Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse - octobre 2013

1 octobre 2013 · julienschwartz

Rappel : pro­cès d’Areva contre l’Observatoire du nucléaire

Vendredi 20 décembre à 13h30 au Tribunal de grande ins­tance de Paris
Rassemblement de sou­tien à 12h30 devant le tri­bu­nal (4 rue du Palais, métro Cité)
ani­mé par la Compagnie Jolie Môme ( http://www.cie-joliemome.org )
Informations : http://observ.nucleaire.free.fr/accueil-proces-areva.htm

Octobre 2013

Uranium : Areva, otages, petites magouilles et grandes manoeuvres…

Libération des otages : Areva et Vinci ont payé les rançons
Innombrables articles : http://bit.ly/1eapwve
Niger : des mil­liers de mani­fes­tants anti-Areva dans le Nord
AFP, 12 octobre 2013 : http://bit.ly/HBCPrp
Areva signe un par­te­na­riat stra­té­gique pour exploi­ter de l’uranium en Mongolie
Le Monde, 27 octobre 2013 : http://bit.ly/H9IBQ9
La confé­rence rému­né­rée de François Fillon au Kazakhstan
FranceTVinfo, 12 octobre 2013 : http://bit.ly/17lxn1s

Sauf si vous étiez sur Mars, vous n’avez pas échap­pé le 29 octobre à la grande hys­té­rie média­tique qui a accom­pa­gné la libé­ra­tion des 4 otages d’Areva et Vinci enle­vés il y a 3 ans au Niger, près des mines d’uranium où ils gagnaient (gras­se­ment) leurs salaires. Un mau­vais Sarkozy (nom­mé Hollande) est venu men­tir autant que faire se peut, assu­rant sans rire qu’aucune ran­çon n’avait été ver­sée, et que les 4 ex-otages étaient de « grands citoyens fran­çais » (cf http://bit.ly/HqmuF0 ).

Seul l’Observatoire du nucléaire a signa­lé (sans bien sûr jus­ti­fier pour autant leur cap­ti­vi­té) que ces gens étaient avant tout des « expats » venus tri­pler leurs salaires en par­ti­ci­pant au pillage et à la conta­mi­na­tion du Niger par les mines d’uranium exploi­tées par Areva (avec l’aide de Vinci), cf http://bit.ly/184ohq5 . Un peu comme les otages du Liban libé­rés comme par hasard entre les deux tours de l’élection pré­si­den­tielle de 1988, les otages d’Areva ont béné­fi­cié (tant mieux pour eux) d’un contexte favorable.

On note­ra ain­si les manoeuvres d’un chef toua­reg, isla­miste quand ça l’arrange… et libé­ra­teur d’otages le cas échéant (cf http://bit.ly/1bRPcbb ). Mais aus­si l’intérêt du Président du Niger, en pleine rené­go­cia­tions avec Areva (son ancien employeur) sur le prix de l’uranium. Candidat à sa réélec­tion en 2016, il a pro­ba­ble­ment pen­sé mar­quer des points en fai­sant libé­rer les otages. Et en s’appuyant sur des mani­fes­ta­tions « anti-Areva » dont on aime­rait qu’elles soient spon­ta­nées (il y a de quoi !) et non diri­gées par Niamey.

Mais voi­là : Areva sous-paye (pille) l’uranium du Niger depuis 50 ans et n’a pas l’intention que ça change. Comme par hasard, deux jours avant la libé­ra­tion des otages, Areva signait avec la Mongolie un par­te­na­riat pour exploi­ter l’uranium du désert de Gobi. Voilà de quoi dire aux Nigériens : « Si vous vou­lez nous faire payer plus cher votre ura­nium, nous irons nous appro­vi­sion­ner ailleurs ». Le ministre des Affaires étran­gères, le grand éco­lo­giste Laurent Fabius, a accom­pa­gné en Mongolie le petit Luc (Oursel, Pdg d’Areva, celui qui attaque l’Observatoire du nucléaire en jus­tice : http://bit.ly/14I0cFn ) de peur qu’il ne confonde Strauss-Khan et Gengis Khan, Oulan-Bator et Albator.

