Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

« 51 je t’aime » : le missile M51 tombe à l’eau, la France atomique dans le pastis !

5 mai 2013 · ana duarte

Depuis 60 ans, les « élites » fran­çaises pré­tendent être à la pointe de la tech­no­lo­gie nucléaire, mais les faits démontrent exac­te­ment l’inverse, tant sur le plan pré­ten­du­ment « civil » [1] que sur le plan militaire.

L’échec fra­cas­sant du mis­sile nucléaire M51, qui a explo­sé en vol ce dimanche 5 mai vers 9h30 (sans charge nucléaire bien heu­reu­se­ment) avant de tom­ber à l’eau, est une nou­velle démons­tra­tion de ce que l’industrie mili­taire et nucléaire est prin­ci­pa­le­ment capable… de gas­piller de gigan­tesques sommes d’argent public.

Sans aller jusqu’à envi­sa­ger une poli­tique paci­fiste (il ne faut pas trop leur en deman­der), les auto­ri­tés fran­çaises auraient pu se conten­ter du pré­cé­dent mis­sile, le M45, qui per­met­tait déjà de vitri­fier la plu­part des objec­tifs stra­té­giques de la pla­nète, et d’atomiser des mil­lions de gens selon les besoins de la très paci­fique poli­tique de « dissuasion ».

Mais non : après avoir pro­ba­ble­ment consom­mé trop de pas­tis, nos élites ont enton­né le célèbre refrain « 51 je t’aime » et lan­cé à grands frais le pro­gramme du M51. Aujourd’hui, les pro­jets de la France bel­li­ciste sont tom­bés à l’eau avant même l’heure de l’apéro.

La réa­li­té est impla­cable : des pays sup­po­sés n’avoir qu’une tech­no­lo­gie archaïque, comme la Corée du Nord et l’Iran, font mieux que la France dans le domaine des mis­siles balistiques.

Il est urgent de recons­truire une ligne Maginot, cette fois-ci tout autour de l’Hexagone : cela crée­ra de nom­breux emplois sans être plus inef­fi­cace que le pro­gramme ato­mique français.


[154 des 58 réac­teurs nucléaires « fran­çais » sont en réa­li­té amé­ri­cains (licences ache­tées à Westinghouse dans les années 70), et les cen­tri­fu­geuses de la nou­velle usine « fran­çaise » d’enrichissement de l’uranium (site du Tricastin) ont été ache­tées par Areva à son concur­rent euro­péen Urenco.