Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°17

27 septembre 2012 · ana duarte

Vendredi 21 septembre

**Japon : la population ne se laisse pas berner par la sortie du nucléaire « d’ici les années 30 »

Témoignage fort utile qui montre que la popu­la­tion japo­naise ne se laisse pas ber­ner par l’annonce de la sor­tie du nucléaire « d’ici les années 30 » , annonce qui signi­fiait en réa­li­té la remise en marche de tout ou par­tie des 48 réac­teurs nucléaires actuel­le­ment arrê­tés. A suivre… Voir aus­si un article de Médiapart.

**Japon : « Nous devons nous préparer à de nouveaux Fukushima »

Intéressante et édi­fiante inter­view du Professeur Norichika Kanie, spé­cia­liste des enjeux environnementaux.

**Pour une interdiction totale du nucléaire, par le Pr. Mitsuehi Murata

Vidéo du Pr Mitsuhei Murata, ancien ambas­sa­deur du Japon en Suisse, pro­fes­seur émé­rite à l’Université Tokaigakuen, lors d’une ses­sion d’information de la Coalition contre le Nucléaire du 20 Septembre 2012.

**EPR finlandais : selon Areva, il n’y aurait « que » 5 ans et demi de retard !

Luc Oursel, le mon­sieur qui a gen­ti­ment savon­né la planche de sa patronne Anne Lauvergeon pour prendre sa place, est très content : l’EPR fin­lan­dais devrait être livré fin 2014. Pour mémoire, ce sup­po­sé « bijou », ou « fleu­ron du nucléaire fran­çais », devait entrer en ser­vice à la mi-2009.

Quatre ans pour fabri­quer un réac­teur nucléaire, c’était la per­for­mance pro­mise par Areva. A l’arrivée, ce sera 9 ans et demi, et pro­ba­ble­ment plus : en juillet, les Finlandais ont fait savoir que la livrai­son se ferait au mieux en 2015. Reste à savoir s’il explo­se­ra à la mise en ser­vice ou plus tard…

**Fin du nucléaire au Québec : les syndicats aussi obtus que la CGT française

Le Québec a (enfin) la bonne idée de fer­mer sa cen­trale nucléaire. Aussitôt, comme en France à pro­pos de la fer­me­ture annon­cée de la cen­trale de Fessenheim, des syn­di­cats montent au secours de l’atome. Totalement favo­rables à ce que le nucléaire soit impo­sé par la force et sans la moindre dis­cus­sion, voi­là qu’ils réclament de la concer­ta­tion dès qu’il est ques­tion d’arrêter un réacteur.

Et ils ont des argu­ments : des gens tra­vaillent dans la cen­trale, des com­mer­çants tiennent bou­tique à proxi­mi­té, les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales béné­fi­cient d’une manne ines­pé­rée. Mais, si ces argu­ments sont valables, alors ils le seront encore dans 10 ans, 30 ans, 150 ans : la cen­trale nucléaire ne pour­ra jamais être fer­mée. Pour mémoire, à inves­tis­se­ment égal, les alter­na­tives créent 10 à 15 fois plus d’emplois que le nucléaire. De quoi inté­res­ser un syn­di­cat… s’il n’est pas aveu­glé par l’atome.

Samedi 22 septembre

**Les gendarmes contrôlent les bus mais pas la centrale nucléaire

Curieux voi­si­nage, sur cette page du site web de La Nouvelle République, entre un article sur les essais de la cen­trale nucléaire de Saint-Laurent et un autre sur les contrôles par les gen­darmes des bus scolaires.

Non pas que ces der­niers contrôles soient inutiles, bien au contraire. Mais pour assu­rer vrai­ment la sécu­ri­té des éco­liers, col­lé­giens et lycéens, et de tout le monde en fin de compte, les gen­darmes auraient pu pro­fi­ter de l’arrêt simul­ta­né des deux réac­teurs pour « cof­frer » les diri­geants de la cen­trale. On peut tou­jours rêver…

Dimanche 23 septembre

**Fukushima : alerte à la piscine du réacteur… n°3 !

Ne cher­chez pas chez les médias clas­siques, il n’y a à ce jour aucune infor­ma­tion sur ce qui s’est pas­sé à la pis­cine de com­bus­tibles du réac­teur n°3 de Fukushima. Alors que le pire dan­ger reste celui de la pis­cine du réac­teur n°4, un acci­dent s’est pro­duit dans celle du réac­teur voisin.

