Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°4

28 juin 2012 · julienschwartz

Vendredi 22 juin

**Un Tchèque en bois pour Areva

Dépêche AFP : « Nucléaire : nou­veaux pro­to­coles d’accord entre Areva et des socié­tés tchèques »

Nous com­men­çons cette revue de presse par un nou­vel épi­sode de la (luxu­riante) série « Vous allez voir ce que vous allez voir ! ». Cette fois-ci, ce sont les Tchèques qui s’y collent, avec la col­la­bo­ra­tion inévi­table des fran­çais, en l’occurrence Areva : ensemble, ils pré­tendent construire à Temelin, où fonc­tionnent déjà deux réac­teurs russes, deux réac­teurs fran­çais EPR.

Fin 2011, alors que l’américain Westinghouse, le fran­çais Areva et le russe Atomstroïexport étaient en concur­rence, le repré­sen­tant du gou­ver­ne­ment tchèque décla­rait « Aucune des trois firmes ne m’a jusqu’à pré­sent convain­cu qu’elle était capable de construire les tranches 3 et 4 de Temelin, dans le délai et pour le prix qui seront fixés dans le contrat » ( cf. News80.com )

On se demande bien com­ment le gou­ver­ne­ment tchèque a pu fina­le­ment être « convain­cu » par Areva et son EPR, grands spé­cia­listes des retards et des sur­coûts (cf par exemple Le Figaro ). Probablement parce que cette fois encore, ce seront les contri­buables fran­çais qui paieront…

**Grandes mobilisations contre le retour du nucléaire au Japon

Dépêche de l’agence suisse ATS : « 20 000 Japonais mani­festent à Tokyo contre l’énergie nucléaire »

Méprisant l’opinion publique japo­naise (et même mon­diale), le gou­ver­ne­ment japo­nais a déci­dé la remise en ser­vice de deux réac­teurs nucléaires sur les 54 qui sont tous arrê­tés depuis le 6 mai dernier.

Le plus incroyable, concer­nant cette déci­sion qui est contes­tée même par cer­tains défen­seurs de l’atome, est qu’elle a été prise sur avis de l’ancienne auto­ri­té de sûre­té « qui va dis­pa­raître dans quelques semaines sous sa forme actuelle après avoir été accu­sée de mul­tiples erreurs dans le pas­sé et de conni­vence plus ou moins directe avec les indus­triels du sec­teur ».

En atten­dant, le peuple japo­nais qui avait pris depuis des décen­nies la mau­vaise habi­tude d’accepter toutes les déci­sions gou­ver­ne­men­tales, redé­couvrent l’utilité de la mobi­li­sa­tion col­lec­tive : les mani­fes­ta­tions anti­nu­cléaires se suc­cèdent et s’amplifient…

Samedi 23 juin

**ITER : la fusion nucléaire parvient au moins à désintégrer… des milliards

Article deLa Provence : « Iter : le conseil pointe du doigt le bud­get et le calendrier »

La fusion nucléaire, à ne pas confondre avec la fis­sion nucléaire qui sévit impar­fai­te­ment dans les réac­teurs actuels, consiste en théo­rie à faire s’assembler des noyaux d’atomes tout en déga­geant au pas­sage de grandes quan­ti­tés d’énergie.

A l’expérience, on s’aperçoit que la fusion nucléaire consiste en réa­li­té à faire de gros bei­gnets inutiles tout en dés­in­té­grant au pas­sage des mil­liards d’euros, de dol­lars, de roubles, de yens, de yuans, etc.

On appelle Tokamak de tels bei­gnets (http://guidedocstab.com/2011/01/ce-…) où les phy­si­ciens tentent déses­pé­ré­ment de maî­tri­ser la fusion nucléaire, tout en fai­sant depuis 50 ans des effets d’annonce – relayés par la presse - propres à main­te­nir l’illusion.

