Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse - septembre 2013

1 septembre 2013 · julienschwartz

Prélude : des nou­velles de l’Observatoire du nucléaire

- Souscription : for­mi­dable mobi­li­sa­tion des sym­pa­thi­sants de l’Observatoire
- La Compagnie Jolie Môme ani­me­ra le ras­sem­ble­ment du 20 décembre à Paris (pro­cès Areva)

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Après ses suc­cès toni­truants (*) contre la voi­ture électrique-atomique, l’Observatoire du nucléaire, trai­né en jus­tice par Areva, se pré­pare à un autre com­bat de géants. Le pro­cès aura lieu le ven­dre­di 20 décembre à 13h30 au Tribunal de grande ins­tance de Paris (cf http://www.observatoire-du-nucleaire.org ). Un ras­sem­ble­ment de sou­tien a lieu à 12h30 devant le tri­bu­nal (4 rue du Palais, métro Cité) et, for­mi­dable nou­velle, il sera ani­mé par la Compagnie Jolie Môme ( http://www.cie-joliemome.org ).

En atten­dant, ses maigres réserves étant épui­sées, l’Observatoire du nucléaire a lan­cé une sous­crip­tion pour pou­voir se pré­sen­ter au tri­bu­nal en état de marche. L’objectif visé était de 5400 euros, mais en réa­li­té d’un peu plus de 6000 euros suite à l’oubli des coti­sa­tions sociales (et non « charges ») de sep­tembre, pré­le­vées à la mi-novembre.

Nous pou­vons d’ores et déjà adres­ser nos remer­cie­ments les plus émus à tous nos sym­pa­thi­sants, par­fois bien connus, par­fois nou­veaux venus : à ce jour, plus de 6000 euros sont arri­vés, per­met­tant d’assurer le salaire (smic) de votre Observateur du nucléaire pré­fé­ré, les coti­sa­tions sociales, et quelques menus frais (dépla­ce­ments, huis­siers, bureau­tique). Un énorme mer­ci à celles et ceux qui ont envoyé contri­bu­tions et encouragements.

Avis : nous avons répon­du à presque tout le monde mais, si vous n’avez pas reçu de remer­cie­ment, envoyez-nous svp un petit e-mail… pour que nous puis­sions vous répondre !

(*) suc­cès oubliés par l’Agence France « Presque » et autres « grands médias », hor­mis l’indispensable Canard enchaî­né et des médias alter­na­tifs, cf plus loin…

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Mines d’uranium d’Areva au Niger : manoeuvres à Niamey… et au Tribunal de Paris

Le Niger lance un audit des mines exploi­tées par Areva
Reuters, 20 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/17jQNTm
Un pro­cès qui tombe bien… ou mal ?
Procès d’Areva contre l’Observatoire du nucléaire : http://bit.ly/14I0cFn

Par le biais d’Areva (aupa­ra­vant Cogéma), pour ali­men­ter ses cen­trales nucléaires, la France pille allè­gre­ment depuis 50 ans l’uranium du Niger. Ce der­nier n’y a rien gagné puisqu’il reste l’un des pays les plus pauvres du monde : la colo­ni­sa­tion (et post-colonisation) est faite pour enri­chir les puis­sants, pas les exploités.

Il se trouve que cer­tains accords entre Areva et l’Etat du Niger, concer­nant l’exploitation de l’uranium, arrivent à leur terme à la fin de l’année. Les diri­geants du Niger annoncent vou­loir rené­go­cier ces accords de façon à être moins spo­liés par la France. A cette fin, un « audit des mines d’uranium » est annon­cé, his­toire de mettre un peu la pres­sion sur Areva.

Mais, nous l’avons déjà mon­tré, Areva a dans sa manche quelques atouts. En par­ti­cu­lier, pour être réélu en 2016, le Président du Niger (M. Issoufou, un… ex cadre d’Areva !) a besoin de voir se concré­ti­ser une des ses prin­ci­pales pro­messes de cam­pagne : la mise en ser­vice en 2015 au plus tard de la mine d’Imouraren.

