Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Areva : Mme Lauvergeon coulera donc avec son « Titanic »

6 juillet 2010 · ana duarte

Selon des « sources proches du dos­sier », Mme Lauvergeon serait main­te­nue par M. Sarkozy à la tête de la mul­ti­na­tio­nale du nucléaire Areva. Pour divers com­men­ta­teurs, ce main­tien serait une vic­toire pour Mme Lauvergeon qui aurait ain­si réus­si à « sau­ver sa tête ».

En réa­li­té, Areva est en per­di­tion et, si Mme Lauvergeon est main­te­nue en place, c’est seule­ment pour avoir l’ « hon­neur » de cou­ler avec son entre­prise qui res­semble désor­mais à un véri­table Titanic.

D’ailleurs, la cota­tion en bourse d’Areva est en chute libre : après être mon­té à 820 euros il y a deux ans, le cer­ti­fi­cat d’investissement d’Areva est aujourd’hui tom­bé à 326 euros : plus de 60% de pertes.

Qui plus est, les nuages noirs conti­nuent de s’accumuler pour Areva :

Il est facile de com­prendre que les can­di­dats ne se sont pas bous­cu­lés pour prendre les com­mandes d’un Areva en per­di­tion. Le main­tien de Mme Lauvergeon n’est donc en rien une vic­toire pour « Atomic Anne ». Au contraire, elle va devoir assu­mer l’entièreté du désastre indus­triel qui attend Areva.

Malheureusement, comme c’est tou­jours le cas lorsqu’il s’agit de nucléaire, ce sont les citoyens qui vont payer la fac­ture de ce flop monu­men­tal. Qui plus est, cette lourde note ne sera pas seule­ment finan­cière mais aus­si envi­ron­ne­men­tale : Areva va lais­ser der­rière elle des ins­tal­la­tions obso­lètes, des mon­tagnes de déchets radio­ac­tifs, des régions conta­mi­nées par les mines d’uranium ou par les situa­tions acci­den­telles comme la fameuse fuite d’uranium du Tricastin.

Plus glo­ba­le­ment, il appa­raît que la France va désor­mais payer cher l’option nucléaire impo­sée depuis 50 ans. EDF est elle même au bord du gouffre : ter­ri­ble­ment endet­tée, son action est pas­sée en deux ans de 87 à 30 euros (65% de pertes). Les inves­tis­se­ments gigan­tesques réa­li­sés à l’étranger (Grande-Bretagne, USA) s’avèrent inutiles et rui­neux. Et l’état des cen­trales nucléaires fran­çaises se dégrade de plus en plus rapi­de­ment…

Mme Lauvergeon ne doit donc pas être la seule à assu­mer le flop annon­cé de l’industrie nucléaire : les dif­fé­rents PDG d’EDF, mais aus­si les diri­geants poli­tiques de la plu­part des par­tis aux affaires depuis 50 ans sont res­pon­sables et cou­pables…