Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Voiture électrique : une nouvelle victoire de l’Observatoire du nucléaire qui obtient enfin la reddition du pollueur et menteur Bolloré !

8 novembre 2013 · julienschwartz

Après trois mois et demi d’enfermement dans le déni et le men­songe, la socié­té Bolloré vient enfin de reti­rer, ce ven­dre­di 8 novembre 2013, la men­tion « propre » du site web publi­ci­taire qu’elle consacre à sa voi­ture élec­trique Bluecar, uti­li­sée d’ailleurs par Autolib (Paris), BlueLy (Lyon) ou BlueCub (Bordeaux).
Cf. http://www.bluecar.fr/fr/pages-pres…
Comparer avec : http://blue.car.bollore.free.fr

Pour mémoire, le 17 juin 2013, l’Observatoire du nucléaire a sai­si le Jury de déon­to­lo­gie publi­ci­taire concer­nant les allé­ga­tions publi­ci­taires des prin­ci­paux construc­teurs de voi­tures élec­triques, les­quelles étaient abu­si­ve­ment pré­sen­tées comme « propres », « vertes » ou « éco­lo­giques ». Tout comme Renault, Citroën, Opel ou Nissan, la socié­té Bolloré a été ame­née à s’engager à modi­fier ses publi­ci­tés et, en l’occurrence, à reti­rer la men­tion « propre ».

C’est en effet par écrit, daté du 24 juillet 2013, que la socié­té Bolloré s’est enga­gée par ces termes : « Afin de ne pas créer de confu­sion dans l’esprit du consom­ma­teur, nous consen­tons à reti­rer le mot « propre » de notre publicité. »

Or, plu­sieurs mois après cet enga­ge­ment écrit, et contrai­re­ment aux autres construc­teurs qui ont immé­dia­te­ment rec­ti­fié leurs publi­ci­tés, la socié­té Bolloré n’a pas tenu parole, pous­sant l’Observatoire du nucléaire à sai­sir à nou­veau le Jury de déon­to­lo­gie publi­ci­taire mais aus­si à mettre en ligne début novembre une page web dénon­çant ce scandale

C’est assu­ré­ment suite à cette nou­velle offen­sive que, le ven­dre­di 8 novembre 2013, la socié­té Bolloré a enfin reti­ré de son site web la men­tion « propre » qui dési­gnait abu­si­ve­ment la Bluecar.

Il est inté­res­sant de noter que Bolloré a effec­tué cette rec­ti­fi­ca­tion sans en infor­mer l’Observatoire du nucléaire : des per­sonnes sus­pi­cieuses pour­raient en déduire que l’objectif de cette manoeuvre dis­crète pour­rait être d’attaquer ensuite l’Observatoire du nucléaire pour « dif­fa­ma­tion », ses accu­sa­tions n’étant plus d’actualité. Il faut en effet savoir que Bolloré est cou­tu­mier des pro­cé­dures visant à faire taire les cri­tiques émises à son encontre (cf http://www.bastamag.net/article3402.html )

Toutefois, tout en pre­nant acte de la red­di­tion jus­ti­fiée de Bolloré, l’Observatoire du nucléaire note que les publi­ci­tés concer­nant la Bluecar com­portent tou­jours des allé­ga­tions « éco­lo­giques » par­fai­te­ment injus­ti­fiées : ain­si, il est pré­ten­du que la Bluecar « ne consomme aucun com­bus­tible fos­sile, ne pro­voque aucune pol­lu­tion directe et contri­bue ain­si à pré­ser­ver notre envi­ron­ne­ment. » Or :

Qui plus est, lorsque la Bluecar est en posi­tion de rechar­ge­ment de ses bat­te­ries, elle uti­lise de l’électricité qui, au même moment, est pro­duite par des ins­tal­la­tions ter­ri­ble­ment pol­luantes (en par­ti­cu­lier les cen­trales nucléaires, dont pro­vient 80% de l’électricité uti­li­sée en France). La pol­lu­tion est alors encore plus « directe »…

En consé­quence, tout en notant que Bolloré a enfin ces­sé de pré­tendre que la Bluecar était « propre », l’Observatoire du nucléaire conti­nue son offen­sive et, par exemple, va à nou­veau sai­sir le Jury de déon­to­lo­gie publi­ci­taire par rap­port aux autres allé­ga­tions injus­ti­fiées décrites ci-dessus.