Celle-ci est sup­po­sée deve­nir une des plus grandes mines d’uranium du monde… à condi­tion tou­te­fois d’être mise en ser­vice ! Or Areva n’est pas très pres­sée : dans le contexte de la catas­trophe de Fukushima, le nucléaire va mal et les cours de l’uranium sont bas… et le seraient encore plus en cas d’ouverture d’une nou­velle mine.

C’est ain­si que Areva tient Issoufou, qui est fina­le­ment tou­jours son employé : s’il se montre peu conci­liant dans les actuelles négo­cia­tions, Areva le puni­ra en n’ouvrant pas la mine d’Imouraren. S’il est « rai­son­nable », Areva n’ouvrira pro­ba­ble­ment pas plus la mine… mais orga­ni­se­ra par contre une jolie céré­mo­nie pour feindre le début de l’exploitation et assu­rer la réélec­tion de M. Issoufou.

C’est donc dans ce contexte par­ti­cu­lier que va se tenir le 20 décembre à Paris le pro­cès inten­té par Areva à l’Observatoire du nucléaire, qui accuse le « géant du nucléaire » de « pra­tiques rele­vant de la cor­rup­tion » envers les diri­geants du Niger. Areva se pré­tend dif­fa­mée tout en fai­sant mine (!) d’ignorer le docu­ment confi­den­tiel (cf http://bit.ly/14I0cFn ) mis en ligne par l’Observatoire. Ce docu­ment per­met de consta­ter com­ment et pour­quoi Areva a ver­sé 35 mil­lions d’euros au bud­get du Niger. Dans un pre­mier temps, Areva a nié le ver­se­ment de cette somme (cf AFP 12 décembre 2012 : http://bit.ly/RqDteK ), avant de recon­naître les faits (cf AFP 14 jan­vier 2013 : http://bit.ly/15Twfah ), puis d’inventer une nou­velle ver­sion (cf AFP 9 mars 2013 : http://bit.ly/19eP3zm ).

Areva n’a assu­ré­ment pas envie de voir ses pra­tiques néo­co­lo­niales mises à jour, et les diri­geants du Niger sou­haitent faire croire à leurs élec­teurs qu’ils savent résis­ter à l’ex-colonistateur. Et ils ne sou­haitent pro­ba­ble­ment pas expli­quer pour­quoi ils ont accep­té un curieux « don » de 35 mil­lions d’euros alors que le manque à gagner du Niger depuis 50 ans se compte plu­tôt en mil­liards d’euros. A suivre…

Fukushima : plus ça va, plus ça va mal…

Une vidéo explique l’affaire de l’eau contaminée…
Video du Monde, 7 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/15GOgZp
Ce que cache le ciel bleu de Fukushima
La Vie, 9 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/15OKrSf

Excellente vidéo du Monde qui explique plu­tôt bien l’affaire de l’eau conta­mi­née à la cen­trale de Fukushima. Le plus sidé­rant est cepen­dant que des gens, des mil­lions de gens, aient pu pen­ser que le refroi­dis­se­ment per­ma­nent des coeurs en fusion pou­vait se faire de façon « her­mé­tique ». Or la cen­trale est en per­di­tion, les fon­da­tions des réac­teurs sont détruites, des quan­ti­tés gigan­tesques d’eau conta­mi­née s’écoulent dans le sous-sol, la nappe phréa­tique, l’océan. Et, pour­tant, le pire est peut-être encore à venir (cf ci-dessous)…

Fukushima : les auto­ri­tés tentent le bon vieux coup de l’écran de fumée

JO 2020 et Fukushima : le Japon pro­teste contre « Le Canard enchaîné »
AFP, 12 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/15TndKx
Caricatures Fukushima : Le Canard assume « sans le moindre état d’âme »
AFP, 12 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/17T1vEg
Un match de cri­cket « pour oublier la catastrophe »
WNS, 10 sep­tembre 013 : http://bit.ly/1dYBHuN
Fukushima : la jus­tice japo­naise condamne les anti­nu­cléaires et blan­chit Tepco
Le Monde, 12 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/19Kxx50

