Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°15

13 septembre 2012 · ana duarte

Vendredi 7 septembre

**Un numéro spécial de Charlie Hebdo : « L’escroquerie nucléaire » !

N’allons pas par quatre che­mins : superbe ini­tia­tive de Charlie-Hebdo, beau tra­vail du jour­na­liste Fabrice Nicolino, avec des rap­pels his­to­riques, des expli­ca­tions tech­niques (jusque ce qu’il faut), des por­traits de per­sonnes qui comptent (comme Annie Thébault-Mony, Didier Anger, Mycle Schneider, etc).

Et puis ce qui fait le charme habi­tuel de Charlie : iro­nie grin­çante, cari­ca­tures bien sen­ties et, bien sûr, 66 pages exemptes de toute publi­ci­té. Même pas d’EDF ou d’Areva ! C’est 6 euros en France métro­po­li­taine, 7 dans les DOM-TOM… mais aus­si en Belgique, peut-être à cause des fis­sures dans les cuves des réac­teurs, allez savoir…

**Fermeture très incertaine de Fessenheim : satisfaction à EELV !

Les mau­vaises langues diront que c’est du fait de sa par­ti­ci­pa­tion à la majo­ri­té PS que EELV avale sans hési­ter de grosses cou­leuvres radio­ac­tives. C’est du moins ce que l’on peut pen­ser en décou­vrant la satis­fac­tion d’EELV (tant au niveau natio­nal qu’alsacien) à la suite des décla­ra­tions de la ministre de l’ « éco­lo­gie », la très pro­nu­cléaire Delphine Batho.

En poli­ti­cienne déjà expé­ri­men­tée, celle-ci a décla­ré que la cen­trale de Fessenheim serait fer­mée « le plus tôt pos­sible », ce qui signi­fie en réa­li­té… « le plus tard pos­sible » ! Voire jamais : une « fer­me­ture » décré­tée à la fin du man­dat pré­si­den­tiel de François Hollande sera très pro­ba­ble­ment annu­lée par son suc­ces­seur… même si c’est lui-même !

D’ailleurs, pour ceux qui n’auraient pas com­pris, la dame Batho ajoute que la fer­me­ture devra se faire « …dans des condi­tions tech­ni­que­ment et socia­le­ment res­pon­sables qui per­mettent de garan­tir la sécu­ri­té élec­trique, la recon­ver­sion du site et la pré­ser­va­tion des emplois ». Ouf ! Elle a juste oublié d’ajouter « les mains atta­chées dans le dos et les yeux ban­dés ». Un bou­lot pour EELV…

**L’Espagne fermera la doyenne de ses centrales nucléaires en juillet 2013

La majo­ri­té des cen­trales nucléaires en ser­vice sur la pla­nète sont anciennes, voire très anciennes. A tel point que, même quand l’exploitant et le gou­ver­ne­ment concer­nés sont pro­nu­cléaires, ils doivent de plus en plus sou­vent se résoudre à fer­mer des cen­trales. Si tout va bien, le vieux réac­teur de Garoña (Province de Burgos, au nord de l’Espagne) devrait être arrê­té en juillet pro­chain. Touchons du bois, l’accident grave est très pos­sible dans cette ins­tal­la­tion antique…

**Une tribune carrément antinucléaire dans Le Monde !

Tribune dans le Monde : « La dan­ge­reuse impos­ture nucléaire »

Rien à rajou­ter à cette tri­bune d’un pro­fes­seur de phi­lo­so­phie qui démontre au pas­sage que la science est une chose trop impor­tante pour la lais­ser aux mains des scien­tistes… et des indus­triels. Si les humains se remettent à pen­ser, alors il y a peut-être de l’espoir.

Quant au quo­ti­dien Le Monde, il a déjà publié des choses très défa­vo­rables à l’atome, par exemple ici ou ici, mais dans ce second cas c’était peu de temps avant d’affirmer en Edito (qui est cen­sé don­ner le point de vue offi­ciel de la rédac­tion) que le nucléaire était « une éner­gie propre » (Edito daté du 28 juin 2011). Allez y com­prendre quelque chose…

**Fukushima : M. Sylvestre (Libération) vole encore au secours du nucléaire

Si vous sui­vez l’actualité du nucléaire et plus par­ti­cu­liè­re­ment celle de Fukushima, vous savez qu’un désastre incom­men­su­rable menace du fait de mil­liers de barres de com­bus­tible ultra radio­ac­tives sto­ckées de façon pré­caire dans la pis­cine du réac­teur 4.