Gobi soit qui mal y pense : si des mines d’uranium sont réel­le­ment mises en exploi­ta­tion, il convien­dra de dépla­cer les popu­la­tions autoch­tones, assé­cher les nappes phréa­tiques, conta­mi­ner l’environnement comme Areva sait le faire de longue date en Afrique.
Notons au pas­sage que l’inénarrable Fillon, pro­nu­cléaire (pour « sau­ver le cli­mat ») et fan de courses auto­mo­biles (tant pis pour le cli­mat !), est allé se faire cor­rompre en don­nant une confé­rence pro­nu­cléaire gras­se­ment rému­né­rée au Kazakhstan, joli pays dont le régime tota­li­taire deale lui aus­si de l’uranium avec Areva…

Autre ensei­gne­ment : mal­gré des mil­liers d’articles et de repor­tages, pra­ti­que­ment per­sonne n’a noté que l’enlèvement au Niger de sala­riés d’Areva prouve (si cela est encore néces­saire) que le nucléaire ne relève en aucun cas de l’ « indé­pen­dance éner­gé­tique » puisque 100% de l’uranium « fran­çais » est importé…
Quand il s’agit d’uranium, les citoyens sont pris pour des cré­tins, les jour­na­listes som­més de redif­fu­ser la parole offi­cielle, les droits de l’Homme (et de Lhomme) remis en cause. Le nucléaire dans toute sa splendeur…

Chantier du réac­teur EPR : retour au Moyen-Âge

EPR de Flamanville : un réac­teur et des hommes
France-Inter, 6 octobre 2013 : http://bit.ly/1gfJFzo
Nouvel aléa tech­nique sur le chan­tier de l’EPR de Flamanville
AFP, 17 octobre 2013 : http://bit.ly/1gNDvXr

Il existe encore quelques espaces de liber­té dans les médias, par exemple dans l’émission « Interception » dif­fu­sée le dimanche matin sur France-Inter. Et l’on trouve encore des jour­na­listes dignes de ce nom pour faire bien leur tra­vail, pro­ba­ble­ment au détri­ment d’une car­rière lucra­tive (mais servile).

Ce 6 octobre était dif­fu­sé le repor­tage de Pascale Pascariello qui s’est ren­due sur le chan­tier d’un réac­teur nucléaire dans un pays arrié­ré et moyen­âgeux : la France. EDF et ses sous-traitants, à com­men­cer par Bouygues, ont mis en place un sys­tème qui leur per­met assu­ré­ment de faire des éco­no­mies, mais qui pro­gramme avec quasi-certitude la mort de tra­vailleurs. Ce qui n’a pas man­qué d’arriver.

Bouygues doit d’ailleurs com­pa­raître en cor­rec­tion­nelle en novembre à Cherbourg pour deux « homi­cides invo­lon­taires », EDF n’étant curieu­se­ment pas pour­sui­vi. Un ins­pec­teur du tra­vail cou­ra­geux avait bien ten­té de s’opposer à ces pra­tiques, mais il avait été rapi­de­ment licen­cié : dehors le gêneur.

Notons d’ailleurs que ce repor­tage n’est pas en soi anti­nu­cléaire, il décrit « seule­ment » la façon ignoble dont EDF construit le réac­teur EPR. Pour autant, les inci­dents et acci­dents conti­nuent sur le chan­tier EPR, où une pièce de 4 kg s’est écra­sée dans le bâti­ment réac­teur, sans tuer per­sonne cette fois, par chance.

Réacteurs en France : jusqu’à 50 ans ? Vraiment ?

L’État va pro­lon­ger le nucléaire de dix ans
JDD, 13 octobre 2013 : http://bit.ly/1eiYyPu
France - Allonger la vie du nucléaire sera peut-être trop cher (ASN)
Reuters, 17 octobre 2013 : http://bit.ly/196eN1a

C’est le JDD qui a lan­cé les grandes manoeuvres, annon­çant comme si c’était déjà déci­dé que les réac­teurs fran­çais allaient fonc­tion­ner dix ans de plus, jusqu’à 50 ans. Immédiatement, cette « infor­ma­tion » était reprise telle quelle dans la majo­ri­té des médias. Pourtant, rien n’est acté et, quoi que l’on pense de l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) et de sa pré­ten­due indé­pen­dance, c’est quand même elle qui doit don­ner au cas par cas l’autorisation à EDF de pro­lon­ger la vie de chaque réacteur.