Par exemple, le12 novembre 1991, le quo­ti­dien Le Monde annon­çait « Les Européens fran­chissent un pas déci­sif dans la fusion ther­mo­nu­cléaire ». Et le 12 décembre 1993, le même jour­nal annon­çait « Les Américains effec­tuent une per­cée dans la fusion ther­mo­nu­cléaire ». Etc.

Pour mémoire, l’échec du pro­jet ITER est d’ores et déjà cer­tain mais il est hors de ques­tion de ne pas conti­nuer, c’est ce que nous confirme l’article de la Provence. Et ce alors que pas moins de 3 Prix Nobel de Physique ont dénon­cé et contes­té Iter (cf http://reacteur.iter.free.fr )

Dimanche 24 juin

**Voiture électrique : propagande presque réussie

Article du Républicain Lorrain : « On a l’impression que c’est un jouet ! »

La semaine der­nière, un pre­mier article annon­çait l’opération de pro­pa­gande d’EDF en faveur de la voi­ture élec­trique, ou plu­tôt nucléaire, opé­ra­tion pré­vue car­ré­ment sur le par­king de la cen­trale de Cattenom afin que les choses soient bien claires.

Après avoir conscien­cieu­se­ment annon­cé l’opération, le Républicain Lorrain en fait tout aus­si conscien­cieu­se­ment le compte-rendu, sans le moindre point de vue cri­tique : test réus­si, EDF conti­nue­ra à ache­ter des pages entières de publi­ci­tés dans ce quo­ti­dien si « indépendant ».

Le jour­na­liste a trou­vé une dénom­mée Isabelle pour laquelle « L’essentiel c’est quand même de ne pas pol­luer », oubliant que la cen­trale nucléaire plan­tée sous ses yeux pro­duit des déchets radio­ac­tifs qui vont res­ter dan­ge­reux pen­dant des millénaires.

Seul bémol dans cette opé­ra­tion ron­de­ment menée, des per­sonnes se plaignent de ce que la voi­ture nucléaire est silen­cieuse : « Ce silence fait un peu peur ». Voilà ce que c’est de faire vivre les gens dans le bruit, la fureur et la pol­lu­tion : ils ont peur que ça s’arrête…

Lundi 25 juin

**La voiture nucléaire ne permet pas de s’échapper loin en cas d’accident nucléaire

Article de l’Essentiel (Luxembourg) : « Comment réagir en cas de sou­cis à Cattenom ? »

De temps à autre, les auto­ri­tés se demandent ce qu’il fau­drait faire en cas d’accident nucléaire. Cela entraîne l’organisation de réunions inutiles, d’exercices ridi­cules, de dis­tri­bu­tions déri­soires de pas­tilles d’iode.

Cette acti­vi­té fumeuse est démul­ti­pliée pour les cen­trales ins­tal­lées près des fron­tières, car les pays voi­sins sont y asso­ciés. Le record est pro­ba­ble­ment déte­nu par la cen­trale nucléaire de Cattenom qui implique car­ré­ment 4 pays (Allemagne, Luxembourg, Belgique, et France bien enten­du), comme expli­qué par cet article.

Pourtant, il n’existe qu’une réponse sen­sée à la ques­tion « Que faire ne cas d’accident nucléaire ? » : s’échapper… si on le peut. Depuis Cattenom, il est désor­mais pos­sible de s’enfuir en voi­ture élec­trique mais, à ce jour, l’autonomie de ces véhi­cules reste limi­tée. La voi­ture nucléaire ne per­met donc pas de s’échapper loin des cen­trales nucléaires…

**Centrafrique : Areva, le pilleur pillé…

Dépêche AFP : « Le site d’uranium d’Areva atta­qué et pillé par des rebelles »

Pendant long­temps, la France a pu piller en toute tran­quilli­té les matières pre­mières afri­caines, et en par­ti­cu­lier l’uranium sans lequel les cen­trales nucléaires ne fonc­tion­ne­raient pas. Areva s’appelait alors Cogéma dont les « exploits » sont racon­tés en chan­son par le groupe Tryo.