Après avoir igno­ré ce ter­rible péril pen­dant des mois, les « grands médias » s’y inté­ressent depuis peu : mieux vaut tard que jamais ! Par exemple, nous avons der­niè­re­ment évo­qué l’article de Vincent Jauvert dans le Nouvel obser­va­teur.

Hé bien sachez que cela ne plait pas du tout à M Sylvestre Huet, jour­na­liste ultra-pronucléaire de Libération (le quo­ti­dien sur­veillé par Mme Lauvergeon, la « reine de l’atome »). Sur son blog, il déploie donc une grande éner­gie pour dis­cré­di­ter ses col­lègues qui osent évo­quer la gra­vi­té de la situa­tion à Fukushima.

M. Sylvestre se pré­ci­pite ain­si sur une erreur for­melle : Vincent Jauvert a écrit que la fameuse pis­cine n’était pro­té­gée que par une bâche, ce qui était par­fai­te­ment vrai, mais celle-ci a der­niè­re­ment été rem­pla­cée par une cou­ver­ture métal­lique. Cette nou­velle cou­ver­ture est presque aus­si déri­soire que la bâche mais, pour M Sylvestre, l’important est l’erreur for­melle de son col­lègue, et pas la gra­vi­té de la situation !

La pis­cine ayant été recou­verte, le Nouvelobs a com­mis une erreur – direc­te­ment liée à la pré­cé­dente - en entou­rant, sur la pho­to publiée, un espace recou­vert d’un filet bleu qui donne effec­ti­ve­ment le sen­ti­ment d’être une pis­cine. Pour M Sylvestre, c’est la preuve abso­lue que son col­lègue délire. Il en oublie que la pho­to montre un réac­teur nucléaire tota­le­ment rava­gé, situa­tion dont lui et tous les pro­nu­cléaires avaient juré des mil­liers de fois depuis des années qu’elle ne pou­vait pas se produire !

Ensuite, ne crai­gnant pas de se contre­dire, M Sylvestre recon­naît quand même qu’il y a un risque majeur avec cette pis­cine, mais en ajou­tant que « Des ren­forts métal­liques ont été fixés sous la struc­ture et du béton a été cou­lé pour la ren­for­cer ». Ouf, nous voi­là rassurés !

Mais, fina­le­ment, ce que M. Sylvestre reproche le plus à son col­lègue et à divers médias, c’est de s’être sou­dai­ne­ment inté­res­sés à cette pis­cine alors que, lui, il en par­lait depuis mai 2011. Oui, il en par­lait, mais… à sa façon bien ras­su­rante. Et voi­là tout son tra­vail de pro­pa­gande pro-nucléaire subi­te­ment balayé ! Pauvre M Sylvestre, pauvre Mme Lauvergeon (sa surveillante)…

Dimanche 9 septembre

**Uranium/Niger : on a retrouvé la trace des otages… et perdu celle d’Anne Lauvergeon !

Des sala­riés tra­vaillant pour l’industrie nucléaire fran­çaise, et prin­ci­pa­le­ment pour Areva, ont été enle­vés au Niger en sep­tembre 2010. Par la suite, d’autres per­sonnes ont été enle­vées et deux jeunes, Antoine de Léocour et Vincent Delory, qui n’avaient pour­tant rien à voir avec le nucléaire, ont vrai­sem­bla­ble­ment été sacri­fiés pour pré­ser­ver les inté­rêts – conver­gents à cette époque - d’Areva et de M. Sarkozy. Voir les com­mu­ni­qués de l’Observatoire du nucléaire sur le sujet : 11 jan­vier 2011, 1er octobre 2010, 21 sep­tembre 2010 et 19 février 2010.

