Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°18

4 octobre 2012 · ana duarte

Vendredi 28 septembre

**L’AIEA et la méthode Coué

Lors de la 56e Conférence géné­rale de l’Agence inter­na­tio­nale pour l’énergie ato­mique (AIEA), le patron de cette ins­tance a ten­té de faire bonne figure et a copieu­se­ment usé de la méthode Coué pour accré­di­ter l’idée que l’atome avait encore de l’avenir. Bien obli­gé de concé­der que Fukushima consti­tuait un « contre­temps », M Amano a néan­moins pré­vu dans tous les cas une aug­men­ta­tion de la pro­duc­tion d’énergie nucléaire, voire même un dou­ble­ment d’ici 2030 !

Sachant que des dizaines, voire des cen­taines de réac­teurs vont fer­mer d’ici là, on se demande bien qui va construire des cen­taines de nou­veaux modèles, où, et avec quel argent. D’autant que la plu­part des pro­jets dis­pa­raissent, comme par exemple en Grande-Bretagne (voir plus bas). Finalement, la seule incon­nue est de savoir si Amano signi­fie « men­teur » ou « aveugle »…

**Voiture électrique et fusion nucléaire : un « Irondelle » ne fait pas le printemps de l’atome

Le trait d’humour est facile, et nous n’y résis­tons pas (titre) : ce curieux article a été rédi­gé par un dénom­mé Julien Irondelle, sans « H » … mais avec une tête de linotte. En effet, si l’avenir de la France est dans la voi­ture élec­trique et la fusion nucléaire, alors pauvre France ! Ceci dit, à l’occasion du Salon de l’auto de Paris, cet oiseau là est loin d’être le seul à écrire des bêtises sur la voi­ture élec­trique, qui serait parait-il « propre ».

Or, comme tout véhi­cule, la voi­ture élec­trique est extrê­me­ment pol­luante (fabri­ca­tion, pneus, bat­te­ries, etc), et encore plus si elle est rechar­gée « au nucléaire » (déchets radio­ac­tifs, catas­trophes nucléaires, etc). Et s’il s’agit de fusion nucléaire, alors la voi­ture res­te­ra à l’arrêt car cela fait 50 ans que le lob­by nucléaire mon­dial échoue dans cette voie, et ce n’est pas ITER qui y chan­ge­ra quelque chose (cf. https://reacteur.iter.free.fr)

Samedi 29 septembre

**Haute-Normandie : l’EPR ou le néant ?

Les chan­tiers des réac­teurs EPR de Finlande et de Flamanville (Manche) sont de tels flops (cf. https://reacteur.epr.free.fr) que… des gens vou­draient bien en lan­cer un autre, en l’occurrence à Penly, en Seine-Maritime. Ce dépar­te­ment est pour­tant le seul de France à comp­ter deux cen­trales nucléaires, à Paluel (4 réac­teurs de 1330 MW) et à Penly (2 réac­teurs de 1330 MW aus­si) ce qui, ensemble, consti­tue une des plus impor­tantes zones de pro­duc­tion d’électricité nucléaire du monde.

Ce n’est pour­tant pas assez pour les poli­tiques locaux et la Chambre de com­merce, qui vou­draient bien ajou­ter un exem­plaire de ce lour­daud d’EPR (1650 MW). D’ailleurs, ce pro­jet a été lan­cé par Sarkozy en per­sonne, en juillet 2008, pour une pose de pre­mière pierre « en 2011 » (Voir dépêche AFP du 03.07.08 )

2011 est pas­sée et « Sarkozium 1er » lui-même n’a pas lan­cé ce chan­tier, dont EDF recon­naît, en pri­vé qu’il n’est pas per­ti­nent : qui vou­drait encore d’un EPR ? Du coup, les PME locales se déses­pèrent et envi­sagent à contre cœur de se tour­ner… vers les éner­gies renou­ve­lables. On les plain­drait presque…

