Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Montebourg et Valls ne parlent pas de nucléaire mais de la mise au pas des écologistes par le PS

27 août 2012 · ana duarte

En décla­rant, contre toute évi­dence, que « le nucléaire est une éner­gie d’avenir », MM Montebourg et Valls ne parlent en réa­li­té pas d’énergie mais de la situa­tion poli­tique dans la majo­ri­té. Il s’agit, de la part de ces deux ministres pro­duc­ti­vistes, de faire publi­que­ment état de la mise au pas du par­ti éco­lo­giste EELV par le par­ti socialiste.

S’ils ont tort par rap­port au nucléaire, les deux ministre ont hélas par­fai­te­ment rai­son sur le plan poli­tique : l’écologie poli­tique est en ruine depuis que Cécile Duflot l’a lit­té­ra­le­ment ven­due en échange d’un stra­pon­tin minis­té­riel pour doper sa car­rière poli­ti­cienne per­son­nelle. Sa déroute poli­tique face à Manuel Valls est actée aujourd’hui même par l’évacuation média­tique d’un cam­pe­ment de Roms à Evry.

Les repré­sen­tants d’EELV qui font mine aujourd’hui de tom­ber des nues, à la suite des décla­ra­tions de MM Montebourg et Valls, savent par­fai­te­ment que ces décla­ra­tions relèvent d’une logique poli­tique impla­cable : les deux ministres éco­lo­gistes et les deux groupes par­le­men­taires éco­lo­gistes ((qui ont voté la confiance) cau­tionnent ce gou­ver­ne­ment pro­duc­ti­viste, pro­nu­cléaire, et qui pré­tend contre tout évi­dence faire « reve­nir la croissance ».

La seule solu­tion pour l’écologie poli­tique est de clore le cycle « people » ouvert en 2009 et qui a consis­té à recru­ter des « vedettes » (José Bové, Eva Joly, Laurence Vichnievski, Nicolas Hulot, etc) pour incar­ner des com­bats qui doivent en réa­li­té être menés sur le ter­rain et dans la radicalité.

La filière nucléaire mon­diale en totale déconfiture

La filière nucléaire mon­diale est en totale décon­fi­ture, pro­ces­sus d’ailleurs com­men­cé bien avant la catas­trophe de Fukushima. La part du nucléaire dans l’électricité mon­diale est pas­sée de 17% en 2005 à 11% aujourd’hui. De nou­veaux scan­dales frappent désor­mais la filière nucléaire, comme l’affaire des fis­sures de cuves qui concernent plus de 20 réac­teurs dans une dizaine de pays.

Le Japon, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, l’Espagne : nom­breux sont les pays qui ont déci­dé d’en finir avec l’atome, sans par­ler de ceux qui, comme l’Italie, ont refu­sé clai­re­ment cette option.

Quant aux pays qui pré­tendent « relan­cer » cette filière, comme les USA et la Grande-Bretagne, ils se heurtent au coût réel de l’électricité nucléaire qu’il n’est plus pos­sible, en ces temps de disette bud­gé­taire, de mas­quer par des aides publiques indues comme cela a été le cas pen­dant des décennies.

Enfin, les pro­jets nucléaires au Sud (Inde, Brésil, etc) se heurtent à des mobi­li­sa­tions popu­laires mas­sives. Seuls les régimes auto­ri­taires (Chine, Russie, Émirats) main­tiennent encore cer­tains projets…