La ficelle est usée jusqu’à la corde, mais elle sert encore : les auto­ri­tés japo­naises tentent de s’attirer la soli­da­ri­té de la popu­la­tion en ten­tant de lui faire croire qu’elle est atta­quée par… le Canard enchaî­né ! Oui, l’excellent jour­nal fran­çais, un des der­niers à ne pas être conta­mi­né par la publi­ci­té, à ne pas être sou­mis à des action­naires indus­triels : pour mémoire, Le Figaro appar­tient à Dassault, Le Monde à Niel (Monsieur « Free »), Libération à Rothschild (et sur­veillé par dame Lauvergeon .)

Qu’a donc fait le Canard ? Après l’attribution des Jeux Olympiques 2020 à Tokyo, il a publié des cari­ca­tures mon­trant des spor­tifs avec trois jambes ou quatre bras. Est-ce donc une agres­sion contre les japo­nais ? Non, bien au contraire : le Canard rap­pelle (avec humour mais fort à pro­pos) la réa­li­té de la catas­trophe de Fukushima, quand les auto­ri­tés nip­pones et inter­na­tio­nales tentent de la faire oublier. C’est donc bien le Canard qui est au côté des vic­times, et cer­tai­ne­ment pas les poli­ti­ciens qui feignent l’indignation.

Désigner un « Canard émis­saire » n’est pas la seule diver­sion : on peut aus­si noter un match de cri­cket avec des diplo­mates bri­tan­niques (les fran­çais ne savent pas y jouer !) et, tant qu’à faire, un pro­cès contre des « méchants » anti­nu­cléaires qui dénoncent les men­songes de Tepco et des auto­ri­tés nippones…

Fukushima : le moment le plus dan­ge­reux approche

Les risques de la récu­pé­ra­tion du com­bus­tible de l’unité 4 à Fukushima
Blog de Fukushima, 19 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/19shQyC

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Si vous avez aimé Fukushima, alors vous ado­re­rez… la suite de Fukushima. Non seule­ment la cen­trale en per­di­tion fuit de par­tout, mais le dan­ger à venir est pro­ba­ble­ment encore pire que ce que l’on peut ima­gi­ner. En effet, pen­dant que le gou­ver­ne­ment japo­nais essaie de s’attirer la sym­pa­thie de son peuple en lui fai­sait croire qu’il est « atta­qué » par un Canard fran­çais, pen­dant que les médias occi­den­taux dis­traient le bon peuple, l’heure H approche. H comme Hiroshima, en pire.

En effet, vous vous sou­ve­nez pro­ba­ble­ment de la fameuse pis­cine du réac­teur 4 de Fukushima, très endom­ma­gée par le séisme du 11 mars 2011, et qui contient envi­ron 1500 barres de com­bus­tible nucléaire, dont 1300 de com­bus­tible « usé », le plus dangereux.

Eh bien, pas de miracle : cette pis­cine n’a pas dis­pa­ru mira­cu­leu­se­ment, elle est bien sûr tou­jours là, avec ses barres de com­bus­tible, et son risque d’effondrement à chaque ins­tant. Ne rien faire est irres­pon­sable mais… inter­ve­nir l’est peut-être encore plus ! Il le faut bien cepen­dant, et c’est Tepco, l’opérateur nucléaire qui ment (cf http://bit.ly/GzOfdv ) et conta­mine (comme tous les opé­ra­teurs nucléaires), qui va bien­tôt pas­ser à l’action.