Aujourd’hui, les 4 pre­miers otages, qui approchent de deux ans de cap­ti­vi­té, reviennent dans l’actualité par l’intermédiaire d’une vidéo dif­fu­sée par leurs ravis­seurs. Un de ces otages accuse Areva d’être « plei­ne­ment res­pon­sable de ce qui est arri­vé. […] Il y a peut-être un prix fort à payer, mais ce prix est à la hau­teur du manque de pré­cau­tions pré­ven­tives […] qui n’ont pas été prises. »

Or, qui diri­geait Areva à l’époque, et n’a donc pas dai­gné finan­cer les « pré­cau­tions pré­ven­tives » ? Anne Lauvergeon, aujourd’hui grande sur­veillante du quo­ti­dien Libération, lequel traite aujourd’hui des otages (bien obli­gé). Le jour­na­liste auteur de l’article, c’est à noter, prend donc quelques risques en écri­vant : « Au len­de­main du rapt des sala­riés d’Areva et de Sogea-Satom, l’ex-président Nicolas Sarkozy avait ver­te­ment tan­cé les diri­geants de la com­pa­gnie, les accu­sant d’avoir négli­gé la menace d’un enlè­ve­ment dans une zone iso­lée à risques. »

Car, « les diri­geants de l’entreprise », à l’époque, cela vise direc­te­ment Atomic Anne. Par contre, il est bien pru­dent de se cacher der­rière un avis de M. Sarkozy : ce serait bien mieux d’enquêter et de voir si, quand, com­ment et pour­quoi Anne Lauvergeon n’a pas fait le néces­saire à l’époque, et est donc co-responsable de l’enlèvement des mal­heu­reux otages. Mais ça, parions qu’on ne le lira pas dans Libération… (ni ailleurs ?)

**La lettre du maire de Plogoff à Fabienne Stich (maire de Fessenheim)

Fin de par­cours pour les cou­ra­geux anti­nu­cléaires cyclistes par­tis de Plogoff le 5 août. Bravo à eux… d’autant qu’il semble qu’ils aient fina­le­ment dopé leurs reven­di­ca­tions : « Fermer Fessenheim main­te­nant, en 2012. », c’est quand même mieux que de deman­der un « calen­drier de fer­me­ture ». Le bilan de cette aven­ture est néan­moins un peu dépri­mant selon un par­ti­ci­pant.
Notons que Mme Stich, maire de Fessenheim, a pris soin de fer­mer sa mai­rie au nez des mani­fes­tants. Ceci dit, on la com­pren­drait presque : si elle recon­nais­sait la dan­ge­ro­si­té de la cen­trale, elle se ferait « décou­per en tranche » par les nucléo­crates locaux. Pensez-donc, Fessenheim est le seul endroit de France où la CGT a ouver­te­ment sou­te­nu Sarkozy, dans l’espoir de per­pé­tuer la centrale…

**La grosse poubelle de Bure en festival

La 3ème édi­tion du Petit fes­ti­val contre la grosse pou­belle nucléaire de Bure aura lieu du 14 au 16 sep­tembre à Bonnet, près de Bure, ce petit vil­lage meu­sien où est pré­vu le crime de l’enfouissement des déchets nucléaires ultimes. Si vous le pou­vez, allez-y !

Lundi 10 septembre

**Ligne THT : ce petit village normand qui résiste encore

Remarquable repor­tage de Bastamag sur le tota­li­ta­risme ato­mique en action : le nucléaire et ses lignes THT passent en force, à grands ren­forts de gen­darmes mobiles, de matra­quages, de gaz lacry­mo­gène, de sur­veillance, d’arrestations, mais aus­si de « cor­rup­tion légale » (des sommes énormes pour ache­ter les col­la­bo­ra­tions), etc. Cela se passe en France en 2012.

**Inde : la plus grande démocratie radioactive du monde…

On lit par­fois que l’Inde serait « la plus grande démo­cra­tie du monde ». Quand bien même ce serait vrai de façon géné­rale (ce qui reste à prou­ver), force est de consta­ter une fois de plus que la démo­cra­tie s’arrête à où com­mence le nucléaire.

En effet, la popu­la­tion se mobi­lise en masse contre les pro­jets de cen­trales (pro­jet d’Areva à Jaitapur ; pro­jet russe à Kudankulam), et les auto­ri­tés indiennes répondent par la vio­lence, la répres­sion et les assas­si­nats : déjà deux mani­fes­tants tués par les forces de police, un à Jaitapur, et main­te­nant un à Kudankulam.

