Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

La Turquie promet d’acheter un réacteur à Areva pour faire taire la France lors du centenaire du génocide arménien (2015) !

2 mai 2013 · ana duarte

En annon­çant la com­mande d’un réac­teur à Areva (et son par­te­naire japo­nais Mitsubishi), les auto­ri­tés turques n’ont pas ren­du hom­mage à la pré­ten­due « com­pé­tence » de la France dans le nucléaire : elles ont seule­ment trou­vé un excellent moyen de faire taire les auto­ri­tés fran­çaises dans la pers­pec­tive du cen­te­naire du géno­cide armé­nien.

En effet, il est évident que cette pro­messe sera immé­dia­te­ment annu­lée si les auto­ri­tés fran­çaises s’avisent de qua­li­fier offi­ciel­le­ment de géno­cide les évè­ne­ments de 1915 à l’occasion des nom­breuses céré­mo­nies et débats qui vont avoir lieu jusqu’à 2015. Cette situa­tion est d’autant plus déri­soire que, même si les auto­ri­tés fran­çaises se taisent, la cen­trale en ques­tion ne sera pro­ba­ble­ment jamais construite. En effet :

Par ailleurs, on ne peut que rire - mal­gré la gra­vi­té du sujet - en lisant cer­taines décla­ra­tions assu­rant qu’Ankara aurait choi­si Mitsubishi du fait du » savoir-faire des Japonais en terme de résis­tance au trem­ble­ment de terre  » : la « preuve » en a été don­née à Kashiwasaki (séisme de juillet 2007) puis à Fukushima !

Une fois de plus, comme c’est par exemple le cas avec l’intervention mili­taire au Mali pour sécu­ri­ser les mines d’uranium du Niger, ou du fait des rela­tions cor­diales avec la Chine ou avec les dic­ta­tures d’Asie cen­trale (qui regorgent d’uranium), Paris fait pas­ser la « diplo­ma­tie de l’atome » bien avant les Droits de l’Homme. Et ce pour des « suc­cès » com­mer­ciaux qui, au final, coûtent de l’argent à la France au lieu de lui en rapporter…