Lundi 1er octobre

**Fessenheim : EDF ne croit pas à la fermeture…

Nous avons déjà évo­qué le carac­tère bien vir­tuel de la « fer­me­ture »annon­cée de la cen­trale nucléaire de Fessenheim. Cette appré­cia­tion est confir­mée… par EDF, qui annonce inves­tir dans cette cen­trale « jusqu’au der­nier jour ». En pariant de toute évi­dence sur le fait que ce ne sera jus­te­ment pas le dernier…

**EPR - Bonne nouvelle pour Areva : les Finlandais ne demandent que 1,8 milliard !

Les Finlandais sont des gens bien éle­vés : alors que le chan­tier EPR compte plus de quatre ans de retard, la socié­té TVO ne réclame que 1,8 mil­liard à Areva, qui doit néan­moins payer aus­si les sur­coûts (le réac­teur a été ven­du 3 mil­liards, prix fixe, c’est à dire lar­ge­ment à pertes, sans quoi les Finlandais ne l’auraient assu­ré­ment pas acheté).

L’EPR était cen­sé entrer en fonc­tion en 2009, aus­si TVO a été obli­gée de trou­ver d’autres sources de pro­duc­tion d’électricité, d’où les péna­li­tés deman­dées à Areva. On note­ra la sobrié­té de l’article des Echos, contras­tant avec l’enthousiasme des articles cou­vrant la vente de l’EPR fin 2003…

Mardi 2 octobre

**Stress-tests : les centrales nucléaires européennes – en particulier les françaises - sont dangereuses

Bien enten­du, ce n’est pas une sur­prise pour qui s’intéresse à l’actualité de l’industrie nucléaire : les cen­trales euro­péennes, et en par­ti­cu­lier les fran­çaises, sont dan­ge­reuses. A dire vrai, il n’y a pas besoin d’un quel­conque rap­port pour conve­nir de ce que de simples humains, si faillibles, ne peuvent pas conce­voir, construire, et exploi­ter des cen­trales nucléaires « sûre ».

Toutefois, le rap­port de l’Union euro­péenne, qui pointe les nom­breuses failles de sûre­té des cen­trales euro­péennes, a le mérite de faire connaître cette véri­té à l’ensemble de la popu­la­tion. A contra­rio, ce rap­port abuse cette même popu­la­tion en lais­sant croire que la sûre­té pour­rait être éta­blie en met­tant en œuvre un cer­tain nombre de recommandations.

Par exemple, des « recom­bi­neurs d’hydrogène » sont cen­sés évi­ter, en situa­tion acci­den­telle, des explo­sions comme celles qui ont eu lieu à Fukushima. Or, le blo­gueur Patrig K montre à quel point cette recom­man­da­tion n’apporte aucune certitude.

Quant à la « Force d’action rapide » deman­dée à EDF par l’Autorité de sûre­té nucléaire fran­çaise (ASN), on se demande com­ment elle aurait pu accé­der à la cen­trale nucléaire du Blayais pen­dant la tem­pête de 1999 : des héli­co­ptères se seraient immé­dia­te­ment écra­sés alors que la seule route d’accès à la cen­trale était sous les flots.

Hélas, sans sur­prise, l’Union euro­péenne ne tire pas les conclu­sions qui s’imposent, elle ne demande pas la moindre fer­me­ture de cen­trale nucléaire. Pour info, voir les 5 cen­trales consi­dé­rées comme les plus dan­ge­reuses d’Europe, toutes situées en France.

**Insécurité nucléaire : le gouvernement français tente de déminer les conclusions de l’Europe

Il y a bien long­temps, le ou la ministre de l’écologie était la seule per­sonne dans le gou­ver­ne­ment (de droite ou de gauche) à être contre le nucléaire. Depuis des années, on a affaire à une nou­velle « race » de ministres de l’écologie, par­fai­te­ment pro­nu­cléaires. On n’imagine pas un ministre de la san­té favo­rable au can­cer ou un ministre du tra­vail favo­rable au chô­mage mais, dès qu’il s’agit de nucléaire, tout devient possible !

