Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Grave accident nucléaire en cours au Japon : un « Tchernobyl » japonais possible, la population évacuée…

11 mars 2011 · ana duarte

Un séisme de grande ampleur a frap­pé aujourd’hui le Japon. Les mou­ve­ments de sol et le tsu­na­mi géné­ré ont d’ores et déjà cau­sé de graves dom­mages. Hélas, au risque natu­rel s’ajoute le risque indus­triel et par­ti­cu­liè­re­ment le risque nucléaire.

A cette heure, il est bien sûr trop tôt pour connaître l’état des dégâts occa­sion­nés par ce séisme dans les cen­trales nucléaires japo­naises, mais il est d’ores et déjà avé­ré que plu­sieurs cen­trales ont été arrê­tées en urgence et, de plus, deux cen­trales seraient actuel­le­ment tou­chées par des incendies.

Si l’on ne peut évi­de­ment qu’espérer que la situa­tion n’aboutisse pas à une catas­trophe nucléaire, il est clair que per­sonne ne peut à cette heure pré­tendre que la situa­tion est sous contrôle : de fait, la com­mu­ni­ca­tion ras­su­rante des auto­ri­tés japo­naises et de l’industrie nucléaire, selon les­quelles il n’y aurait « aucune fuite radio­ac­tive », est déri­soire et relève de la dés­in­for­ma­tion et de la méthode coué.

En effet, chaque fois qu’une situa­tion grave s’est pro­duite dans une cen­trale nucléaire, quel que soit le pays concer­né, les auto­ri­tés ont d’abord pré­ten­du que tout allait bien, espé­rant cacher à l’opinion la gra­vi­té réelle des dom­mages et des conséquences.

C’est d’ailleurs ce qui s’est pas­sé au Japon même le 16 juillet 2007 lorsque la cen­trale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa a été sérieu­se­ment secouée par un séisme. Une fois pas­sé le temps des décla­ra­tions ras­su­rantes, les auto­ri­tés avaient bien été obli­gées de recon­naître qu’il y avait eu des fuites radio­ac­tives et de graves dommages.

D’ailleurs, 3 ans et demi après, 5 des 7 réac­teurs de cette cen­trale n’ont pas redé­mar­ré. Et les évè­ne­ments d’aujourd’hui montrent l’irresponsabilité de la remise en ser­vice des deux autres réacteurs.

Le Japon - et aucun autre pays nucléa­ri­sé, à com­men­cer par la France - n’a pas tiré le seul ensei­gne­ment évident du séisme de 2007 : il faut fer­mer le plus vite pos­sible, et défi­ni­ti­ve­ment, les réac­teurs nucléaires. Sous peine d’aboutir bien­tôt à une catas­trophe nucléaire, en espé­rant qu’elle ne soit pas en cours actuel­le­ment au Japon.