Mais les temps changent et voi­là que des afri­cains osent s’en prendre aux inté­rêts du nucléaire fran­çais. Pour mémoire, des sala­riés fran­çais, qui tra­vaillaient à l’exploitation des mines d’uranium d’Areva au Niger, sont otages depuis près de deux ans sans que per­sonne ne semble plus se pré­oc­cu­per d’eux (cf ce qu’en dit l’Observatoire du nucléaire)

C’est désor­mais en Centrafrique que les inté­rêts néo-coloniaux d’Areva sont mis en cause. Étrange retour­ne­ment de l’Histoire, le pilleur devient pillé. La dépêche AFP, rédi­gée par le bien nom­mé M. Panika (!), explique qu’il y a sim­ple­ment eu « un vol de nour­ri­ture et de maté­riel infor­ma­tique », ce qui pour­rait lais­ser à pen­ser que cette affaire n’est pas politique.

Mais, à contra­rio, est évo­quée l’hypothèse que les assaillants soient ins­tru­men­ta­li­sés par des gens ou des puis­sances qui vou­draient nuire aux inté­rêts de la Centrafrique. Ou alors, c’est plus pro­bable, aux inté­rêts d’Areva. Il nous a pour­tant si sou­vent été dit que « le nucléaire apporte à la France son indé­pen­dance éner­gé­tique » : curieuse « indé­pen­dance », basée sur les impor­ta­tions d’uranium…

**L’Education nationale livre des jeunes en pâture à l’industrie nucléaire

Article sur Drakkaronline

La ville de Dieppe a pour carac­té­ris­tique d’être cer­née par deux cen­trales nucléaires, celles de Paluel et Penly. C’est pro­ba­ble­ment pour cela que l’Éducation natio­nale, en l’occurrence le Rectorat de Rouen, ne trouve rien de mieux à faire que de livrer de jeunes diep­pois en pâture à l’industrie nucléaire, et plus exac­te­ment à la EDF, un ex-service public deve­nu aujourd’hui une socié­té ano­nyme (mal) cotée en bourse.

La laï­ci­té, qui ne concerne pas seule­ment les reli­gions mais aus­si les enti­tés éco­no­miques ou finan­cières, est donc ouver­te­ment bafouée comme le recon­naît d’ailleurs invo­lon­tai­re­ment l’article : « Cette for­ma­tion a été tota­le­ment éla­bo­rée avec les entre­prises du sec­teur ». Il faut croire que l’Education natio­nale elle aus­si n’est plus vrai­ment un ser­vice public.

Un ensei­gnant explique : « C’est une révo­lu­tion cultu­relle », et admet qu’il « tra­vaille régu­liè­re­ment avec les agents de la cen­trale de Penly (…) pour com­prendre, être réac­tif ». Si un Fukushima fran­çais se pro­duit à Paluel ou Penly, cet ensei­gnant « réac­tif » pour­ra être fier d’avoir envoyé des jeunes mou­rir dans cette voie « d’avenir »…

**Embargo pétrolier contre l’Iran… à cause du nucléaire

Article duMonde.fr : « Nucléaire ira­nien : l’UE confirme son embar­go pétro­lier au 1er juillet »

Voici bien une his­toire sans queue ni tête : l’Iran veut une indus­trie nucléaire et, dans ce cadre, enri­chir lui-même l’uranium. Des pays (USA, France, Grande-Bretagne, etc), qui ont déjà une indus­trie nucléaire et qui enri­chissent l’uranium, veulent inter­dire à l’Iran d’en faire autant. Deux poids, deux mesures.

