Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

L’AIEA, l’Europe et le risque nucléaire : ne jamais dire Jamet

24 mars 2011 · ana duarte

La Commission euro­péenne a ren­voyé à l’automne la pré­sen­ta­tion d’un rap­port sur la sûre­té nucléaire, ini­tia­le­ment pré­vue en juin. C’est que, subi­te­ment, les élites euro­péennes découvrent que les indus­triels de l’atome ne sau­raient abso­lu­ment pas quoi faire en cas de catas­trophe. Le grand chef de la sûre­té nucléaire en Europe est un fran­çais, Philippe Jamet, dont l’Observatoire du nucléaire a déjà démon­tré l’incompétence sidérante.

En effet, en juillet 2007, un fort séisme avait endom­ma­gé au Japon la plus grande cen­trale nucléaire du monde, à Kashiwasaki. Pendant que votre ser­vi­teur aler­tait sur l’imminence d’une catas­trophe nucléaire nip­pone (voir Une vidéo édi­fiante : la catas­trophe nucléaire au Japon annon­cée à l’avance), qui a donc eu lieu à Fukushima, Philippe Jamet, au nom de l’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie ato­mique (AIEA) pré­co­ni­sait quelques mesu­rettes et pré­ten­dait que les cen­trales japo­naises résis­te­raient sans pro­blème aux séismes.

Mais cette fois-ci, M. Jamet a des choses sérieuses à annon­cer : dans un cer­tain temps, il y aura « un bâti­ment sécu­ri­sé dans cha­cune des ins­tal­la­tions pour abri­ter les opé­ra­teurs et leur per­mettre (…) de faire face à des situa­tions de des­truc­tion totale d’une ins­tal­la­tion ou à une série d’accidents sur­ve­nus en paral­lèle dans plu­sieurs centrales. »

En clair, s’il y a un nou­veau Fukushima, les opé­ra­teurs seront pro­té­gés dans un bun­ker. Nous sommes contents pour eux.

Lire aus­si la dépêche AFP