Le site Fukushima-Informations explique l’affaire et met en ligne une petite vidéo sai­sis­sante où l’on voit effec­ti­ve­ment une gosse poutre métal­lique tom­ber dans cette pis­cine. Celle-ci contient certes moins de barres de com­bus­tible que celle du réac­teur 4, mais il y en a quand même près de 600, dont 52 de MOX, com­bus­tible au plu­to­nium, livré par Areva. De quoi cau­ser un effroyable désastre planétaire.

Or, la chute de cette poutre peut dépla­cer les barres et lan­cer une réac­tion de cri­ti­ci­té. Ceux qui croient que, à Fukushima, le dan­ger dimi­nue avec le temps, se trompent lour­de­ment. Notons aus­si pour finir, chez Gen 4, une curieuse his­toire de pho­to gros­siè­re­ment tru­quée par Tepco, l’exploitant japonais.

**Uranium : des réserves pour 100 ans… ou pour 10 ans ?

Le Blog finance, qui a pour­tant par­fois des ana­lyses bien vue sur le nucléaire, semble s’être lais­sé abu­ser par la pro­pa­gande de l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN-OCDE) et celle de l’Agence inter­na­tio­nale pour l’énergie ato­mique (AIEA) sur les réserves d’uranium.

On nous dit que, au rythme actuel, l’industrie de l’atome a des réserves de com­bus­tible pour près de 100 ans. Ces ins­ti­tu­tions du lob­by de l’atome annoncent aus­si des cen­taines, voire des mil­liers de nou­veaux réac­teurs. Cela n’arrivera heu­reu­se­ment pas, car c’est beau­coup trop cher, mais en ima­gi­nant 10 fois plus de réac­teurs (ce serait donc un cau­che­mar), le nucléaire cou­vri­rait à peine 10% de la consom­ma­tion mon­diale d’énergie et, de plus, il ne res­te­rait alors de l’uranium… que pour 9 ou 10 ans !

On voit donc que le nucléaire n’est pas seule­ment une « solu­tion » irres­pon­sable (au vu des risques), il faut aus­si com­prendre que ce n’est PAS une solu­tion, d’un simple point de vue quan­ti­ta­tif. CQFD.

**Une « roche-espion » explose près d’un site nucléaire iranien !

Curieuse affaire que celle de cette « roche espion » qui explose, à moins que ce ne soit une « roche explo­sive » qui espion­nait. Si les cailloux nous sur­veillent eux-aussi, alors nous sommes cer­nés. Et que dire de la fameuse mai­son en pierres, située dans le vil­lage stra­té­gique de Saint-Macaire ? (cf revue de presse de la semaine dernière).

Revenons à notre roche qui, semble-t-il, espion­nait le site nucléaire ira­nien de Qom, dont l’existence n’aurait été décou­verte par les Occidentaux qu’en 2009. Il s’agit d’un site d’enrichissement de l’uranium, pierre angu­laire (et explo­sive) du pro­gramme nucléaire iranien.

Pour mémoire, des pays qui enri­chissent l’uranium (USA, Grande-Bretagne et France en tête) trouvent insup­por­table que l’Iran veuille en faire autant, et lui jettent donc la pierre. Nous revien­drons bien­tôt sur ce dos­sier com­plexe que nous venons d’évoquer de façon lapidaire.

**Enquête sur les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima

Document édi­fiant. Bravo aux per­sonnes qui l’ont tra­duit en fran­çais et mis à la dis­po­si­tion de toutes et tous.

Lundi 24 septembre

**Rendez-vous devant le tribunal de Cherbourg le 9 octobre à 10 heures

Extraits, sans besoin de com­men­taires : « Le 23 novembre der­nier, aux alen­tours de Valognes dans la Manche, 800 per­sonnes se met­taient en tête de retar­der un train de déchets radio­ac­tifs et y réus­sirent. » « Six mois plus tard, on a lâché toute bride à la police et le camp anti-THT de Montabot se ter­mi­nait avec vingt-cinq bles­sés dont trois graves ». « Ensuite, c’est une véri­table défer­lante de pro­cé­dures judi­ciaires qui s’abat sur tous ceux qui résistent au nucléaire dans la région »…

Conclusion : Rendez-vous devant le tri­bu­nal de Cherbourg le 9 octobre à 10 heures !

