Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Révélations - Nucléaire : EDF a falsifié des données sismiques pour économiser sur la sûreté

16 mars 2011 · ana duarte

Les docu­ments :

L’Observatoire du nucléaire révèle un véri­table scan­dale : en 2003 (la situa­tion est res­tée la même depuis), EDF a fal­si­fié des don­nées sis­miques afin de s’éviter des tra­vaux oné­reux… et pour­tant indis­pen­sables pour la sûre­té des cen­trales nucléaires.

Il faut savoir que, si le risque sis­mique est moindre en France qu’au Japon, la résis­tance des cen­trales fran­çaises est, elle aus­si, moindre… donc le dan­ger est le même. Chaque cen­trale est théo­ri­que­ment dimen­sion­née par rap­port au risque sis­mique qui la concerne. Nous disons bien « théoriquement »…

En effet, par un cour­rier du 17 juin 2003, dif­fu­sé aujourd’hui par l’Observatoire du nucléaire, l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) a cou­vert EDF en lui don­nant rai­son contre l’avis des experts de l’IRSN (Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire), tenus au silence.

Les don­nées sont acca­blantes et concernent 32 des 58 réac­teurs français :

Les docu­ments que nous publions montrent que c’est par des actions de « lob­bying » et de « contre-feux » que EDF a pu contraindre l’ASN à lui don­ner rai­son au détri­ment des ingé­nieurs de l’IRSN.

C’est ain­si que EDF a éco­no­mi­sé 1,9 mil­liards d’euros de tra­vaux de remise à niveau de ses cen­trales nucléaires par rap­port au risque sis­mique, tra­vaux qui auraient été obli­ga­toires si les chiffres de l’IRSN avaient été pris en compte.

Ironie de l’Histoire, au moment où cette affaire a été étouf­fée par l’Autorité de sûre­té fran­çaise (en 2003), 15 réac­teurs nucléaires japo­nais étaient fer­més admi­nis­tra­ti­ve­ment suite à la fal­si­fi­ca­tion par l’électricien TEPCO (pro­prié­taire des réac­teurs actuel­le­ment en per­di­tion à Fukushima) de docu­ments concer­nant la sûre­té. Il aurait fal­lu en faire de même, c’est à dire fer­mer au moins 32 réac­teurs en France… Il en est encore temps !