Or, jus­te­ment, l’ASN a com­men­cé à auto­ri­ser des réac­teurs à aller au-delà… de 30 ans. Et au mieux jusqu’à 40 ans. De fait, l’affaire des 50 ans est un bon vieux coup de com, un bal­lon d’essai, pro­ba­ble­ment une pre­mière approche d’EDF pour « tra­vailler » l’opinion publique. Mais, même au pays de l’atome, l’affaire ne sera pas si simple. Reuters rap­porte les pro­pos des diri­geants de l’ASN selon les­quels « la déci­sion sur un éven­tuel allon­ge­ment de la durée de vie des réac­teurs nucléaires d’EDF de 40 à 50 ans sera com­plexe en terme de sûre­té et pour­rait être frei­née par le coût très éle­vé du rem­pla­ce­ment de cer­tains com­po­sants clés ».

Par ailleurs, nous avons évo­qué dans les revues de presse pré­cé­dentes les cas de ces réac­teurs amé­ri­cains (par­fai­te­ment com­pa­rables à ceux qui fonc­tionnent en France) tel­le­ment dégra­dés qu’il ont été fer­més aux alen­tours de 40 ans… mal­gré des auto­ri­sa­tions de fonc­tion­ner jusqu’à 60 ans !

Deux EPR en Grande-Bretagne ? Vraiment ?

Accord pour la construc­tion de deux réac­teurs EPR par EDF en Angleterre
AFP, 17 octobre 2013 : http://bit.ly/1gY7yhH
EDF et Londres confirment la construc­tion de 2 EPR au Royaume-Uni
AFP, 21 octobre 2013 : http://bit.ly/1cMwUd9
L’accord Londres/EDF érein­té par la presse britannique
The Independent, 16 octobre 2013 : http://ind.pn/1cqRMqc
Dailymail, 26 octobre 2013 : http://dailym.ai/HkHkXc
Grande-Bretagne : EDF a uti­li­sé des méthodes rele­vant de la corruption
Observatoire du nucléaire : http://bit.ly/GYqpsF
Des réac­teurs ultra-subventionnés.mais qui ne ver­ront pro­ba­ble­ment pas le jour
Observatoire du nucléaire : http://bit.ly/GYqpsF

A peine le temps de souf­fler après le pseu­do « scoop » du JDD sur la durée de vie des réac­teurs, et voi­là que la quasi-totalité de la presse fran­çaise s’emballe à nou­veau pour célé­brer la pré­ten­due vente par EDF de deux EPR à la Grande-Bretagne. Notons d’abord que, quand bien même cette vente se concré­ti­se­rait, elle ne consti­tue en aucun cas un « suc­cès du nucléaire fran­çais à l’export », contrai­re­ment à ce qui a été écrit un peu par­tout. En effet, EDF a d’abord rache­té (avec notre argent) British Energy : c’est donc fina­le­ment EDF qui achète deux réac­teurs… à EDF (!), ficelle aus­si gros­sière que rui­neuse : pas de quoi se gargariser.

Mais sur­tout, contrai­re­ment à leurs pro­messes, les poli­ti­ciens de Londres ont accor­dé à EDF des condi­tions finan­cières incroya­ble­ment avan­ta­geuses… avec l’argent public et celui des usa­gers bri­tan­niques. C’est déjà l’aveu que le nucléaire n’est « ren­table » que s’il est mas­si­ve­ment sub­ven­tion­né. Or, jus­te­ment, les règles euro­péennes de la fameuse « concur­rence libre et non faus­sée » pour­raient, pour une fois, aller dans le bon sens : nor­ma­le­ment, Bruxelles devrait annu­ler l’accord Londres/EDF, et anéan­tir du même coup ces deux EPR bien virtuels.

