Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Que faire lors du pseudo « débat public » sur l’enfouissement des déchets radioactifs ?

13 mai 2013 · ana duarte

Autopsie d’une trom­pe­rie soi­gneu­se­ment orga­ni­sée pour légi­ti­mer le crime de l’enfouissement des déchets radioactifs

Un enfant de 5 ans com­prend immé­dia­te­ment que le pro­jet d’enfouir sous terre les déchets nucléaires les plus radio­ac­tifs, en pré­ten­dant que rien de grave ne se pas­se­ra pen­dant quelques cen­taines de mil­liers d’années, est un véri­table crime contre l’humanité.

Pourtant, une gigan­tesque opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion, hélas relayée telle quelle par la plu­part des médias, a débu­té ce mer­cre­di 15 mai pour faire croire à l’ensemble de la popu­la­tion que l’option cri­mi­nelle de l’enfouissement serait une « solu­tion » au drame des déchets radioactifs.

Depuis quelques années, dès qu’un pro­jet d’envergure est lan­cé, la Commission natio­nale du débat public a pour mis­sion de don­ner une appa­rence démo­cra­tique à des déci­sions… prises à l’avance. Le « Débat public » est pure­ment consul­ta­tif et sert en réa­li­té à enfer­mer les oppo­sants dans un exu­toire par­fai­te­ment inutile et inoffensif.

C’est par exemple ce qui s’est pro­duit pour les réac­teurs nucléaires EPR et ITER, et c’est aus­si ce qui débute ce mer­cre­di 15 mai avec le lan­ce­ment offi­ciel de ce « débat » dont les séances com­men­ce­ront en réa­li­té le 23 mai à Bure (Meuse), lieu choi­si de longue date par les auto­ri­tés fran­çaises et le lob­by nucléaire pour com­mettre le crime de l’enfouissement.

Pourquoi ce déca­lage ? Pour per­mettre à l’Andra (Agence natio­nale des déchets radio­ac­tifs), entre le 15 et le 23 mai, d’imposer sa com­mu­ni­ca­tion. Pour ce faire, ces jours-ci, d’innombrables jour­na­listes sont « pro­me­nés », au sens propre comme au sens figu­ré, dans le « labo­ra­toire » sou­ter­rain de Bure dont ils res­sortent, pour la plu­part, béats et émerveillés.

C’est ain­si que fleu­rissent articles et repor­tages qui ne sont en majo­ri­té que des comptes-rendus de visite et qui res­ti­tuent conscien­cieu­se­ment les « élé­ments de lan­gage » et le voca­bu­laire « choi­si » de l’Andra : sto­ckage, colis, alvéoles, exploi­ta­tion, etc. Jusqu’au joli nom de Cigéo inven­té pour don­ner un carac­tère humain à ce véri­table crime contre l’humanité et la planète.

En d’autres temps, pour cacher l’existence de camps de concen­tra­tion, des visites d’agréables « centres d’activités » étaient orga­ni­sées pour des ONG « huma­ni­taires » qui en reve­naient par­fai­te­ment ras­su­rées. Aujourd’hui, le crime est dif­fé­rent mais les méthodes sont les mêmes.

Alors, que faire face à la véri­table trom­pe­rie que consti­tue ce pseu­do « débat » sur l’enfouissement des déchets radioactifs ?

De cou­ra­geux citoyens, qui com­battent de longue date les pro­jets nui­sibles de l’Andra, vont essayer de faire entendre leur point de vue. bien qu’étant conscients du carac­tère vir­tuel de ce pseu­do « débat ». C’est par exemple le cas de l’association QV (http://www.villesurterre.com).

Mais il ne serait pas sur­pre­nant que d’autres modes d’action soient mis en ouvre, comme ce fut le cas lors des pseu­dos « débats publics » sur les nano­tech­no­lo­gies (Cf. www.nanomonde.org) ou sur le réac­teur ITER (scène enva­hie, séance annu­lée : http://reacteur.iter.free.fr/manif.htm)

Ou, der­niè­re­ment, avec l’irruption de « chim­pan­zés » (Cf. l’excellent site PMO) lors d’un autre débat bidon bap­ti­sé « Forum de la bio­lo­gie synthétique ».

Ces inter­ven­tions ont été vivi­fiantes et salu­taires. Il est par contre néces­saire de dénon­cer les oppo­sants fac­tices qui vont faire mine de pro­tes­ter… tout en sou­te­nant le gou­ver­ne­ment pro­nu­cléaire PS-EELV et sa fumeuse « tran­si­tion énergétique » :

Pour notre part, après voir enva­hi en son temps le pseu­do débat public sur le réac­teur ITER, nous n’avons pas l’intention de res­ter inac­tif cette fois non plus. Dans un pre­mier temps, nous avons envoyé à la Commission natio­nale du débat public une « contri­bu­tion »… expli­cite.

A suivre.


[1A ce sujet, le 6 juin pro­chain, au Tribunal de grande ins­tance de Lyon, se tient le pro­cès du putsch par lequel le Réseau Sortir du nucléaire a été « pur­gé » de ses ani­ma­teurs les plus anti­nu­cléaires, pour en faire une orga­ni­sa­tion dis­ci­pli­née au ser­vice de l’accord EELV/PS (Cf. http://reseau.democratie.free.fr)