Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Baromètre sur la « compétitivité énergétique » : une grossière manipulation en faveur de l’atome

26 novembre 2012 · ana duarte

La publi­ca­tion par KPMG et l’Institut Choiseul des résul­tats d’un pré­ten­du « baro­mètre mon­dial sur la com­pé­ti­ti­vi­té éner­gé­tique » relève de toute évi­dence d’une opé­ra­tion de pro­pa­gande visant à sou­te­nir l’industrie nucléaire lors du « débat sur l’énergie » orga­ni­sé à par­tir de jeu­di par le gou­ver­ne­ment français.

L’Observatoire du nucléaire invite les citoyens à ne pas se lais­ser abu­ser par les résul­tats de cette étude par­fai­te­ment arbi­traire, comme le prouvent d’ailleurs les propres décla­ra­tions de ses organisateurs :

« Nous avons consi­dé­ré l’existence et la taille d’un parc nucléaire dans un pays comme un apport posi­tif à la sécu­ri­té d’approvisionnement », jus­ti­fie Wilfrid Lauriano do Rego, res­pon­sable éner­gie chez KPMG, qui ajoute que « le nucléaire n’a pas été envi­sa­gé dans cette caté­go­rie du point de vue envi­ron­ne­men­tal » (cf Le Figaro.fr, 25 novembre 2012)

Ces deux affir­ma­tions sont pro­pre­ment sidérantes :

1) Le Japon, la Corée du Sud et la Belgique montrent que la prédominance d’un parc nucléaire implique une très grande vulnérabilité concernant la « sécurité d’approvisionnement ».

En effet :

2) Il est injustifiable que le nucléaire n’ait pas été envisagé du point de vue environnemental.

Si KPMG et l’Institut Choiseul avaient fait un tra­vail impar­tial, ces orga­nismes auraient tenu compte des ravages cau­sés à l’environnement par l’industrie nucléaire, des mines d’uranium (qui conta­minent les régions d’exploitation et y assèchent les nappes phréa­tiques) aux sites de sto­ckage des déchets radio­ac­tifs pour les­quels n’existe aucune solu­tion, sans oublier les conta­mi­na­tions « ordi­naires » autour des cen­trales et celles, effroyables, cau­sées par les catas­trophes comme Tchernobyl ou Fukushima.

La publi­ca­tion de ce pseu­do « baro­mètre mon­dial sur la com­pé­ti­ti­vi­té éner­gé­tique » ne vise qu’à pro­mou­voir indû­ment l’industrie nucléaire lors du « débat sur l’énergie »… qui est lui-même une opé­ra­tion d’enfumage de la part du gou­ver­ne­ment actuel, aus­si pro­nu­cléaire que le précédent…