**Nucléaire : 23 centrales (74 réacteurs) pourraient être touchées par des tsunamis

Le site Futura-Sciences, sou­vent cou­pable d’aveuglement scien­tiste et de pro­mo­tion de l’atome, fait ici oeuvre utile en ren­dant compte d’une étude qui montre que 23 cen­trales nucléaires, pour un total de 74 réac­teurs, pour­raient être tou­chées par un Tsunami dévastateur.
Notons que 19 des 27 réac­teurs en chan­tier en Chine sont concer­nés par ce risque extrême : il sera édi­fiant de voir les déci­sions prises – ou non - par les auto­ri­tés chi­noises qui, actuel­le­ment, sont cen­sées tirer des ensei­gne­ments de la catas­trophe de Fukushima. A suivre…

Mardi 25 septembre

**Areva compte livrer 30.000 tonnes d’uranium à EDF sur 21 ans

Évidemment, com­pa­rée à la durée de vie des déchets radio­ac­tifs (des cen­taines de mil­liers d’années), une période de 21 ans n’a rien d’une éter­ni­té. Pourtant, l’accord signé par EDF et Areva semble extrê­me­ment auda­cieux : au vu de l’état des finances d’Areva, de celles d’EDF, de la déprime géné­ra­li­sée de l’industrie nucléaire mon­diale, qui peut dire qu’Areva sera encore là en 2035 pour four­nir de l’uranium, et EDF pour en prendre livraison ?

Certes, ces deux socié­tés sont déte­nues par l’État fran­çais qui, de fait, est sup­po­sé assu­mer les fac­tures gigan­tesques que l’industrie nucléaire ne va pas man­quer de poser sur la table, après avoir pré­ten­du pen­dant des décen­nies qu’elle était ren­table. Mais les États, et la France en l’occurrence, sont for­te­ment endet­tés et payent de lourds inté­rêts à des forces finan­cières… qui ont elles-mêmes orga­ni­sé ces endet­te­ments (mais c’est une autre histoire…).

Du coup, impos­sible de dire si EDF et Areva (dont les actions en bourse tournent actuel­le­ment autour de 15 euros, après avoir dépas­sé 80 il y a quelques mois) pour­ront être ren­floués. Sans par­ler des risques d’accidents nucléaires et leurs consé­quences sani­taires… et finan­cières. Alors, les livrai­sons d’uranium en 2035…

**La Suisse va éradiquer ses 250 000 chauffages électriques !

Bien sûr, 250 000 chauf­fages élec­triques en Suisse, c’est presque négli­geable par rap­port aux 60 mil­lions qui ont été ins­tal­lés en France pour « jus­ti­fier » l’existence de 58 réac­teurs nucléaires. Résultat, il y a en France huit fois plus de convec­teurs par habi­tants qu’en Suisse. Mais ce sont les Helvètes qui donnent le bon exemple en déci­dant la fin du nucléaire (pas avant 2034, hélas) et en pre­nant à cette effet les déci­sions qui s’imposent, en par­ti­cu­lier éra­di­quer l’absurdité du chauf­fage électrique.

Pour mémoire, dès qu’il fait un peu froid (et plus encore lorsqu’il fait très froid), la France est obli­gée d’importer mas­si­ve­ment de l’électricité pour ali­men­ter ses mil­lions de convec­teurs. Encore une réus­site « lumi­neuse » du lob­by nucléaire : la France est auto­nome pour son chauf­fage… sauf lorsqu’il fait froid. Merci pour tout.

**Nucléaire : les experts internationaux sont-ils bien indépendants ? (Non !)

Les cuves de deux réac­teurs nucléaires belges, et d’une ving­taine dans le monde, sont multi-fissurées (cf revues de presse 10, 11, 12 et 14). Du coup, des « experts » ont été dési­gnés par l’Agence fédé­rale belge de contrôle nucléaire (AFCN), pour dire si ces réac­teurs peuvent ou non conti­nuer à fonctionner.