Mais les diri­geants bri­tan­niques et fran­çais s’agitent déjà en cou­lisse, sans par­ler de ceux d’EDF, en pre­mier lieu le PDG Proglio, qui n’hésitent pas à uti­li­ser des méthodes rele­vant de la cor­rup­tion. Résultat des courses dans envi­ron un an… Cela n’a pas empê­ché la quasi-totalité de la presse fran­çaise de célé­brer un pré­ten­du « grand suc­cès » de l’atome hexa­go­nal. Nous revien­drons sous peu sur cet embal­le­ment gigan­tesque et ridi­cule mais notez déjà que, mal­gré une concur­rence achar­née, la palme de la dés­in­for­ma­tion (et/ou de la bêtise) revient à Sud-Ouest pour qui les deux EPR sont d’ores et déjà en chan­tier ! (cf http://bit.ly/1czmm4m ).

Déchets nucléaires : la mys­ti­fi­ca­tion de la vitri­fi­ca­tion pour jus­ti­fier le crime de l’enfouissement

Vitrification des déchets radio­ac­tifs HAVL : la grande Mystification
Pierre Péguin, 6 octobre 2013 : http://bit.ly/196FhQ7
Débat plu­ra­liste dans l’Est Républicain
Est-Républicain, 20 octobre 2013 : http://bit.ly/1b6ZYZv
Déchets nucléaires, un pro­jet pour l’éternité
Propagande de Valeurs actuelles, 31 octobre 2013 : http://bit.ly/1dHX7Kj
Déchets nucléaires sto­ckés à Bure ? Une faille majeure dans le projet
Reporterre, 24 octobre 2013 : http://bit.ly/1eMfdLw
Moronvilliers, un ter­ri­toire sacri­fié de plus
The-dissident.eu, 30 octobre 2013 : http://bit.ly/Hwu29P

Après avoir été sabor­dé par des oppo­sants dénon­çant à juste titre une paro­die de démo­cra­tie et une déci­sion déjà prise, le « débat public sur l’enfouissement des déchets radio­ac­tifs » se pour­suit… de façon vir­tuelle, sur Internet. C’est pro­ba­ble­ment ce que l’on peut appe­ler une démo­cra­tie « moderne ».

Pendant ce temps, des gens moti­vés font un véri­table tra­vail citoyen. C’est ain­si que notre ami Pierre Péguin, phy­si­cien nucléaire à la retraite, et son aco­lyte Gilbert Talent, ont éplu­ché les tra­vaux vali­dant le pro­cé­dé de vitri­fi­ca­tion des déchets radio­ac­tifs ultimes, ceux pré­ci­sé­ment des­ti­nés à être enfouis à Bure (Meuse). Le ver­dict est sans appel : l’estimation offi­cielle de résis­tance des déchets vitri­fiés (300 000 ans selon le lob­by nucléaire) ne s’appuie que sur des modèles très sim­pli­fiés, et sur une expé­ri­men­ta­tion réduite à quelques années. Sa valeur scien­ti­fique est donc proche de zéro !

Pour l’industrie nucléaire, l’objectif est clai­re­ment d’enfouir à tout prix pour se débar­ras­ser de ces déchets bien encom­brants, et peu importe ce qui arri­ve­ra par la suite ! Ce n’est vrai­ment pas pour rien si nous esti­mons que cet enfouis­se­ment est un crime… et si ce légi­time point de vue a été cen­su­ré (cf http://bit.ly/1anbtLt ) par la Commission du pré­ten­du « Débat public ».

Notons cepen­dant un effort de l’Est Républicain pour assu­rer un cer­tain plu­ra­lisme des points de vue sur cette ques­tion de l’enfouissement. Ce n’est en revanche pas le cas de Valeurs actuelles et de son pro­pa­gan­diste (dégui­sé en jour­na­liste) Mickaël Fonton qui démontre indu­bi­ta­ble­ment qu’il sait… reco­pier la pro­pa­gande pro-atome.

De son côté, le site Reporterre révèle une faille majeure dans le pro­jet d’enfouissement à Bure, et plus exac­te­ment concer­nant la pré­ten­due « réver­si­bi­li­té » de cette enfouis­se­ment, cen­sée être pos­sible pen­dant les cent années de rem­plis­sage… Peut-être de quoi faire annu­ler l’ensemble de ce pro­jet cri­mi­nel… A suivre !