L’Inde, une démo­cra­tie ? Allons donc, bien au contraire : on se croi­rait en France ! (Pour mémoire, un mani­fes­tant, Vital Michalon, a été tué par une gre­nade de la police devant Superphénix en 1977)

Mardi 11 septembre

**Hulot, le grand retour (du nucléaire)

On recon­naî­tra à Nicolas Hulot un seul mérite sur la ques­tion du nucléaire, c’est qu’il ne change pas de posi­tion : oui, dit-il, c’est une éner­gie dont il fau­dra se pas­ser mais, comme il l’avait déjà fait lors de la « pri­maire verte », il pose tant de condi­tions avant d’agir… que les cen­trales ont de belles années et même des décen­nies devant elles !

Le jeu de l’animateur de télé est lim­pide : « Commençons par tra­vailler sur l’efficacité éner­gé­tique qui est le vrai gise­ment dont nous dis­po­sons pour limi­ter notre consom­ma­tion, et au pas­sage nos impor­ta­tions de pétrole et de gaz. Une fois ce chan­tier bien avan­cé, nous aurons une meilleure visi­bi­li­té pour abor­der serei­ne­ment le débat sur la place du nucléaire en France. »

Hulot se moque du monde : si jamais toutes ces condi­tions sont un jour réunies, on n’arrêtera pas pour autant le nucléaire : on pour­ra… se pré­pa­rer à en débattre serei­ne­ment ! Et pour dis­qua­li­fier toute option d’arrêt du nucléaire, M Hulot assène aus­si « Je ne suis pas sûr que nous ayons le choix d’en sor­tir immédiatement ».

Mais sait-il que le Japon a fer­mé 54 réac­teurs en un peu plus d’un an ? Et donc que la France peut en fer­mer 58, met­tons en deux ans ? Non, il ne sait pas. Ou plu­tôt, il ne veut pas savoir : cher­chez bien, il n’a jamais rien fait contre le nucléaire. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’il va commencer…

Mercredi 12 septembre

**Un an après l’accident nucléaire de Marcoule, où en sommes-nous ?

Initiative salu­taire de la Coordination anti­nu­cléaire du Sud-est qui revient sur l’accident nucléaire du 12 sep­tembre 2011, sur les men­songes de l’exploitant Centraco-EDF, de l’Autorité de sûre­té, de l’écoeurante ministre de l’ « éco­lo­gie » Kosciusko-Morizet qui avait osé décla­rer qu’il ne s’agissait… pas d’un acci­dent nucléaire (il est vrai que son maître à ne pas pen­ser, le dénom­mé Nicolas Sarkozy, pré­ten­dait la même chose à pro­pos de Fukushima, alors…)

Jeudi 13 septembre

**Suisse : selon une conseillère fédérale ex-pronucléaire, sortir du nucléaire ne coûte pas si cher…

Félicitations et encou­ra­ge­ments à Doris Leuthard : cette Conseillère fédé­rale suisse, char­gée en par­ti­cu­lier de l’énergie, était aupa­ra­vant favo­rable à l’atome. Avec Fukushima, elle a com­pris – contrai­re­ment à la majo­ri­té des pro­nu­cléaires, inca­pables de recon­naître la réa­li­té - que le même désastre pou­vait arri­ver en Suisse.

Du coup, elle agit pour l’arrêt du nucléaire et explique même que cela ne coû­te­rait pas si cher. Rappelons d’ailleurs que tous les coûts de la sor­tie du nucléaire sont impu­tables… aux pro-atomes : s’ils n’avaient pas construit leurs sata­nées cen­trales, il n’y aurait pas besoin de les fer­mer aujourd’hui…

**Décryptage : comment relancer le nucléaire en annonçant sa fin !

Il ne s’agit là que de fuites avant les annonces offi­cielles que nous évo­que­rons assu­ré­ment la semaine pro­chaine. Mais la dupe­rie est déjà en marche, de nom­breux articles et repor­tages clai­ronnent que le Japon a déci­dé de tour­ner défi­ni­ti­ve­ment le dos à l’atome. Sauf que.

