­cé avant même Fukushima), le prix de l’uranium s’effondre logi­que­ment, ren­dant défi­ci­taires la plu­part des mines. Ce n’est donc pas demain la veille qu’Areva ouvri­ra la mine d’Imouraren, cen­sée être une des plus grandes du monde. Or, l’ouverture de cette mine est la prin­ci­pale pro­messe élec­to­rale du Président nigé­rien Issoufou. Mais, s’il n’est pas réélu, il pour­ra tou­jours retour­ner tra­vailler chez Areva…

Fukushima : pas de miracle, c’est de pire en pire

Fukushima - Au Japon, l’eau char­rie la radioactivité
Terraeco, 2 décembre 2013 : http://bit.ly/1l7qOJk
Fukushima : des fuites d’eau près des réser­voirs de liquides contaminés
20minutes.fr, 24 décembre 2013 : http://bit.ly/1eVqFby
Fukushima : 51 marins amé­ri­cains portent plainte contre Tepco
FranceTV, 24 décembre 2013 : http://bit.ly/1eXlhVs
Des SDF pour décon­ta­mi­ner Fukushima
Reportage FranceTV, 31 décembre 2013 : http://bit.ly/19D88Jn

Les lec­teurs fidèles des paru­tions de l’Observatoire du nucléaire ne seront pas sur­pris de lire que la situa­tion ne fait que s’aggraver à Fukushima : comme autour de Tchernobyl, cela va d’ailleurs être le cas pen­dant des décen­nies. Grâce à Terraeco, on apprend que la radio­ac­ti­vi­té est peu à peu dis­sé­mi­née au Japon, bien au-delà des zones proches de la cen­trale en per­di­tion : « Emportés par les typhons et la fonte des neige, les radio­nu­cléides s’accumulent dan­ge­reu­se­ment au bord des rivières japonaises ».

Nous avons par ailleurs déjà évo­qué ces mil­liers de réser­voirs édi­fiés à la va-vite autour de la cen­trale pour sto­cker les mil­liards de litres d’eau conta­mi­nés par les opé­ra­tions de refroi­dis­se­ment des cœurs en fusion, opé­ra­tions qui vont encore durer des années. Non seule­ment la quan­ti­té d’eau radio­ac­tive aug­mente de fait conti­nuel­le­ment, mais l’état des réser­voirs se dégrade rapi­de­ment et laisse pré­sa­ger des fuites, brèches, effon­dre­ments qui vont cau­ser de nou­velles conta­mi­na­tions gravissimes.

Pendant ce temps, les opé­ra­tions conti­nuent à la pis­cine du réac­teur 4, fra­gi­li­sée par le séisme et le tsu­na­mi de mars 2011 : il fau­dra plus d’un an pour reti­rer une à une les 1535 barres de com­bus­tible qui y sont sto­ckées, en espé­rant que le tout ne s’effondre pas entre temps, ce qui cau­se­rait une catas­trophe pro­ba­ble­ment pire que celle déjà en cours.

Pendant ce temps, des mili­taires amé­ri­cains, venus prê­ter main forte aux Japonais après le tsu­na­mi, portent plainte pour avoir été gra­ve­ment conta­mi­nés par la radio­ac­ti­vi­té venue de Fukushima. Dans un pre­mier temps, l’armée amé­ri­caine a ten­té de nier les faits… parce que l’armée (des USA ou de n’importe quel autre pays), comme l’industrie nucléaire, com­mence tou­jours par nier et men­tir. Mais, pour une fois, il se pour­rait que l’affaire ne soit pas étouffée.

Enfin, même si cette écœu­rante réa­li­té a déjà été évo­quée au fil des mois (cf par exemple http://bit.ly/1e0grS5 ), il est bon que les médias parlent à nou­veau de la façon dont sont « recru­tés » les tra­vailleurs de Fukushima : on trouve ain­si des SDF, des malades men­taux, des pri­son­niers, etc, sou­vent four­nis à Tepco par la mafia. Un petit aper­çu de ce qui pour­rait hélas se pro­duire sous peu en France…

Changement cli­ma­tique : le CO2 négligeable ?