Ainsi, alors que l’Union euro­péenne pointe de nom­breuses failles dans la sup­po­sée « sûre­té nucléaire », Mme Batho s’applique à démi­ner ces don­nées en pré­ten­dant que tout est déjà pré­vu par EDF et l’Autorité de sûre­té fran­çaise (ASN). La ministre de l’écologie est avant tout celle du nucléaire, c’est d’ailleurs le pre­mier cri­tère pour sa nomination.

**Laser Mégajoule : « Nous refusons cette course vers la mort »

Moins connu que l’EPR ou que ITER, le Laser Mégajoule (cf. https://laser.megajoule.free.fr) est pour­tant un des plus gros chan­tiers d’Europe. Située au Barp (Gironde), dans un site du Commissariat à l’énergie ato­mique (CEA), cette ins­tal­la­tion dédiée à la fusion nucléaire est cen­sée per­mettre aux mili­taires de mettre au point une nou­velle géné­ra­tion de bombes atomiques.

En effet, les bombes actuelles sont trop puis­santes pour être uti­li­sées, elles ne servent donc qu’à la dis­sua­sion, ce qui désole les mili­taires. Ces der­niers vou­draient bien des bombes nucléaires minia­tu­ri­sées afin de pou­voir s’en ser­vir à l’occasion. C’est le pour­quoi de la construc­tion du Laser Mégajoule (LMJ)… si jamais le CEA arrive au bout de ce chan­tier qui, comme tou­jours avec le nucléaire, connaît de lourds sur­coûts et des pro­blèmes de construction.

Pour rendre accep­table par la popu­la­tion cette ins­tal­la­tion à la fina­li­té insup­por­table, il est expli­qué qu’elle per­met­tra aus­si des appli­ca­tions civiles (dans les lasers et l’optique). Et, ça ne mange pas de pain, qu’elle pour­rait – tout comme ITER – per­mettre de pro­duire une éner­gie « propre, illi­mi­tée et bon mar­ché » : il y a hélas encore des gens qui croient à ces balivernes…

En atten­dant de mani­fes­ter à l’occasion de l’inauguration du LMJ, peut-être en 2014, des asso­cia­tions locales se mobi­lisent, comme Tchernoblaye et Négajoule. A suivre…

Mercredi 3 octobre

**La « renaissance » du nucléaire s’évanouit aussi en Grande-Bretagne

Nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer : pro­duire de l’électricité nucléaire coûte tel­le­ment cher que les seuls pro­jets qui existent encore sont menés par des pays qui dis­posent d’immenses quan­ti­tés de cash, comme la Chine ou cer­tains émi­rats. Mais, même pour ces pays riches, gas­piller de l’argent dans une tech­no­lo­gie mori­bonde n’a rien de très engageant.

C’est pour cela que Abou Dhabi a choi­si des réac­teurs coréens, deux fois moins chers que l’EPR fran­çais. Et c’est pour cela que les Chinois, sol­li­ci­tés de toute part pour sau­ver des pro­jets nucléaires en déroute, renoncent à se lan­cer dans ces voies de garage.

Ainsi, Areva avait sol­li­ci­té China Guangdong Nuclear Power (CGNPC) pour l’aider à rache­ter le bri­tan­nique Horizon et construire des réac­teurs (pro­ba­ble­ment des EPR) outre-Manche. Mais CGNPC n’a pas don­né suite. Bien sûr, il reste EDF, qui a ache­té British ener­gy au prix fort (15 mil­liards), et qui espère aus­si convaincre des Chinois – dont CGNPC ! - pour ses pro­jets de construc­tion d’EPR (rap­pel article de la Tribune du 03/09/2012).

Mais les Britanniques ne sont pas enchan­tés à l’idée de confier leur nucléaire aux tigres Chinois (bien plus inquié­tant que les pigeons fran­çais). De toute façon, les « tigres » en ques­tion semblent fort peu inté­res­sés. Et enfin, comme expli­qué par le quo­ti­dien bri­tan­nique The Telegraph (Cf. revue de presse n°12), les mon­tages envi­sa­gés par Londres et EDF, pour faire payer par les citoyens bri­tan­niques la construc­tion de réac­teurs, seront pro­ba­ble­ment reca­lés par Bruxelles (don­née cru­ciale qui n’est pour­tant pas par­ve­nue jusqu’à l’AFP)