L’excellent « Blog de Fukushima » explique les risques ter­ribles qui vont accom­pa­gner cette inter­ven­tion, tout comme l’agence Reuters, peu soup­çon­nable d’activisme anti­nu­cléaire (cf http://reut.rs/1bts1Vp ). Si cette affaire tourne mal, et il existe mille rai­sons pour que ce soit le cas, Tchernobyl appa­raî­tra com­pa­ra­ti­ve­ment comme une aimable plaisanterie…

Voiture élec­trique : le triomphe de l’Observatoire du nucléaire contes­té par… François Hollande !

Décisions du Jury de déon­to­lo­gie publi­ci­taire sai­si par l’Observatoire du nucléaire
Décisions du 18 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/153k1ZU
Voiture élec­trique : Hollande salue une « nou­velle révo­lu­tion indus­trielle » dans le fief de Bolloré
Les Echos, 20 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/1dW4Rsa

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C’était une vic­toire annon­cée (cf revue de presse du mois pré­cé­dent) et… elle a eu lieu : sai­si par l’Observatoire du nucléaire, l’oxymorique « Jury de déon­to­lo­gie publi­ci­taire » a pris acte des excuses de Renault, Citroën, Opel, Nissan et Bolloré : non, la voi­ture élec­trique (nucléaire) n’est pas « propre », ni « éco­lo », ni « verte » (sauf en pein­ture !), et les publi­ci­tés trom­peuses ont été rec­ti­fiées. Sauf une.

Eh oui, bafouant sa pro­messe écrite (cf http://bit.ly/1c3yjy4 ), le méchant Bolloré a main­te­nu (encore au moment où nous écri­vons) la men­tion « voi­ture propre » sur le site web de sa Bluecar radio­ac­tive. Il faut dire que le bougre a été sacré­ment encou­ra­gé par… le Président de la République en personne !

En effet, le 20 sep­tembre, fai­sant fi de la vic­toire de l’Observatoire du nucléaire, M. Hollande est allé inau­gu­rer l’usine Bolloré de bat­te­ries pour voi­tures élec­triques. Qui plus est, il a pré­sen­té cette démarche comme par­tie pre­nante de la fumeuse « tran­si­tion éner­gé­tique », et ce sans géné­rer la moindre pro­tes­ta­tion du par­ti EELV, dit éco­lo­giste mais qui s’accommode donc par­fai­te­ment de la voi­ture nucléaire.

De fait, Bolloré aurait tort de se gêner, de res­pec­ter ses « propres » enga­ge­ments, et en par­ti­cu­lier de rec­ti­fier son site web men­son­ger : il a la béné­dic­tion de l’Elysée et d’EELV. On ver­ra bien le mois pro­chain si le « Jury de déon­to­lo­gie publi­ci­taire » se rebiffe…

Voiture élec­trique (nucléaire) : les « grands » médias irradiés

Le Canard sauve (encore !) l’honneur de la presse française ! 
Le Canard enchaî­né, 2 octobre 2013 : http://bit.ly/17ONUhQ
4 médias alter­na­tifs en parlent (Reporterre, Bastamag, Actu-envir, et Terra-éco)
http://bit.ly/1eKavyN , http://bit.ly/18ffHGa , http://bit.ly/14qECXP , http://bit.ly/1aasFGr
L’Agence France « Presque » a failli en parler
AFP, 19 sep­tembre 2013 : presque, mais fina­le­ment non.
Propagande d’Etat : le « Téléphone sonne » roule pour la voi­ture nucléaire
http://bit.ly/1aasFGr , http://bit.ly/pf2inq , http://bit.ly/1c4t8hm , http://bit.ly/1dW3PfA
La parole à l’Observatoire du nucléaire
wehicles.com, 30 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/1bvOKUD

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Les « grands médias » ont fait leur triste tra­vail : ils ont com­plai­sam­ment cou­vert la visite pré­si­den­tielle chez Bolloré et… ont par­fai­te­ment cen­su­ré la vic­toire de l’Observatoire du nucléaire, hor­mis le Canard enchaîne et des médias alter­na­tifs ou spé­cia­li­sés dans l’environnement.

