Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Fermeture de Fessenheim fin 2016 : un leurre !

14 septembre 2012 · ana duarte

Le dis­cours pro­non­cé par M. Hollande à l’ouverture de la Conférence envi­ron­ne­men­tale s’est révé­lé aus­si « brillant » que celui de M. Sarkozy lors du Grenelle de l’environnement. On a pu entendre les mêmes belles paroles concer­nant la « pro­tec­tion de l’environnement », les « éco­no­mies d’énergie », le « déve­lop­pe­ment des éner­gies renou­ve­lables » mais, comme avec M. Sarkozy, rien ne per­met de croire qu’elles seront sui­vies d’effets.

Au contraire, on a pu noter en par­ti­cu­lier que M. Hollande annon­çait « la moder­ni­sa­tion de l’industrie nucléaire ». Il s’agit concrè­te­ment d’autoriser EDF à inves­tir des dizaines mil­liards pour rafis­to­ler les réac­teurs exis­tants et pour ten­ter de ter­mi­ner le chan­tier de l’EPR de Flamanville. Cela signi­fie aus­si la conti­nua­tion des pro­jets absurdes comme ITER (fusion nucléaire) et ASTRID (sur­gé­né­ra­teur de type Phénix), pour­tant voués à l’échec.

La fer­me­ture de la cen­trale nucléaire de Fessenheim est annon­cée pour « fin 2016 », c’est à dire en pleine cam­pagne de l’élection pré­si­den­tielle de 2017, qui aura lieu quelques mois plus tard. Or, une cen­trale nucléaire « fer­mée » en décembre pour­ra être réac­ti­vée en mai sui­vant, et EDF ne man­que­ra pas de s’y pré­pa­rer. Pour que cette fer­me­ture soit réelle et irré­ver­sible, il aurait fal­lu la déci­der en début de man­dat, et com­men­cer immé­dia­te­ment les pre­mière opé­ra­tions de déman­tè­le­ment (par­ties non radioactives).

Il est en effet pro­bable que cette fer­me­ture sera annu­lée par le pro­chain Président… même si c’est Hollande lui-même, car il aura un pré­texte tout trou­vé : EDF s’apprête à inves­tir des mil­lions dans les réac­teurs de Fessenheim et le futur Président, Hollande ou un autre, n’aura plus qu’à dire : « On ne va pas fer­mer cette cen­trale après y avoir consa­cré tant d’argent ». Au besoin, il pour­ra aus­si s’appuyer sur la consom­ma­tion élec­trique hiver­nale dopée de façon absurde par le chauf­fage élec­trique… lui même impo­sé en France pour jus­ti­fier le nucléaire !

Enfin, il faut noter que l’opération de com­mu­ni­ca­tion à laquelle se résume cette pseu­do « Conférence envi­ron­ne­men­tale » est cau­tion­née, comme le Grenelle il y a 5 ans, par des « ONG » à la repré­sen­ta­ti­vi­té incer­taine, sou­vent finan­cées par les pires pol­lueurs (WWF, FNE, Fondation Hulot, etc) choi­sies de façon arbi­traire par l’Élysée pour leur capa­ci­té à cau­tion­ner la poli­tique du gouvernement.