Détection d’un nou­veau gaz à effet de serre hau­te­ment résistant
Le Monde avec AFP, 10 décembre 2013 : http://bit.ly/1glplyy
Ce que vous devez savoir sur le « nou­veau » gaz à effet de serre
Terraeco, 11 décembre 2011 : http://bit.ly/19HZCsC
Le porte-parole d’Areva nom­mé à la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion de Total
Rappel - Tradingsat, 13 sep­tembre 2011 : http://bit.ly/18XPQaG

Rappelons d’abord que, quand bien même le CO2 serait réel­le­ment LE gaz à effet de serre le plus impli­qué dans le chan­ge­ment cli­ma­tique, cela ne jus­ti­fie­rait en rien le recours à l’option nucléaire, qui est à la fois stu­pide et inefficace.

Stupide car il faut être sacré­ment déran­gé pour vou­loir soi­gner la peste avec le cho­lé­ra. Inefficace car le nucléaire couvre roya­le­ment 2% de la consom­ma­tion mon­diale d’énergie, une part infime et en déclin irré­ver­sible : la pro­duc­tion de CO2 évi­tée « grâce à l’atome » est donc infime.

Mais le pire est que la contri­bu­tion du CO2 au chan­ge­ment cli­ma­tique pour­rait bien être elle-même très faible, ce qui ren­drait encore plus stu­pide le recours au nucléaire face à ce pré­ten­du « dan­ger ». On sait déjà que le rôle du méthane est gra­ve­ment négli­gé (cf par exemple http://bit.ly/1dTV19b et http://bit.ly/1g0W60u ). Et voi­là que, grâce à des cher­cheurs cana­diens, on découvre l’existence d’un gaz à effet de serre (le per­fluo­ro­tri­bu­ty­la­mine – ou PFTBA) dont la contri­bu­tion au chan­ge­ment cli­ma­tique rend peut-être négli­geable celle du CO2.

Personne – et en par­ti­cu­lier pas les « experts » du fameux GIEC, qui alertent depuis des années sur la néces­si­té de com­battre prin­ci­pa­le­ment le CO2, ce qui fait le régal du lob­by ato­mique - n’avait jugé bon de s’occuper de ce gaz-là. De toute façon, les ato­mistes n’ont que faire de la pla­nète et des émis­sions de CO2 qui ne sont pour eux qu’un prétexte.

C’est ce qu’a par­fai­te­ment démon­tré le dénom­mé Jacques-Emmanuel Saulnier : gras­se­ment rému­né­ré comme porte-parole d’Areva pen­dant 10 ans, il n’a ces­sé de pour­fendre les « éner­gies car­bo­nées »… avant de pas­ser chez Total, un des plus gros pro­duc­teurs mon­diaux de CO2 ! L’argent n’a pas d’odeur : une fois de plus, on peut par­ler de cor­rup­tion, au moins morale si elle n’est juridique…

EPR : le chan­tier EDF digne du Moyen Âge, Areva déserte le sien…

EPR-Flamanville : EDF se voit ordon­ner d’arrêter le chantier
Mediapart.fr, 16 décembre 2013 : http://bit.ly/19tm7Vn
EDF doit mettre en confor­mi­té ses appa­reils de manu­ten­tion lourds des cen­trales nucléaires
ASN, 17 décembre 2013 : http://bit.ly/1dkcSpx
Nucléaire : EDF était aler­té du risque maté­riel depuis le début 2013
Mediapart.fr, 18 décembre 2013 : http://bit.ly/1cXKhdw
EPR fin­lan­dais : TVO s’inquiète de la réduc­tion des effec­tifs d’Areva
AFP, 10 décembre 2013 : http://bit.ly/1co2Ot6

Pascale Pascariello est une excel­lente jour­na­liste qui n’hésite pas… à faire son métier. Fin sep­tembre, France-inter dif­fu­sait son remar­quable repor­tage (cf http://bit.ly/1f0ELsh ) sur les condi­tions de tra­vail moyen­âgeuses sur le chan­tier de l’EPR de Flamanville. La socié­té EDF pro­tes­tait vive­ment… oubliant qu’elle devait com­pa­raître en novembre (pro­cès fina­le­ment repous­sé au 31 jan­vier 2014) pour la mort d’un tra­vailleur sur le chan­tier de l’EPR.