Enfin, n’oublions pas que les déchets ultimes ne sont pas les seuls, loin de là : la France est jon­chée de sites conta­mi­nés, cer­tains étant de véri­tables déchets radio­ac­tifs géants, comme le « poly­gone d’expérimentation » de Pontfaverger-Moronvilliers (Champagne-Ardennes, CEA-DAM Ile-de-France), objet d’un com­bat cou­ra­geux mené par l’association de défense de l’environnement de Pontfaverger et son opi­niâtre Président Damien Girard. Si vous êtes de la région, n’hésitez pas à le rejoindre…

De Tchernobyl à Fukushima, tou­jours pire…

L’existence de l’Institut Belrad compromise
Appel de Yves Lenoir : http://bit.ly/1azrcx5
Japon : l’ex-Premier ministre Koizumi deve­nu 100% antinucléaire
AFP, 2 octobre 2013 : http://bit.ly/1hHd4mH
Un gou­ver­neur accuse Tepco de « men­songe institutionnalisé »
Reuters, 28 octobre 2013 : http://bit.ly/19NqrgQ
Japon : des pièces non véri­fiées de réac­teur nucléaire expor­tées pen­dant 10 ans
AFP, 14.10.2013 : http://bit.ly/196y8iU
Séoul s’attaque à sa « ?mafia ? » du nucléaire
Les Echos, 11 octobre 2013 : http://bit.ly/1ecC7vb

Pas facile de s’occuper des consé­quences de la catas­trophe nucléaire de Tchernobyl 27 ans après son début, et alors que celle de Fukushima fait l’actualité. Pourtant, les ensei­gne­ments de la pre­mière ne peuvent qu’aider à com­prendre ce qui attend les vic­times de la seconde. L’institut Belrad a été fon­dé en 1989 en Biélorussie (pays encore plus conta­mi­né que l’Ukraine, où se trouve Tchernobyl) par le phy­si­cien nucléaire Vassili Nesterenko pour faire la lumière sur les consé­quences de la catas­trophe du 26 avril 1986.

Notre ami Yves Lenoir lance un appel pour sau­ver Belrad qui se débat pour conti­nuer son tra­vail mal­gré le décès de Nesterenko en 2008. Ce com­bat est d’autant plus dif­fi­cile que la Biélorussie est sous la coupe d’un véri­table dic­ta­teur qui ne veut plus entendre par­ler de Tchernobyl… et qui aime­rait même s’offrir une cen­trale nucléaire toute neuve !

Au Japon, les tra­vaux sur les consé­quences de la catas­trophe de Fukushima n’en sont qu’à leurs débuts, mais d’ores et déjà, à moins d’être aveugle et sourd (ou pro­nu­cléaire), il est facile de com­prendre l’ampleur du drame : 120 000 per­sonnes éva­cuées, des cen­taines de mil­liers qui auraient dû l’être (mais où ?), des mil­liers d’enfants qui vont à l’école avec des dosi­mètres… Tant et si bien que l’ex-Premier ministre Koizumi, pour­tant membre du par­ti (ultra­na­tio­na­liste et pro­nu­cléaire) au pou­voir, est deve­nu 100% anti-atome : il s’oppose au redé­mar­rage des 50 réac­teurs arrê­tés, rejoi­gnant en cela la mobi­li­sa­tion citoyenne qui ne fai­blit pas mal­gré la pro­pa­gande incessante.

On apprend au pas­sage que, pen­dant 10 ans, l’industrie ato­mique japo­naise a expor­té des mil­liers de pièces pour réac­teurs nucléaires… sans les avoir véri­fiées. On en trou­ve­rait dans au moins 17 pays. Par « miracle », les pièces expor­tées vers la France auraient été véri­fiées. Vous croyez aux miracles, vous ?

Tant que nous sommes dans la région, notons que la Corée du Sud semble déci­dée à s’attaquer à sa « mafia de l’atome » dont les membres, comme de vul­gaires Japonais, auraient ins­tal­lé dans les réac­teurs coréens des mil­liers de pièces non véri­fiées ou non conformes. Le plus éton­nant est que le Fukushima coréen ne se soit pas encore produit…

ITER : le bout du tun­nel avance plus vite que la fusion nucléaire !