Pour sa part, comme son nom l’indique, l’Agence France « Presque » a failli faire une dépêche, mais fina­le­ment non. Batterie à plat ? Ou bien est-ce parce que l’Etat, diri­gé par Hollande-le-nouvel-ami-de-Bolloré, est le pre­mier finan­ceur de l’AFP ?

Et que dire du Téléphone sonne, de France inter, qui offre qua­si­ment chaque année à la voi­ture élec­trique une émis­sion de pure pro­pa­gande, sans le moindre invi­té un tant soit peu cri­tique. C’était ain­si le cas ce 19 sep­tembre 2013, comme le 5 octobre 2011, le 30 sep­tembre 2010 ou le 3 novembre 2009.

Notons par contre que wehicles.com, un blog consa­cré à la mobi­li­té et glo­ba­le­ment favo­rable à la voi­ture élec­trique, a jugé utile de don­ner la parole à l’Observatoire du nucléaire. Bravo !

La voi­ture élec­trique dépassera-t-elle les bornes (de rechargement ) ?

Voiture élec­trique : Siemens laisse tom­ber les bornes de recharge
Blogautomobile.fr, 4 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/18RTf4F
Renault : La voi­ture élec­trique reste anec­do­tique, évitez
Capital, 17 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/GDLusn

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L’essor de la voi­ture élec­trique se heurte à un pro­blème de taille : il n’y a que très peu de bornes de recharges, et per­sonne ne veut en ins­tal­ler… tant qu’il n’y a pas assez de voi­tures élec­triques ! D’ailleurs, un des plus grands indus­triels d’Europe, le groupe Siemens, vient d’annoncer qu’il aban­don­nait son acti­vi­té liée aux bornes de recharge publiques pour voi­tures élec­triques. Pourtant, pro­ba­ble­ment dans l’espoir (vain) de redon­ner de l’avenir au nucléaire, les auto­ri­tés fran­çaises vont gas­piller des sommes publiques insen­sées pour ins­tal­ler des dizaines de mil­liers de bornes de recharge.

Ensuite, les indus­triels - dont le men­teur Bolloré, nou­vel ami de François Hollande - n’auront plus qu’à ramas­ser la mise. L’argent public couvre les inves­tis­se­ments, et les béné­fices (éven­tuels) iront dans la poche des indus­triels pri­vés : elle est pas belle la vie ?
Le maga­zine Capital n’est pas pour autant convain­cu : dans ses conseils d’investissements en bourse, il sug­gère de « res­ter à l’écart » de Renault et de son alliance avec Bolloré. Restons donc « à l’écart », ce serait effec­ti­ve­ment bal­lot de se faire écra­ser par une des rares voi­tures élec­triques en service…

Gouvernement : la folle fuite en avant

Le pro­jet de loi sur la tran­si­tion éner­gé­tique repor­té au prin­temps 2014
AFP, 11 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/17u4aDO
Le gou­ver­ne­ment fixe les 34 prio­ri­tés de sa « nou­velle France industrielle »
Le Monde, 11 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/18QTVbK

Il faut être sacré­ment naïf pour croire encore qu’il sor­ti­ra quelque chose de bon (pour l’environnement) de la loi sur la fameuse (et fumeuse) « tran­si­tion éner­gé­tique ». De toute façon, le pro­jet de loi est repous­sé à 2014, et est devan­cé par le plan « éco-industriel » de ce gou­ver­ne­ment deve­nu fou.

Nous avons déjà vu que le fer de lance de l’ « éco­lo­gie » à la sauce hol­lan­daise se pré­sente sous la forme d’une bat­te­rie pour voi­tures élec­triques, mais ce n’est là qu’une part infime de ce qui nous est pro­mis ! L’article du Monde donne un aper­çu du « bon­heur » qui va nous être offert (disons plu­tôt « infli­gé »), dans l’espoir vains de faire reve­nir la sacro-sainte « crois­sance » qui a déser­té nos socié­tés « modernes ».

