Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

L’Observatoire du nucléaire dénonce la lenteur de la justice

2 février 2013 · ana duarte

L’audience qui s’est tenue hier ven­dre­di 1er février au Tribunal de grande ins­tance de Paris a per­mis de fixer la date du Procès inten­té par Areva à l’encontre de l’Observatoire du nucléaire. Or, la pre­mière date dis­po­nible pour une audience d’une durée de deux heures était le ven­dre­di… 20 décembre 2013 !

Le pro­cès aura donc lieu plus d’un an après la publi­ca­tion (le 9 décembre 2012) du com­mu­ni­qué de l’Observatoire du nucléaire consi­dé­ré par Areva comme de la « dif­fa­ma­tion ». L’Observatoire pro­teste contre le manque de moyens de la jus­tice : le gou­ver­ne­ment devrait s’occuper de ce grave pro­blème au lieu de mettre en place, avec l’argent public, un Fonds d’aide à l’industrie de l’atome.

Ce délai tota­le­ment insen­sé - un an ! - donne un sur­sis ines­pé­ré à Areva et lui per­met de main­te­nir la pres­sion sur l’Observatoire du nucléaire, mena­cé de dis­pa­ri­tion du fait du mon­tant des péna­li­tés deman­dées par Areva.

Pour autant, l’Observatoire du nucléaire va conti­nuer inlas­sa­ble­ment son action et, concer­nant l’affaire pré­sente, main­tient toutes ses accu­sa­tions contre Areva, et conti­nue à poser les ques­tions qui dérangent la mul­ti­na­tio­nale atomique :

Pour mémoire, dans un pre­mier temps, Areva a nié l’existence de son curieux « don » (26 mil­lions d’euros plus 9 mil­lions l’an pro­chain) fait au Niger (cf dépêche AFP du 12 décembre). Puis, face aux pièces mises en ligne par l’Observatoire du nucléaire, Areva a fini par recon­naître l’existence de ce « don »… tout en pré­ten­dant qu’il ne fal­lait rien y voir de compromettant.

Pourtant, le compte-rendu confi­den­tield’une ren­contre entre des diri­geants d’Areva et le chef de cabi­net du Président du Niger, révé­lé par l’Observatoire du nucléaire, per­met de consta­ter que Areva, aujourd’hui comme autre­fois, dicte ses volon­tés aux diri­geants du Niger et, pour finir, décide d’accorder un « don », comme un « bien­fai­teur » secou­rant un défavorisé.

Cela n’a rien à voir avec une taxe qui aurait été infli­gée par le Niger à Areva, cou­pable de s’arroger l’uranium du Niger à bas prix depuis 40 ans. D’ailleurs, une telle taxe se mon­te­rait en mil­liards d’euros et non à 35 mil­lions, une somme qui relève bien plus du « des­sous de table ».

L’Observatoire du nucléaire est une des rares voix qui, tout en dénon­çant les agis­se­ments ignobles des groupes isla­mistes, s’élèvent (cf Tribune pour esti­mer que l’intervention mili­taire fran­çaise au Mali vise avant tout à sécu­ri­ser les mines d’uranium d’Areva au Niger voisin.

Enfin, après avoir ques­tion­né le ministre EELV du déve­lop­pe­ment, Pascal Canfin, en direct sur France inter le 21 jan­vier, l’Observatoire du nucléaire reste sidé­ré par la réponse de cet ancien membre de la « Commission spé­ciale du Parlement euro­péen sur la cri­mi­na­li­té orga­ni­sée, la cor­rup­tion et le blan­chi­ment de capi­taux », puisqu’il a « jus­ti­fié » la manœuvre d’Areva…