Dans son blog, M. Lauer, jour­na­liste du Monde, appelle de façon ellip­tique le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique à « dis­si­per la brume » qui empêche la relance du nucléaire outre-Manche : sans oser l’écrire, il exige tout sim­ple­ment de lourdes sub­ven­tions pour le nucléaire. Mais, nous l’avons vu, ce ne sera pro­ba­ble­ment pas pos­sible, et tant mieux. Conclusion : il faut envoyer au pilon les cen­taines d’articles qui donnent la Grande-Bretagne comme « preuve » de la renais­sance du nucléaire…

**Démantèlement de Brennilis : encore repoussé !

Arrêté depuis 1985, le réac­teur nucléaire de Brennilis (Finistère) était un petit modèle : sa puis­sance était de 70 MW, contre 900 MW, 1300 MW et 1450 MW pour les 58 réac­teurs actuel­le­ment en ser­vice. Pourtant, le déman­tè­le­ment de ce petit réac­teur res­semble à un long che­min de croix pour EDF : cela donne une idée du désastre à venir lorsqu’il fau­dra déman­te­ler les 58 gros réac­teurs actuels. Sans oublier, aupa­ra­vant, les 9 réac­teurs « graphite-gaz » arrê­tés dans les années 70 et 80, ain­si que les sur­gé­né­ra­teurs Phénix et Superphénix.

Comme à Brennilis, les pre­mières opé­ra­tions de déman­tè­le­ment, les plus faciles et les moins dan­ge­reuses, ont dans la plu­part des cas été enga­gées. Mais c’est main­te­nant qu’il faut s’attaquer au cœur du pro­blème, à savoir les par­ties les plus radio­ac­tives, en par­ti­cu­lier la cuve (dans laquelle se dérou­lait la réac­tion nucléaire) qu’il convient de décou­per en mor­ceaux. Problème : RIEN n’a été pré­vu pour recueillir ces déchets ultra-dangereux. En catas­trophe, EDF a déci­dé de construire une ins­tal­la­tion d’entreposage pro­vi­soire, nom­mée ICEDA, pré­vue dans le site de la cen­trale nucléaire de Bugey (Ain).

L’objectif d’EDF, avec cette ins­tal­la­tion pro­vi­soire, est double :
– pou­voir dire que les cen­trales arrê­tées ne sont pas aban­don­nées et qu’elles seront bien déman­te­lées ;
– gagner du temps afin que tous les cou­pables de cette situa­tion – c’est à dire les gens qui ont ini­tié le nucléaire en France - soient morts et enter­rés, ou du moins de très vieux retrai­tés, lorsque cette véri­table bombe à retar­de­ment (déman­tè­le­ment, déchets radio­ac­tifs) écla­te­ra pour de bon.

Déjà, il n’est plus pos­sible d’aller bot­ter les fesses d’indignes per­son­nages comme MM Guillaumat ou Messmer (lire par exemple sur www.dissident-media.org), et il n’est plus envi­sa­geable de le faire à de « vieux papis » comme MM Boiteux et Giscard d’Estaing. Pour ne citer qu’eux.

Mais les petites manœuvres d’EDF ne fonc­tionnent pas bien : la construc­tion de l’entreposage ICEDA est stop­pée par des recours en jus­tice et, du coup, on retombe sur la réa­li­té : rien n’est pré­vu pour les « pro­duits » du déman­tè­le­ment. Ce der­nier est donc repous­sé. Brennilis devait être la « vitrine » de la pré­ten­due « exper­tise » fran­çaise dans le déman­tè­le­ment. La vitrine est cas­sée. De même que l’EPR devait être la vitrine de la renais­sance du nucléaire. Cela fait beau­coup de verre brisé…

Jeudi 4 octobre

**Nucléaire français : la tactique du fait accompli

Importante offen­sive du PDG d’EDF dans les médias où, il faut croire, il peut s’inviter quand il le désire. Sans le dire exac­te­ment comme cela, Henri Proglio détaille bel et bien la façon dont EDF s’organise pour impo­ser ses vues (pro­nu­cléaires) et empê­cher toute alternative