Sauf qu’actuellement 52 réac­teurs sur 54 sont arrê­tés au Japon, et annon­cer que « Le nucléaire sera arrê­té d’ici les années 2030 » signi­fie expli­ci­te­ment que le pou­voir poli­tique veut remettre en marche la majo­ri­té, voire la plu­part des réac­teurs arrêtés !

Notons d’ailleurs que « d’ici les années 30 » va jusqu’à décembre 2039 ! Reuters a donc bien fait de pré­ci­ser « vers 2030-2040 ». Et 2040, c’est dans 28 ans : le parc nucléaire japo­nais a de beaux jours devant lui !

Nous avons vu en début de revue de presse que, quand Mme Batho annonce que Fessenheim sera fer­mée « le plus vite pos­sible », cela signi­fie exac­te­ment l’inverse : « le plus tard pos­sible » ! Ici, la « sor­tie du nucléaire » japo­naise signi­fie la remise en marche des réac­teurs. Les médias sautent à pieds joints dans le pan­neau mais, c’est évident, la popu­la­tion japo­naise ne se lais­se­ra pas tromper.

Le risque est donc grand de voir le pou­voir japo­nais s’inspirer de la « démo­cra­tie nucléaire » telle qu’elle est pra­ti­quée par exemple en Inde ou en France. Cette der­nière pour­rait d’ailleurs don­ner quelques conseils aux auto­ri­tés nip­pones : on a déjà vu ça sur d’autres dos­siers…

**Spécial Cosmos 1999

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le 13 sep­tembre est une date mythique. A cause du 13 sep­tembre 1999. Au milieu des années 70, une série télé­vi­sée bri­tan­nique de sciences-fiction, Cosmos 1999, a connu un suc­cès consi­dé­rable en Europe. Probablement avez-vous vu cer­tains épi­sodes de cette série qui a été plu­sieurs fois rediffusée.

Dans ce cas, vous vous sou­ve­nez pro­ba­ble­ment de l’intrigue : à la suite d’explosions gigan­tesques, la Lune quitte son orbite et s’éloigne de la Terre. Or, dans une base nom­mée Alpha, des humains vivent sur la Lune. Les aven­tures de ces mal­heu­reux nomades de l’espace sont rela­tées au cours de 48 épi­sodes répar­tis sur deux sai­sons. La série connut un suc­cès miti­gé aux USA et, hélas, les pro­duc­teurs ont essayé de s’adapter au public amé­ri­cain en déci­dant de cer­taines modi­fi­ca­tions et en pri­vi­lé­giant le côté spectaculaire.

La plus impor­tante modi­fi­ca­tion, qui est aus­si la plus regret­table, fut la dis­pa­ri­tion d’un des per­son­nages cen­traux de la pre­mière sai­son, le Professeur Victor Bergman : les réflexions de ce « vieux sage » per­met­taient à la série de poser cer­taines ques­tion phi­lo­so­phiques sur le deve­nir des hommes, leurs rap­ports avec la tech­no­lo­gie, etc.

Résultat, la série a per­du une bonne par­tie de ce qui fai­sait son inté­rêt, sans pour autant mar­cher mieux aux USA. La deuxième sai­son fut donc aus­si la der­nière. Mais, jus­te­ment, reve­nons au début… Ce que beau­coup de gens ignorent ou ont oublié, c’est la cause des explo­sions gigan­tesques qui sur­viennent, dans la série, le 13 sep­tembre 1999. Il s’agit d’explosions nucléaires.

Les humains croient avoir trou­vé la solu­tion au pro­blème inso­luble des déchets radio­ac­tifs… en les sto­ckant sur la Lune. Toutes les études ont été menées pour s’assurer que la « sûre­té nucléaire » soit par­faite. Comme dans la réa­li­té en somme, par exemple à Kychtym en 1957, à Winscale (rebap­ti­sé Sellafield) en 1957 aus­si, à Three Mile Island en 1979, à Tchernobyl en 1986, à Fukushima en 2011.

Tout a été pré­vu, et pour­tant le pire arrive : une réac­tion de cri­ti­ci­té se pro­duit dans le site de sto­ckage des déchets radio­ac­tifs, géné­rant des explo­sions gigan­tesques et expul­sant la Lune de son orbite. Bien sûr, il ne s’agit là que d’une fic­tion. Nous savons hélas que, à cause de l’industrie nucléaire, la réa­li­té est bien pire…