Du coup, le 16 décembre, la jour­na­liste opi­niâtre en remet une couche, sur Médiapart cette fois : sur le chan­tier EPR, mais aus­si dans d’autres cen­trales, EDF se per­met de bafouer les mesures de sûre­té les plus élé­men­taires, en par­ti­cu­lier pour dépla­cer les élé­ments les plus lourds (et donc sou­vent les plus dan­ge­reux). Dès le len­de­main – l’aurait-elle fait sans le scoop jour­na­lis­tique ? - l’Autorité de sûre­té (ASN) exi­geait d’EDF la mise en confor­mi­té de ses « appa­reils de manu­ten­tion lourds » . L’ASN a même dû deman­der au minis­tère du tra­vail qu’il contraigne EDF à ces­ser de mettre déli­bé­ré­ment en dan­ger de mort les sala­riés du nucléaire.

Pour mémoire, l’EPR de Flamanville devait entrer en ser­vice en 2012 or, de retards en mal­fa­çons, il est désor­mais ques­tion de 2016, voire 2017, voire… Quant au coût du réac­teur, il est pas­sé de 2,8 mil­liards à près de 9 mil­liards, en atten­dant pire… EDF est cepen­dant à l’abri des moque­ries de son « amie » Areva car cette der­nière, sur son propre chan­tier EPR, en Finlande, cumule aus­si les graves fautes, retards et sur­coûts. Le réac­teur devait entrer en ser­vice en 2009 (!), or, alors qu’il est loin d’être fini, on apprend qu’Areva réduit mas­si­ve­ment le nombre de ses employés sur place !

Le « géant du nucléaire » se prépare-t-il à déser­ter la Finlande en aban­don­nant son pauvre EPR non ache­vé ? En tout cas, le pré­texte avan­cé pour cette réduc­tion d’effectifs fait sou­rire : il s’agit de « concen­trer les efforts sur des tâches urgentes dans la concep­tion, qui sont les plus cri­tiques pour le pro­jet ». Après 8 ans de chan­tier, il est effec­ti­ve­ment grand temps de pen­ser à la concep­tion ! Et dire que l’on trouve encore régu­liè­re­ment des articles ou repor­tages absurdes sur le thème de « la maes­tria fran­çaise dans l’atome » ou de « ce nucléaire que le monde entier nous envie »…

EPR : bra­dé en Chine, vir­tuel en Grande-Bretagne

Jean-Marc Ayrault visite l’exemplaire EPR chinois
L’Usine nou­velle, 6 décembre 2013 : http://bit.ly/1g3ijLk
Aides d’État : Bruxelles ouvre une enquête sur le pro­jet d’EPR au Royaume-Uni
AFP, 18 décembre 2013 : http://bit.ly/1d28nnk
Areva veut inno­ver pour finan­cer les EPR britanniques
Les Echos, 16 décembre 2013 : http://bit.ly/Kn9lie

En pro­me­nade en Chine, le Premier ministre fran­çais n’a pas man­qué de visi­ter le chan­tier des deux EPR ven­dus par Areva en 2009. La majo­ri­té des médias fran­çais a donc célé­bré ce chan­tier, car­ré­ment qua­li­fié d’ « exem­plaire » par l’Usine nou­velle. Il est vrai que les Chinois ont pris bien moins de retard qu’Areva (en Finlande) et EDF (à Flamanville).