Pour ce faire, ils décrètent contre l’Iran un embar­go… pétro­lier. Du coup, les prix du pétrole vont mon­ter, ce qui va per­mettre aux pro­mo­teurs de l’atome de dire « Vous voyez bien qu’il faut faire du nucléaire, le pétrole est hors de prix ». Hé bien, faire du nucléaire, c’est bien le pro­jet de l’Iran non ?

Quand on sait que ce sont jus­te­ment les grands pays nucléa­ri­sés qui ont aidé l’Iran a mettre en oeuvre son pro­gramme nucléaire, non seule­ment du temps du Shah (cf vidéo sai­sis­sante de France 3) mais tout récem­ment encore (cf. RFI), on est en droit de se deman­der si, par hasard, les « grands de ce monde » ne se moque­raient pas de nous…

**Danger nucléaire : comment ne pas se poser les vraies questions

Article de Sud-Ouest : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu risques »

L’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire (IRSN) s’associe avec la Commission locale d’information nucléaire (Clin), rat­ta­chée au Conseil géné­ral de la Gironde, pour dili­gen­ter une enquête sur « les habi­tudes ali­men­taires de consom­ma­tion locale des habi­tants aux abords de la cen­trale nucléaire du Blayais ».

Fort bien : il est en effet avé­ré que les rejets radio­ac­tifs ordi­naires (c’est à dire hors de toute situa­tion acci­den­telle) des cen­trales nucléaires ont un impact sur la san­té des rive­rains (cf études en France et en Allemagne). Mais, après Fukushima, est-il encore utile de mener une telle enquête ?

Il serait bien plus édi­fiant de simu­ler les consé­quences d’une catas­trophe nucléaire, iden­tique à celle du Japon, sur « les habi­tudes ali­men­taires des habi­tants », du moins celles des sur­vi­vants, aux abords de la cen­trale du Blayais mais aus­si dans l’agglomération bor­de­laise, ain­si qu’à Toulouse, Poitiers, Clermont-Ferrand, etc.

Il est cer­tain que les citoyens com­pren­draient alors mieux la réa­li­té du nucléaire, et les CLI, CLIS ou CLIN seraient pro­ba­ble­ment moins sou­vent accu­sées de ne ser­vir, fina­le­ment, qu’à faire accep­ter à la popu­la­tion de vivre avec le risque atomique.

**Effets d’annonce : le Kenya entre en piste

Dépêche de Xinhua (agence chi­noise) : « Le Kenya cherche à embras­ser une uti­li­sa­tion sûre de l’énergie atomique »

Les Chinois étendent leur emprise sur l’Afrique. Pour ce faire, ils flattent les élites locales, en l’occurrence celles du Kenya, en les per­sua­dant qu’elles peuvent « rejoindre le reste du monde » (véri­dique !)… en ache­tant des ins­tal­la­tions nucléaires. A qui ? Aux Chinois bien sûr ! L’indépendance réelle de l’Afrique n’est pas pour demain…

Involontairement iro­nique, l’article explique que le pro­jet nucléaire du Kenya est… une vision. Par contre, le gas­pillage de lourdes sommes publiques, qui auraient été si utiles dans l’éducation ou la san­té, semble hélas bien réel.

Certes, il est pré­ten­du que « l’énergie ato­mique est utile pour (…) la san­té avec le trai­te­ment du can­cer », mais il ne faut pas oublier que le nucléaire donne d’abord le can­cer avant d’essayer de le trai­ter ensuite.

**Projet de ligne THT pour l’EPR de Flamanville : l’Etat totalitaire

Alors que la ques­tion de la mise en ser­vice du réac­teur EPR de Flamanville foca­lise les esprits, il ne faut pas oublier que des lignes THT (Très haute ten­sion) sont en pro­jet pour éva­cuer la pro­duc­tion élec­trique de l’EPR.

Des habi­tants, sou­te­nus par des jeunes mili­tants, se mobi­lisent contre ce pro­jet de lignes, en par­ti­cu­lier autour de la com­mune du Chefresne (Manche). Ces mani­fes­tants sont vio­lem­ment répri­més dans un silence presque total de la part des médias. Seuls les médias locaux couvrent l’affaire.

