Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Les attentats contre Areva au Niger contredisent la thèse de l’ « indépendance énergétique » apportée par le nucléaire

23 mai 2013 · ana duarte

Il est impen­sable de se conten­ter, comme le font les auto­ri­tés fran­çaises, de condam­ner les atten­tats qui ont eu lieu ce jour au Niger. Ces actes, qui visent clai­re­ment l’entreprise ato­mique Areva, viennent en effet rap­pe­ler que, contrai­re­ment à ce qui est pré­ten­du depuis 50 ans, le nucléaire n’apporte aucune indé­pen­dance éner­gé­tique.

L’industrie nucléaire fran­çaise fonc­tionne en impor­tant à 100%, en par­ti­cu­lier du Niger, le com­bus­tible néces­saire au fonc­tion­ne­ment des réac­teurs, c’est à dire l’uranium. Ces impor­ta­tions entraînent une grande vul­né­ra­bi­li­té de l’approvisionnement éner­gé­tique de la France.

Ce ne serait pas le cas si, au lieu d’imposer de façon arbi­traire le nucléaire, les auto­ri­tés fran­çaises avaient inves­ti dans des filières - à com­men­cer par les éner­gies renou­ve­lables - qui garan­tissent réel­le­ment l’indépendance énergétique.

En sep­tembre 2010, après l’enlèvement de plu­sieurs sala­riés d’Areva au Niger, l’Observatoire du nucléaire lan­çait cette alerte :

« Ces évè­ne­ments ne sont assu­ré­ment que les pré­mices de désta­bi­li­sa­tions géo­po­li­tiques encore plus graves. Sachant que les réserves d’uranium s’amenuisent dans le monde et que d’autres pays, en par­ti­cu­lier la Chine, ont aus­si besoin de grandes quan­ti­tés de ce mine­rai, (…) ce sont donc 80% de la pro­duc­tion élec­trique fran­çaise qui sont mena­cés. » (Observatoire du nucléaire, 16 sep­tembre 2010)

La France s’enfonce depuis 50 ans dans l’impasse nucléaire or, c’est bien connu, au bout de chaque impasse se trouve un mur. Après avoir tant van­té la sup­po­sée « indé­pen­dance éner­gé­tique de la France grâce au nucléaire », les « élites » fran­çaises pour­raient bien être rapi­de­ment obli­gées de ras­su­rer les citoyens en leur rap­pe­lant qu’il est pos­sible d’importer de l’électricité de chez nos voi­sins… car ils n’ont pas ou peu de nucléaire. CQFD.