Mais, mal­gré les alertes de l’Observatoire du nucléaire (par exemple sur Twitter : http://bit.ly/1gwC52N ), per­sonne n’a évo­qué le fait que ces deux EPR ont été lit­té­ra­le­ment bra­dés ! Voyez un peu : 3,85 mil­liards pour deux EPR alors qu’un seul coûte 9 mil­liards ! Les Chinois auraient eu tort de se gêner, d’autant qu’Areva four­ni­ra le com­bus­tible pen­dant 20 ans (pour 5 petits mil­liards). Nous y revien­drons sous peu…

Quant aux EPR « bri­tan­niques » (en réa­li­té com­man­dés par EDF qui avait aupa­ra­vant rache­té au prix fort British Energy), ils sont plus vir­tuels que jamais. En octobre der­nier, alors que la presse fran­çaise presque una­nime célé­brait ce pré­ten­du « suc­cès majeur », l’Observatoire du nucléaire conti­nuait inlas­sa­ble­ment à rap­pe­ler, comme il le fait depuis plus de deux ans, que l’accord EDF/Londres ne pas­se­rait pro­ba­ble­ment pas le filtre de Bruxelles.

Pour une fois, la fameuse « concur­rence libre et non faus­sée » pour­rait avoir une consé­quence posi­tive et empê­cher Cameron de sub­ven­tion­ner mas­si­ve­ment, avec l’argent des Britanniques, le pro­jet ultra-déficitaire d’EDF. En cette mi-décembre, la nou­velle atten­due est tom­bée, trai­tée de façon plus que dis­crète par la presse fran­çaise : Bruxelles lance une enquête appro­fon­die sur ce curieux accord que l’on peut taxer de dumping.

Pendant ce temps, le sujet fait la Une en Grande-Bretagne, non seule­ment du fait de l’enquête de la Commission, mais aus­si à cause de la par­ti­ci­pa­tion chi­noise au pro­jet : beau­coup de bri­tan­niques ne sont pas très chauds pour lais­ser entrer le loup dans la ber­ge­rie. Par ailleurs, on apprend qu’Areva vou­drait finan­cer sa par­ti­ci­pa­tion au pro­jet en pui­sant… dans les actifs pro­vi­sion­nés pour le déman­tè­le­ment de ses ins­tal­la­tions. On rira bien du titre des Echos qui, sans rire, parle d’un finan­ce­ment « inno­vant »… alors qu’il s’agit d’une nou­velle félo­nie de la part des diri­geants d’Areva.

Mais il existe encore quelques garde-fous chez nous et cet ignoble tour de passe-passe semble impos­sible juri­di­que­ment… sauf à rece­voir une déro­ga­tion de la part du gou­ver­ne­ment PS-EELV lequel, il est vrai, ne manque jamais d’aider le lob­by nucléaire avec la cau­tion des ministres « éco­lo­gistes ». En tout cas, les deux EPR bri­tan­niques semblent de plus en plus vir­tuels, ce qui per­met d’apprécier l’ironie invo­lon­taire du quo­ti­dien Le Monde qui, le 17 octobre, titrait « Nucléaire : EDF va expor­ter Flamanville au Royaume-Uni ». Or Flamanville est un flop gigantesque…

Enfouissement des déchets radio­ac­tifs : cri­mi­nel et (très) cher

Un gouffre finan­cier pour cacher nos déchets nucléaires
Le Canard enchaî­né, 31 décembre 2013 : http://bit.ly/1hfTdfW
SNC LAVALIN, spé­cia­liste de la cor­rup­tion et des pots de vin
Villesurterre, 26 décembre 2013 : http://bit.ly/1a7y57I

Après avoir long­temps jeté dans les océans des quan­ti­tés inouïes de déchets radio­ac­tifs (cf http://bit.ly/1dx2Xzf ), l’industrie nucléaire a fini par trou­ver insa­tis­fai­sante cette pré­ten­due « solu­tion ». Non pas à cause des conta­mi­na­tions, dont elle n’a que faire, mais pour une ques­tion d’image et de busi­ness. Les pho­tos et vidéos de nucléa­ristes balan­çant des fûts de déchets par-dessus bord n’étaient effec­ti­ve­ment pas très valo­ri­santes. De plus, et même sur­tout, cela ne rap­por­tait pas d’argent. Aussi a-t-il été déci­dé de pro­cé­der à l’enfouissement souterrain.

