Observatoire du nucléaire

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Accord nucléaire Londres-EDF : les plus gros mensonges

21 octobre 2013 · ana duarte

Les diri­geants d’EDF, accom­pa­gnés par la plu­part des médias fran­çais, mentent effron­té­ment concer­nant l’accord nucléaire Londres/EDF. Voici les prin­ci­pales rec­ti­fi­ca­tions à connaître.

FAUX.
Non seule­ment il reste encore quelques élé­ments à fina­li­ser dans cet accord mul­ti­par­tites (Londres, EDF, le chi­nois CGNPC, peut-être Areva) mais, SURTOUT, cet accord va ensuite être étu­dié en détail - pen­dant envi­ron une année - par la Commission euro­péenne. Or, il y a de bonnes chances que cette der­nière annule tout car l’accord en ques­tion revient à sub­ven­tion­ner mas­si­ve­ment, avec l’argent public et/ou les fac­tures des citoyens, une acti­vi­té lour­de­ment déficitaire.

PEUT-ETRE.
Mais le pro­jet sera pra­ti­que­ment anéan­ti si la Commission euro­péenne annule l’accord Londres/EDF. Même les riches Chinois hési­te­ront à reprendre le pro­jet sans de puis­santes sub­ven­tions publiques.

FAUX.
En réa­li­té, comme per­sonne ne veut d’EPR, EDF a car­ré­ment rache­té au prix fort (15 mil­liards) British ener­gy, renom­mé EDF ener­gy, pour que celui-ci com­mande des EPR. Ce sont donc fina­le­ment les Français qui vendent des EPR à des Français, grâce à l’argent d’EDF. La ficelle est gros­sière. et ruineuse.

FAUX.
Au contraire, la pro­duc­tion d’électricité avec de nou­veaux réac­teurs nucléaires est une acti­vi­té tel­le­ment défi­ci­taire que EDF a exclu de se lan­cer sans de puis­santes sub­ven­tions publiques et, sur­tout, sans un prix d’achat garan­ti par Londres qui devra cou­vrir les pertes du pro­jet pen­dant… 35 ans !

FAUX.
Les rares pré­cé­dentes ventes d’EPR ont été de graves flops finan­ciers pour la France car, pour convaincre des ache­teurs de se lan­cer, les EPR ont été bra­dés à 3 mil­liards (EPR ven­du à la Finlande), 3,5 mil­liards (EPR ven­du.. à la France), et 3,6 mil­liards les deux (EPR bra­dés à la Chine). Or les chan­tiers de Finlande et de Flamanville montrent que le coût réel d’un EPR est envi­ron de 10 milliards.
Cette fois, l’EPR semble être ven­du à un prix beau­coup plus proche du coût réel : 9,5 mil­liards par réac­teur. Mais c’est EDF (plus pré­ci­sé­ment sa filiale EDF ener­gy) qui les achète, les Français sont donc les pre­miers à payer le vrai coût - rui­neux - des EPR ! Cf http://reacteur.epr.free.fr

FAUX.
Quand bien même les deux réac­teurs annon­cés ver­raient le jour, pro­ba­ble­ment dans plus de 10 ans, la réa­li­té est que de nom­breux réac­teurs bri­tan­niques, très âgés, vont fer­mer entre temps. C’est en par­ti­cu­lier le cas de ceux rache­tés en 2008 par EDF lors de son acqui­si­tion de British ener­gy : pour construire peut-être de nou­veaux réac­teurs, EDF est d’abord deve­nu pro­prié­taire d’antiquités.
Londres pré­tend faire pas­ser de 18% à 40% la part du nucléaire dans la pro­duc­tion natio­nale d’électricité, or il est bien plus pro­bable de voir cette part pas­ser en des­sous des 10%…

FAUX.
La part du nucléaire dans l’électricité mon­diale est pas­sée de 17% en 2001 à 9,5% aujourd’hui. Il y a bien quelques dizaines de réac­teurs en chan­tier (prin­ci­pa­le­ment en Chine), lan­cés avant Fukushima, mais ils seront très loin de com­pen­ser les cen­taines de réac­teurs qui vont fer­mer dans les 20 ans : la majo­ri­té des 380 réac­teurs encore en ser­vice sur Terre sont très anciens et ont com­men­cé à fer­mer. Sans par­ler de ceux qui pour­raient bien cau­ser entre temps de nou­velles catastrophes.
Cf.Comment le lob­by ato­mique mon­dial tente de cacher l’effondrement de la part du nucléaire