Notons par exemple les bio­car­bu­rants et les bio­tech­no­lo­gies (atten­tion au pré­fixe « bio » par­fai­te­ment trom­peur), réseaux élec­triques « intel­li­gents » (il est exact que le réseau actuel, basé sur la pro­duc­tion nucléaire, est stu­pide. Mais gare à la pré­ten­due « intel­li­gence » à venir), chi­mie « verte » (pouah !), nano­tech­no­lo­gies, objets connec­tés, cyber­sur­veillance (oups : dire « cyber­sé­cu­ri­té » !), etc.

Sans oublier la célèbre famille « Dufutur » : usines « du futur », TGV « du futur », avions élec­triques « du futur » (appe­lés aus­si « de nou­velle géné­ra­tion »), etc. Estimé à envi­ron 3,5 mil­liards d’euros d’argent public, ce pro­gramme (de la « der­nière chance d’après La Tribune : http://bit.ly/19KzdeA ) se décli­ne­ra en 34 pro­jets… tous diri­gés par des patrons du sec­teur pri­vé : eux, il savent quoi faire de l’argent public !

Confrontée à ce pro­gramme gou­ver­ne­men­tal de des­truc­tion de notre envi­ron­ne­ment, de notre san­té et de nos liber­tés, la ministre Cécile Duflot a envi­sa­gé pour la 849ème fois de démis­sion­ner… et puis non, ce n’est pas encore pour cette fois !

Centrales nucléaires : en route pour les 50 ans… heu, bon, on verra…

Comment EDF pré­pare le finan­ce­ment du déman­tè­le­ment de ses réac­teurs nucléaires
Actu-envir, 4 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/15X5jUu
Comment EDF va pro­lon­ger la durée de vie des réac­teurs nucléaires
Les Echos, 23 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/15kxaec
Selon l’ASN, la France ne doit pas comp­ter sur ses réac­teurs nucléaires au-delà de 40 ans
Usine nou­velle, 4 octobre 2013 : http://bit.ly/17AptEs

Vendre de l’électricité nucléaire est une acti­vi­té ren­table… lorsqu’on a pu faire payer la concep­tion et une par­tie de la construc­tion des réac­teurs par l’argent public, comme c’est le cas en France. Par contre, déman­te­ler ces réac­teurs coûte très cher et de donne pas d’électricité à commercialiser.

Du coup, vous l’avez com­pris, les busi­ness­men qui dirigent EDF ne sont pas très inté­res­sés à finan­cer le futur déman­tè­le­ment des 58 réac­teurs encore en ser­vice (sans par­ler de la petite dizaine déjà arrê­tés). Aussi a-t-il été déci­dé de ver­ser, au « pot » du déman­tè­le­ment, des actifs de… RTE, le Réseau de trans­port d’électricité : prin­ci­pa­le­ment les lignes THT et les 20 000 pylônes qui les sup­portent (et défi­gurent la France bien plus que quelques mil­liers d’éoliennes, mais c’est un autre débat).

En résu­mé, le jour où il fau­dra payer le déman­tè­le­ment, il « suf­fi­ra » de vendre des lignes THT. A qui ? Forcément à l’Etat pointe la Cour des comptes. Il s’agit donc d’une arnaque, un sub­ter­fuge d’EDF pour ne pas finan­cer le démantèlement.

Mais l’électricien natio­nal a une autre carte dans sa manche : pour ne pas payer le déman­tè­le­ment, il suf­fit… de ne jamais fer­mer les réac­teurs ! Il suf­fi­sait d’y pen­ser. Du coup, on nous annonce une durée de vie de 50 ans, et même de 60. Il serait inouï qu’une ou plu­sieurs de ces anti­qui­tés n’explosent pas entre temps et, d’ailleurs, l’Autorité de sûre­té (ASN) elle-même com­mence à s’inquiéter… et tente même de refroi­dir les ardeurs d’EDF : à ce jour, la France ne doit pas comp­ter sur des réac­teurs allant au delà de 40 ans.