Cette option, au moins aus­si cri­mi­nelle que la pré­cé­dente, a cepen­dant pour avan­tage de pou­voir être pré­sen­tée comme une opé­ra­tion de haute tech­no­lo­gie, mais aus­si… de coû­ter ter­ri­ble­ment cher. Car c’est bien sûr l’industrie nucléaire et ses alliés (Bouygues, Vinci et cie) qui vont empo­cher le pac­tole. Pour ce qui est de payer, les citoyens ordi­naires sont là ! Il n’est donc pas sur­pre­nant que l’on apprenne que le coût du site d’enfouissement pro­je­té à Bure (Meuse), le fameux pro­jet Cigéo, va coû­ter encore bien plus cher qu’initialement prévu.

Notons d’ailleurs que c’est tou­jours le cas dès qu’il s’agit de nucléaire : les fac­tures finales sont tou­jours 3 ou 4 ou 10 fois celles annon­cées au départ, comme on peut le voir par exemple sur les chan­tiers de l’EPR, d’Iter, du Mégajoule. Enfin, grâce à Ville-sur-Terre et son cou­ra­geux ani­ma­teur Michel Guéritte, on en apprend de belles sur la socié­té SNC LAVALIN qui a décro­ché le mar­ché de l’ingénierie de Cigéo : un cham­pion de la cor­rup­tion et des pots-de-vin, de quoi rendre jaloux les gens d’Areva !

Le lob­by nucléaire fran­çais aus­cul­té par la Radio Télévision… Suisse

Dossier Radio RTS (Suisse) : http://bit.ly/JXMCbi
Rappel France 3 (à 23h !) : http://bit.ly/1aqItns

En octobre der­nier, France 3 a dif­fu­sé le remar­quable docu­men­taire « Nucléaire, excep­tion fran­çaise » (de Frédéric Biamonti), mais hélas à 23 heures. Vous pou­vez tou­te­fois le retrou­ver sur Youtube ( http://bit.ly/1aqItns ). La Radio Télévision Suisse a elle aus­si dif­fu­sé ce docu­men­taire TV, le 15 décembre, et un peu plus tôt (22h30). Et la branche radio de la RTS a accom­pa­gné l’événement par la dif­fu­sion de 5 grandes émis­sions d’une heure cha­cune, la der­nière pré­ci­sé­ment avec Frédéric Biamonti. Édifiant.

Un anti-missiles nucléaires au tri­bu­nal le 14 jan­vier à Mont-de-Marsan

Procès de Jean-Charles (anti-missile M51, refus d’ADN)
Infos du Comité de sou­tien, 30 décembre 2013 : http://bit.ly/1g0sd0p
Le fac­teur libertaire
Sud-Ouest, 16 novembre 2013 : http://bit.ly/1bzaWqJ
Fichage ADN : tout ce que la police peut savoir sur vous
Bastamag, 15 novembre 2013 : http://bit.ly/1dnzdEG

Notre ami Jean-Charles est un cou­ra­geux acti­viste oppo­sé, entre autres com­bats fort légi­times, aux tirs de mis­siles nucléaires. Il est pour­sui­vi en jus­tice de façon récur­rente pour avoir refu­sé de don­ner son ADN à la suite de pro­tes­ta­tions pour­tant par­fai­te­ment pacifiques.

On peut déjà s’interroger sur la cap­ta­tion de l’ADN de divers délin­quants, alors il est évident que ce pro­cé­dé est injus­ti­fiable pour un citoyen… qu’il fau­drait plu­tôt féli­ci­ter pour son engagement.

Jean-Charles com­pa­raî­tra à nou­veau le 14 jan­vier à 16h au TGI de Mont-de-Marsan. Un ras­sem­ble­ment de sou­tien a lieu à par­tir de 14h devant le tri­bu­nal : si vous n’êtes pas trop loin et si vous pou­vez vous libé­rer, n’hésitez pas à venir le soutenir.

Pour mémoire, Jean-Charles s’est inté­res­sé d’un peu « trop près » au mis­sile M51, dont les pre­miers essais ont eu lieu près de chez lui, au Centre d’essai des Landes. Notons que le pré­cé­dent tir de ce pré­ten­du « bijou » a don­né lieu à un superbe (et fort coû­teux) feu d’artifice, raillé comme il se doit par l’Observatoire du nucléaire ( http://bit.ly/1clsslU ).