Cela passe par trois point prin­ci­paux :
– contes­ter la fer­me­ture de la cen­trale de Fessenheim : en lan­çant de coû­teux tra­vaux dans cette cen­trale, en dra­ma­ti­sant les consé­quences d’une telle fer­me­ture, en exi­geant de l’Etat de lourds dédom­ma­ge­ments.
– contes­ter la fer­me­ture éven­tuelle d’autres cen­trales en pré­ten­dant qu’il est pos­sible de bais­ser la part du nucléaire sans fer­mer de cen­trales (à condi­tion… de conti­nuer à faire aug­men­ter la consom­ma­tion d’électricité, pour­tant déjà démen­tielle en France !)
– En rem­pla­çant les nom­breux sala­riés du nucléaire qui partent à la retraite. Cette situa­tion était pour­tant idéale pour accom­pa­gner en dou­ceur (sur le plan social) la sor­tie du nucléaire mais EDF, avec l’aval des gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs, réem­bauche afin de rendre très dif­fi­cile toute alternative.

MM Hollande et Ayrault, leurs ministres et conseillers, sont par­fai­te­ment conscients de cette stra­té­gie du « fait accom­pli ». Ils pour­raient par­fai­te­ment s’y oppo­ser, l’Etat étant action­naire ultra-majoritaire d’EDF. C’est déli­bé­ré­ment qu’ils laissent faire, ce qui leur per­met de per­pé­tuer le nucléaire sans en avoir l’air. Le PS n’a jamais dit qu’il était anti­nu­cléaire, bien au contraire.

Tout cela va se ter­mi­ner en faillite finan­cière majeure, éven­tuel­le­ment accom­pa­gnée d’une ou plu­sieurs catas­trophes nucléaires. On ne pour­ra pas nous accu­ser de ne pas avoir tiré la son­nette d’alarme…

**Une fausse annonce concernant le passage d’un train de déchets nucléaires

Amusante et inté­res­sante ini­tia­tive de petits futés de la région de Limoges, pour sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion au fait que de très dan­ge­reux trans­ports de matières nucléaires ont lieu quo­ti­dien­ne­ment un peu par­tout en France.

Dans la réa­li­té, la popu­la­tion n’est jamais infor­mée de ces trans­ports. Donc, comme le signale l’article, il était facile de com­prendre que c’était une blague. Fort utile néanmoins.

**Insécurité nucléaire : l’ASN française furieuse contre l’Union européenne !

Qu’on se le dise, l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) fran­çaise est furieuse ! Cela fait un an et demi, depuis le début de la catas­trophe de Fukushima, qu’elle déploie d’immenses efforts pour ras­su­rer l’opinion publique fran­çaise et lui faire croire que ses cen­trales sont « sûres ».

A cet effet, appuyée par le lob­by nucléaire, l’ASN avait intri­gué en cou­lisse pour faire res­treindre la por­tée de l’accord euro­péen sur les stress-tests. Mais toutes ces manœuvres sont subi­te­ment balayées par le rap­port de l’Union euro­péenne qui met en lumière la vul­né­ra­bi­li­té des cen­trales en géné­ral, et des cen­trales fran­çaises en par­ti­cu­lier. D’où la colère de l’ASN : à quoi bon men­tir si quelqu’un passe der­rière pour dire la vérité ?

Le Figaro, qui avait publié lun­di en avant pre­mière le rap­port euro­péen, note que la situa­tion des cen­trales fran­çaises s’est subi­te­ment amé­lio­rée, en 3 jours ! Le lob­by nucléaire fran­çais a encore les moyens d’agir, de toute évidence.

Probablement aga­cé d’avoir dû ava­ler des cou­leuvres, le Commissaire à l’Énergie, l’allemand Gunther Oettinger, porte désor­mais le fer sur le régime d’assurance – ou plu­tôt de non-assurance - de l’industrie nucléaire. Il est vrai qu’aucun assu­reur ne veut payer pour les consé­quences d’une catas­trophe comme celle de Fukushima. Ça se comprend