La Radio télé­vi­sion belge fran­co­phone (RTBF) pose la ques­tion, et apporte d’ailleurs des réponses fort édi­fiantes : est-il nor­mal que l’on trouve, par­mi ces « experts », des mili­tants acquis à la cause de l’industrie de l’atome ? Là aus­si, il va être édi­fiant de voir quelles recom­man­da­tions vont être émises par ces curieux experts pris en fla­grant délit de conflit d’intérêt. Le nucléaire fis­sure aus­si la démocratie…

**Nucléaire : EDF trahit AREVA pour séduire les Chinois !

Nous avons déjà sou­vent évo­qué les déboires incom­men­su­rables ren­con­trés par Areva et EDF sur leurs chan­tiers de réac­teur EPR, res­pec­ti­ve­ment en Finlande et à Flamanville (Manche). On apprend aujourd’hui que EDF et Areva se livrent une véri­table guerre secrète pour révé­ler leurs « secrets de fabri­ca­tion » aux Chinois. Autrement dit, si on com­prend bien, pour révé­ler aux Chinois com­ment ne pas par­ve­nir à construire des réac­teurs nucléaires. Si le « savoir-mal faire » du nucléaire fran­çais est expor­té, on se demande bien à quoi EDF et Areva vont pou­voir s’occuper dans les années à venir…

Mercredi 26 septembre

**Une enquête sur le nucléaire, Areva, l’Etat et les réseaux du pouvoir

Une bonne pré­sen­ta­tion du livre « Areva mon amour », de Thierry Gadault. On savait déjà que le lob­by nucléaire fran­çais était divi­sé et que les luttes de per­sonnes étaient sans pitié, mais c’est quand même amu­sant et récon­for­tant de le lire avec de nom­breux détails…

**Le nucléaire français développe… le charbon !

Prenant les gens pour des imbé­ciles, le lob­by nucléaire pré­tend depuis des années qu’il agit pour « sau­ver la pla­nète » en limi­tant le recours au char­bon et donc les émis­sions de co2. Hélas, divers médias relaient conscien­cieu­se­ment cette gros­sière propagande.

Mais le busi­ness étant ce qu’il est, nos fiers « com­bat­tants contre le co2 », EDF en tête, n’hésitent pas à construire… des cen­trales au char­bon, un peu par­tout dans le monde. A médi­ter par ceux qui croient encore que l’industrie nucléaire est une « amie » de l’environnement…

Jeudi 27 septembre

**Enième effet d’annonce pour le projet nucléaire de Béléné (Bulgarie)

Annoncé puis annu­lé à de nom­breuses reprises depuis des années, le pro­jet de cen­trale nucléaire bul­gare à Béléné est l’objet d’un nou­vel effet d’annonce avec un hypo­thé­tique inves­tis­seur amé­ri­cain. Rendez-vous dans quelques semaines ou quelques mois pour l’annulation…

**Déchets nucléaires : le cauchemar continue… y compris pour Mme Merkel

Angela Merkel a été enten­due ce jour à Berlin devant une com­mis­sion d’enquête par­le­men­taire sur le site de sto­ckage de déchets nucléaires de Gorleben. On lui reproche, alors qu’elle était ministre de l’environnement (1994-1998), d’avoir favo­ri­sé le choix de cette mine de sel comme site de sto­ckage ultime sans tenir compte des avis scien­ti­fiques, qui en auraient recom­man­dé 4 autres.

C’est donc l’occasion de rap­pe­ler le désastre en cours dans la mine de sel de Asse où 110 000 fûts de déchets radio­ac­tifs ont été sto­ckés pré­ten­du­ment « en toute sécu­ri­té » dans une couche géo­lo­gique dite « par­fai­te­ment imper­méable ». De fausses pro­messes hier pour un vrai drame aujourd’hui. Mais les mêmes pro­messes sont de mise à nou­veau pour enfouir les déchets radio­ac­tifs, dans divers pays (par exemple en France, à Bure), comme si rien ne se pas­sait à Asse…