Iter, le réac­teur nucléaire du futur
Le Figaro, 29 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/1aPZW8b

Iter, la fusion nucléaire, Le Figaro y croit encore et met sur le coup le plus grand lau­da­teur de tout ce qui est ato­mique, le dénom­mé Frédéric de Monicault. Tout à sa mis­sion de pro­mo­tion (publi-reportage dégui­sé en « article »), il indique qu’Iter doit entrer en ser­vice en 2027, mais il omet un « détail » : en 2006, l’entrée en fonc­tion d’Iter était pré­vue pour 2016 (cf dépêche AFP du 8 juin 2006 titrée « Iter : début des appels d’offres pour des équi­pe­ments dans un an »).

En 7 ans, le bout du tun­nel s’est éloi­gné… de 11 ans ! Il va donc bien plus vite que ce pro­jet dont l’échec tech­no­lo­gique est de toute façon d’ores et déjà assu­ré. Mais, dès qu’il s’agit d’atome, la croi­sade ultra­li­bé­rale s’arrête, l’argent public est mobi­li­sé à fonds per­dus : ce sera tou­jours ça de moins pour l’éducation, la san­té, la culture, doivent esti­mer les ato­mistes, qui se nour­rissent de l’ignorance.

M. de Monicault ne se foule pas pour autant et se laisse encore une fois aller à un arti­fice usé jusqu’à la corde : Iter serait le réac­teur nucléaire « du futur ». Exactement la même for­mule bidon que pour l’EPR ou pour tout autre pro­jet ato­mique. Le futur, c’est inat­ta­quable, on ne peut pas être contre le futur. Mais on peut cepen­dant être pour le journalisme…

Voiture électrique-atomique : la suite

La Voiture élec­trique n’est pas propre
Le Canard enchaî­né, 2 octobre 2013 : http://bit.ly/17ONUhQ
L’Observatoire du nucléaire ajoute Nissan et Mitsubishi à son palmarès !
Observatoire du nucléaire, 25 octobre 2013 : http://bit.ly/12EvbTK
Nouveau site web de pro­mo­tion du pol­lueur et men­teur Bolloré
Site web : http://blue.car.bollore.free.fr

Nous vous en par­lions le mois der­nier, les « grands médias » ont pra­ti­que­ment tous pas­sé sous silence la vic­toire pour­tant toni­truante de l’Observatoire du nucléaire sur le lob­by de la voi­ture électrico-atomique. Heureusement, libre de toute publi­ci­té - et donc de celles d’EDF, Areva, et des construc­teurs auto­mo­biles - le Canard enchaî­né a bien fait son tra­vail. Pour autant, l’affaire n’est pas ter­mi­née : l’Observatoire a ajou­té Nissan et Mitsubishi à son pal­ma­rès, en atten­dant BMW qui, cepen­dant, tente de défendre son point de vue : le modèle élec­trique « i3 » serait, paraît-il, « res­pec­tueux de l’environnement ».

Et BMW de nous infor­mer que « res­pec­ter signi­fie consi­dé­rer avec res­pect, hono­rer d’une défé­rence pro­fonde » et, d’ailleurs, que « les pan­neaux de portes et la planche de bord de la « i3 » uti­lisent des fibres natu­relles végé­tales » : on en man­ge­rait ! Et ce n’est pas tout : « Le cuir uti­li­sé est trai­té avec un tanin natu­rel issu de feuilles d’olivier » et « les peaux ori­gi­naires du sud de l’Allemagne sont trans­for­mées en Europe », etc., etc., etc., il y en a 6 pages ! Pour un peu, on en oublie­rait les pneus et les batteries…

Nous ver­rons bien si BMW échappe au des­tin de ses concur­rents. Par contre, il en est un qui com­mence à nous cou­rir sérieu­se­ment, c’est le pol­lueur Bolloré qui conti­nue imper­tur­ba­ble­ment à pré­tendre que sa BlueCar est « propre », bafouant en cela la véri­té mais aus­si son « propre » enga­ge­ment écrit. Pollueur et men­teur, comme indi­qué sur ce nou­veau site web : http://blue.car.bollore.free.fr

Rendez-vous le mois prochain !