Si France3 Basse-Normandie a dif­fu­sé un repor­tage hon­nête, res­tant neutre entre les points de vue des uns et des autres, Ouest-France a clai­re­ment et arbi­trai­re­ment pris fait et cause pour les auto­ri­tés. A suivre.

Mardi 26 juin

**Désarmement nucléaire : Rocard plaisantait, mais pas Matagne !

La semaine der­nière, nous évo­quions le « buzz » créé par l’ancien pre­mier ministre Michel Rocard en se pro­non­çant pour l’abandon de la dis­sua­sion nucléaire, « tota­le­ment inutile et rui­neuse ». Aujourd’hui, Rocard pré­tend qu’il bla­guait. On ima­gine sans peine les pres­sions qui lui ont fait chan­ger d’avis et se ridi­cu­li­ser ainsi.

Dans le même temps, comme par hasard le rendez-vous pré­vu à l’Elysée pour Jean-Marie Matagne a été annu­lé sine die sans expli­ca­tions. Epuisé, Jean-Marie a déci­dé de se réali­men­ter après 42 jours de grève de la faim, sans oublier Luc Dazy qui en était « seule­ment » à 25 jours. Ils ne plai­san­taient pas, eux !

**Psychiatrisation des antinucléaires en Inde

Il est par­fois écrit ici ou là que l’Inde serait « la plus grande démo­cra­tie du monde ». Or, les méthodes en vigueur là bas laissent son­geur : comme autre­fois en Union sovié­tique (une véri­table dic­ta­ture), des oppo­sants sont psy­chia­tri­sés par le gou­ver­ne­ment indien. Et ces oppo­sants sont comme par hasard les citoyens qui s’opposent à l’industrie de l’atome.

Vous pou­vez sou­te­nir ces cou­ra­geux oppo­sants grâce aux Cyberacteurs

Mercredi 27 juin

**Bouygues associé au retour de Superphénix

Dépêche AFP : « Partenariat CEA/Bouygues pour les réac­teurs nucléaires de 4e génération »

Allant de décon­ve­nues (en France : Superphénix, EPR, etc) en catas­trophes (Tchernobyl, Fukushima), l’industrie nucléaire a besoin de faire croire qu’elle pro­gresse mal­gré tout. C’est ain­si que, en l’an 2000, est né de façon par­fai­te­ment arti­fi­cielle le concept de « réac­teurs nucléaires de 4ème géné­ra­tion ». Les vieux réac­teurs des années 50 et 60 ont été rebap­ti­sés a pos­te­rio­ri « réac­teurs de pre­mière géné­ra­tion » et ceux des années 70 et 80 « de deuxième génération ».

La pré­ten­due « troi­sième géné­ra­tion » a été inven­tée pour dési­gner les plus récents (EPR, AP 1000), dont aucun ne fonc­tionne à ce jour. Enfin, une fumeuse « 4ème géné­ra­tion » désigne des réac­teurs lit­té­ra­le­ment magiques car aptes à régler la quai-totalité des pro­blèmes ren­con­trés à ce jour.

En réa­li­té, une fois mis à part quelques pro­jets « exo­tiques » qui n’existeront jamais ailleurs que sur le papier, cette « 4ème géné­ra­tion » est tout sim­ple­ment une énième ten­ta­tive de faire fonc­tion­ner des sur­gé­né­ra­teurs. L’industrie nucléaire mon­diale échoue conscien­cieu­se­ment dans cette voie… depuis 60 ans : cette pré­ten­due « 4ème géné­ra­tion » exis­tait déjà aux débuts de l’ère nucléaire !