De tout évi­dence, il y a des gens à l’ASN qui ne veulent pas res­ter dans l’Histoire comme des gugusses cou­pables de quelques Fukushimas fran­çais. Nous avons déjà poin­té la fausse indé­pen­dance de cette « Autorité » (cf par exemple http://bit.ly/TcrXje ), mais peut-être la donne va-t-elle chan­ger dans le contexte de la catas­trophe de Fukushima ?

En tout cas, il ne fau­drait pas oublier qu’une seule mesure relève de la sûre­té nucléaire : fer­mer au plus vite et défi­ni­ti­ve­ment toutes les ins­tal­la­tions ato­miques ! Cela per­met­trait d’ailleurs au pas­sage de se poser vrai­ment la ques­tion du finan­ce­ment du déman­tè­le­ment, par exemple en repre­nant aux « grands PDG » les lourdes sommes qu’ils nous ont lit­té­ra­le­ment volées (car ce qui est légal n’est pas for­cé­ment honnête !)

Démantèlement : y’a pas le feu au lac !

Grande-Bretagne : début du déman­tè­le­ment de l’usine nucléaire acci­den­tée… en 1957 !
The Independant, 6 sep­tembre 2013 : http://ind.pn/18AHy3o
Superphénix : 14e année de démantèlement
France bleu, 30 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/1b3j6JL

Quand nous affir­mons que les nucléo­crates ne sont pas pres­sés de déman­te­ler leurs infâmes ins­tal­la­tions ato­miques, nous avons sous le coude quelques « jolis » exemples. C’est la cas de l’usine bri­tan­nique de Winscale, gra­ve­ment acci­den­tée en 1957, et renom­mée ensuite (Sellafield) pour faire oublier les graves conta­mi­na­tions qui ont eu lieu (cf extrait de « L’insécurité nucléaire » : http://bit.ly/1b3m2WT ).

1957-2013 : c’est donc 56 ans après le début du drame que les bri­tan­niques envi­sagent de com­men­cer le déman­tè­le­ment. Rapporté à Fukushima, cela donne un début des opé­ra­tions en 2067. Le nucléaire, c’est « l’avenir », et de l’emploi pour les géné­ra­tions futures. A condi­tion de sur­vivre aux radia­tions, bien sûr… Finalement, il va peut-être fal­loir féli­ci­ter EDF pour sa « rapi­di­té » concer­nant le sur­gé­né­ra­teur Superphénix, arrê­té en 1998 après une car­rière plus que chao­tique : on en est déjà à 14 ans de déman­tè­le­ment : plus que 17 ans et ce sera (peut-être) fini.

Mais, ayant échoué (de peu) à faire tout explo­ser, le lob­by ato­mique fran­çais va reten­ter sa chance avec un nou­veau Superphénix, cette fois bap­ti­sé « Astrid » pour faire croire à un nou­veau machin (cf http://bit.ly/17bKlij ). Si la chance per­met d’éviter l’explosion, il est sûr par contre que la fac­ture de déman­tè­le­ment sera tôt ou tard au rendez-vous…

Iter / Fusion nucléaire : plus ça va, moins ça va…

Les membres d’Iter réaf­firment sur le site leur enga­ge­ment dans le projet
AFP, 6 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/13nqhea
Nucléaire : Iter tente de se don­ner une nou­velle impulsion
Les Echos, 9 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/18MA1i7
Iter : pre­mier convoi hors normes sur la route
France3, 15 sep­tembre 2013 : http://bit.ly/192N3H5

iter.jpg (14541 octets)

Nous avons régu­liè­re­ment évo­qué le cas de ce pauvre pro­jet Iter concer­nant la fusion nucléaire. Lassés d’échouer depuis 50 ans, les « grands pays nucléa­ri­sés » (USA, Russie, Japon, Chine, etc, et la France sous cou­vert de l’Union euro­péenne) se sont unis pour… échouer encore.
Non seule­ment le coût du pro­jet a lit­té­ra­le­ment explo­sé (16 mil­liards au lieu de 5, en atten­dant la suite !), mais il est désor­mais cer­tain que l’échec tech­no­lo­gique sera encore au rendez-vous.

