Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

L’Observatoire du nucléaire conteste les affirmations rassurantes de l’IRSN

6 août 2010 · ana duarte

L’Observatoire du nucléaire conteste les affir­ma­tions [1] de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire (IRSN) à pro­pos des incen­dies actuels en Russie qui menacent de tou­cher des zones conta­mi­nées par la catas­trophe de Tchernobyl (26 avril 1986)

Toute en recon­nais­sant que ces incen­dies pour­raient géné­rer des nuages de pous­sières pou­vant atteindre le ter­ri­toire fran­çais, l’IRSN prend immé­dia­te­ment les devants en affir­mant avec légè­re­té que « les niveaux de concen­tra­tion en par­ti­cules de césium sont tel­le­ment bas qu’ils ne peuvent abso­lu­ment pas engen­drer une inquié­tude sani­taire ».

Ces affir­ma­tions font mal­heu­reu­se­ment écho à celles du SCPRI (l’organisme ancêtre de l’IRSN) qui avait pré­ten­du en 1986 que les consé­quences du nuage de Tchernobyl étaient tota­le­ment négli­geables et ne néces­si­taient aucune mesure sani­taire en France.

Aujourd’hui encore, du fait des incen­dies qui frappent la Russie, les risques sont bien réels dans tous les pays qui peuvent être tou­chés, et donc en France. Le pro­blème prin­ci­pal est assu­ré­ment le risque d’inhalation de par­ti­cules radio­ac­tives, en par­ti­cu­lier de Césium. Dans ce cas, les par­ti­cules radio­ac­tives se fixent dans l’organisme, en par­ti­cu­lier dans les pou­mons, entraî­nant un très fort risque de can­cer, lequel peut, selon les per­sonnes, se décla­rer très vite (en quelques années) ou beau­coup plus tard.

Ce qu’il faut bien com­prendre, c’est que ce risque par inha­la­tion est bien réel, et impor­tant, même si la radio­ac­ti­vi­té est faible. Le CEA (Commissariat à l’énergie ato­mique) lui-même recon­naît le risque d’incorporation du Césium par inha­la­tion [2]. Les affir­ma­tions de l’IRSN sont donc d’une grande légè­re­té et doivent être contes­tées.

Par ailleurs :

L’Observatoire du nucléaire conteste aus­si les affir­ma­tions des auto­ri­tés Russes qui pré­tendent avoir éva­cué les matières nucléaires du site ato­mique de Sarov. En effet, il faut des décen­nies pour déman­te­ler un site nucléaire, sur­tout lorsqu’il est ancien. Or le site de Sarov existe depuis les années 40 : il appa­raît tota­le­ment impro­bable qu’il ait pu être net­toyé en quelques heures. Il est de fait évident que si, par mal­heur, les incen­dies atteignent ce site, les consé­quences seront catas­tro­phiques.


[1http://www.irsn.fr/FR/Actualites_pr…

[2http://www-prositon.cea.fr/espace-p…