Notons que, 15 ans avant Fukushima, le Japon a connu un acci­dent grave dans sa ten­ta­tive de sur­gé­né­ra­teur à Monju (cf. dissident-media.org) La France a aus­si connu dans ce domaine une décon­ve­nue gigan­tesque avec l’échec reten­tis­sant et rui­neux de Superphénix.

De fait, l’opinion publique n’accepterait sûre­ment pas que le CEA gas­pille des mil­liards dans une nou­velle ten­ta­tive. Alors le CEA change le nom (bon­jour « Astrid ») et l’emballage (« 4ème géné­ra­tion »), mais il s’agit encore et tou­jours d’essayer de faire fonc­tion­ner « un réac­teur à neu­trons rapides refroi­di au sodium ».

C’est donc le retour de Superphénix qui, comme pré­vu par la légende, renait encore de ses cendres. Un nou­vel échec est inévi­table mais, d’ici là, beau­coup de gens et d’entreprises se met­tront de l’argent dans les poches, à com­men­cer par Bouygues, inévi­table par­te­naire de toutes les pollutions…

Pour appro­fon­dir, cf. http://reacteur.generation4.free.fr

**Nucléaire : privatisation des profits, nationalisation des pertes

Article du Monde : « Tepco, le gérant de la cen­trale de Fukushima, est nationalisée »

Vendre de l’électricité nucléaire est ren­table sur le moment, à condi­tion de se débar­ras­ser de quelques fac­tures gigan­tesques comme celles des déchets radio­ac­tifs, du déman­tè­le­ment des cen­trales, sans oublier celles des catas­trophes nucléaires.

Ainsi, avant Fukushima, les action­naires de l’entreprise pri­vée Tepco engran­geaient les géné­reux divi­dendes de la vente d’électricité nucléaire. Par contre, main­te­nant que le désastre – envi­ron­ne­men­tal et finan­cier – est là, c’est à l’argent public d’entrer en action.

Inutile de pré­ci­ser que ce sera exac­te­ment la même chose en France après une catas­trophe nucléaire, alors que les action­naires pri­vés de diverses socié­tés (comme Bouygues, Vinci, etc) s’enrichissent depuis des décen­nies grâce au pro­gramme ato­mique national…

Jeudi 28 juin

**Démantèlement : une des factures nucléaires léguées à nos enfants

Dépêche Reuters : « Démanteler, le saut vers l’inconnu de l’industrie nucléaire »

Longue dépêche de Reuters (4 pages) sur le déman­tè­le­ment, un des pires cadeaux empoi­son­nés légués par les nucléo­crates à nos enfants. Même si la parole ins­ti­tu­tion­nelle est lar­ge­ment pré­sente et la parole alter­na­tive tota­le­ment igno­rée, cer­taines don­nées sont inté­res­santes à noter.

Ainsi, la com­pa­rai­son de la fac­ture fran­çaise de déman­tè­le­ment avec celle des USA montre que les sommes pré­vues par EDF sont lar­ge­ment insuf­fi­santes : il man­que­ra de 9 à 16 mil­liards. Ce sera d’ailleurs pro­ba­ble­ment bien pire car la fac­ture US est assu­ré­ment sous éva­luée elle aussi.

Par ailleurs, il est rap­pe­lé que les sommes pro­vi­sion­nées pour­raient s’évanouir en cas de pro­blèmes en bourse : « Les ana­lystes (…) relèvent le risque que consti­tue la forte pro­por­tion d’actions dans ce por­te­feuille ». Vu la déroute actuelle de la finance mon­diale, on se demande bien ce qu’il res­te­ra le moment venu…

Note : notre semaine (du ven­dre­di au jeu­di) s’achève par la publi­ca­tion d’un rap­port de l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) concer­nant les réac­teurs fran­çais et les « ensei­gne­ments » de la catas­trophe de Fukushima. Nous y revien­drons la semaine pro­chaine, mais vous pou­vez déjà regar­der de quoi il en retourne, par exemple dans cet article du Monde.

A la semaine prochaine…