D’ailleurs, la ministre de la Recherche (four­nie clé en main à Hollande par le Commissariat à l’énergie ato­mique), la regret­table Geneviève Fioraso, avoue : « Tous les ver­rous qu’on va faire sau­ter ser­vi­ront pour la science et l’industrie. ». Traduction : Iter va foi­rer, mais on trou­ve­ra des choses au pas­sage. Un peu comme Fukushima « per­met d’améliorer la sûre­té nucléaire ». Génial.

En atten­dant de « trou­ver des choses », un pre­mier convoi test a été orga­ni­sé sur l’itinéraire « grand gaba­rit », construit spé­cia­le­ment pour trans­por­ter les pièces du futur réac­teur, iti­né­raire qui balafre et défi­gure une par­tie de la Provence…

Rions un peu…

L’avocat (put­schiste) de Sortir du nucléaire tra­vaille aus­si pour les anti-éoliens !
AFP, 29 août 2013 : http://bit.ly/16hIHhC
Phys.org, 29 août 2013 : http://bit.ly/19Qda77
Sur ce coup, on rit jaune : même les ato­mistes anglo-saxons se régalent sur leur site web Phys.org : « French court rejects plan­ned wind farm near Mont Saint Michel ».

Nucléaire : une vidéo pour bien rire avant d’être irradié
Video « Minute-papillon » : http://bit.ly/1edrgoa
Cette fois, on rit de bon coeur…

Deux docu­men­taires TV (et un radio) sur le nucléaire : le jour et la nuit

Nucléaire - Documentaire sur France2 : pas de « grande explication »
Observatoire du nucléaire, 10 sept 2013 : http://bit.ly/1gjwhKo
Nucléaire - Documentaire sur France3 : enfin la vérité !
France3, 4 octobre 2013 : http://bit.ly/1bHniQk (à voir en ligne)
Radio : « La France nucléaire »
France-Culture, 5 octobre 2013 : http://bit.ly/17868r1 (à écou­ter en ligne)

Annoncé par France 2 comme un évé­ne­ment, le docu­men­taire dif­fu­sé le 10 sep­tembre devait enfin don­ner lieu à « la grande expli­ca­tion » sur le nucléaire. Au lieu de cela, un exer­cice soi­gné (rien à dire sur ce plan), pas inin­té­res­sant, mais fina­le­ment vain : des argu­ments « pour », des argu­ments « contre », et le téléspectateur-citoyen pou­vait aller se cou­cher sans avoir avan­cé d’un pouce.

Tout au contraire, quelques jours plus tard, sur France3 cette fois, le docu­men­taire « Nucléaire, excep­tion fran­çaise » met­tait les pieds dans le plat. Tout aus­si pro­fes­sion­nel sur la forme, il décri­vait par contre sans conces­sions la façon dont le nucléaire a été impo­sé en France, par la vio­lence, le men­songe, la cor­rup­tion des consciences par les sommes inouïes déver­sées sur les vil­lages choi­sis pour rece­voir les cen­trales, etc. Un docu­ment « anti­nu­cléaire » ? Non, il a seule­ment dit la vérité…

Signalons au pas­sage une autre excel­lente émis­sion, de radio cette fois (sur France-culture), avec Sezin Topçu, char­gée de recherche CNRS, auteur de « La France nucléaire. L’art de gou­ver­ner une tech­no­lo­gie contes­tée ». Là aus­si, la véri­té crue sur le nucléaire.


Prochaine revue de presse, concer­nant Octobre 2013, dans un petit mois !

Si vous êtes en région pari­sienne, notez aus­si le ras­sem­ble­ment à 12h30
devant le Tribunal de Paris le 20 décembre, avec la Compagnie Jolie môme :