Observatoire du nucléaire

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Allemagne : le grand syndicat IG-Metall contre le nucléaire… au nom de l’emploi !

9 novembre 2008 · ana duarte

Alors que les « grands » syn­di­cats fran­çais, CGT en tête, conti­nuent aveu­glé­ment à sou­te­nir l’atome, IG-Metall, un des plus puis­sants syn­di­cats au monde, est clai­re­ment contre le nucléaire.

A cause des risques ? Non. A cause des déchets radio­ac­tifs ? Pas plus.

C’est bel et bien au nom de l’emploi que IG-Metall est contre l’atome, ayant consta­té que, pour un même inves­tis­se­ment, on créait 10 à 15 fois plus d’emplois dans les alter­na­tives que dans le nucléaire.

Qui plus est, dans les alter­na­tives, nul besoin d’être irra­dié et conta­mi­né pour gagner sa vie…

Comme vous pou­vez le voir ci-dessous, IG-Metall envoie depuis des années des repré­sen­tants offi­ciels dans les mani­fes­ta­tions anti­nu­cléaires. Au nom de l’emploi.

Les syn­di­cats fran­çais peuvent-ils igno­rer ce qui se passe chez leurs voi­sins ? Ou l’explication de leur aveu­gle­ment est-elle ailleurs (caisse noire de l’UIMM - cf https://bit.ly/Q1o6GY - ?)

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**Vives protestations en Allemagne contre un convoi de déchets radioactifs

AFP - 09.11.08 - Les mili­tants anti­nu­cléaires alle­mands ont atten­du de pied ferme dimanche le pas­sage d’un train de déchets radio­ac­tifs en pro­ve­nance de France, cer­tains n’hésitant pas à incen­dier des bar­ri­cades et à blo­quer des voies fer­rées. Les poli­ciers, équi­pés de matraques, ont dû écar­ter dans la mati­née plu­sieurs cen­taines de mani­fes­tants qui ten­taient de blo­quer la liai­son fer­ro­viaire Lüneburg-Dannenberg (nord), un tra­jet d’une cin­quan­taine de kilo­mètres que doit emprun­ter le convoi pour rejoindre le centre de sto­ckage de Gorleben. Certains oppo­sants avaient éri­gé des bar­ri­cades sur les voies, avant d’y mettre le feu. Les poli­ciers les ont éteintes à l’aide d’extincteurs. Des rails endom­ma­gés ont dû être changés.

En fin de jour­née, plus de 200 mili­tants anti­nu­cléaires conti­nuaient de blo­quer l’accès au centre de sto­ckage, bien déci­dés à pour­suivre leurs sit-in jusqu’à lun­di, date à laquelle le convoi pour­rait arri­ver au plus tôt, selon la police. Les 20 der­niers kilo­mètres doivent se faire par la route, entre la gare de Dannenberg et Gorleben. Environ 16.000 poli­ciers étaient mobi­li­sés sur tout le ter­ri­toire dont 10.000 dans la région de Lüneburg.

Parti ven­dre­di de Valognes (France), le convoi trans­por­tant 123 tonnes de déchets nucléaires alle­mands a été blo­qué same­di pen­dant plus de douze heures à la fron­tière franco-allemande par trois mili­tants éco­lo­gistes alle­mands qui avaient empri­son­né leurs bras dans un bloc de béton caché sous la voie fer­rée. Il a repris sa route dimanche matin, après que la police eut fina­le­ment réus­si à délo­ger dans la nuit les trois acti­vistes, deux hommes et une femme, et était atten­du en fin d’après-midi à Lüneburg, en Basse-Saxe.

Des mili­tants éco­lo­gistes s’en sont pris éga­le­ment à cinq reprises à des équi­pe­ments radio, télé­pho­niques et de signa­li­sa­tion de la com­pa­gnie des che­mins de fer, sans pour autant entra­ver le convoi qui trans­porte onze conte­neurs, selon la police. La plus forte mobi­li­sa­tion a eu lieu à Gorleben-même, le vil­lage de 680 habi­tants qui jouxte le centre de sto­ckage de déchets radio­ac­tifs : une mani­fes­ta­tion paci­fique a ras­sem­blé same­di après-midi plus de 14.000 per­sonnes selon la police, 16.000 selon les orga­ni­sa­teurs, sou­te­nues par une arma­da de plus de 300 trac­teurs. C’est un record d’affluence depuis 2001, une année qui fut par­ti­cu­liè­re­ment vio­lente entre les mani­fes­tants et la police, selon les orga­ni­sa­teurs. Il y a deux ans, 6.000 mani­fes­tants avaient pro­tes­té contre le pré­cé­dent trans­port de déchets nucléaires.

« Les pro­tes­ta­tions contre les trans­ports Castor (nom des conte­neurs) sont à nou­veau un évé­ne­ment média­tique » qui « rem­portent un suc­cès mas­sif après des années de stag­na­tion », constate le quo­ti­dien ber­li­nois Der Tagesspiegel. Les Verts et la gauche radi­cale alle­mande Die Linke, pour­fen­deurs de l’atome, avaient appe­lé leurs par­ti­sans à par­ti­ci­per au rassemblement.

Et les anti­nu­cléaires ont aus­si béné­fi­cié du sou­tien de nou­veaux alliés : pour la pre­mière fois, un haut repré­sen­tant du puis­sant syn­di­cat IG Metall, Hartmut Meine, a pris la parole dans la cadre d’une telle mani­fes­ta­tion, tem­pê­tant contre une « tech­no­lo­gie vieillis­sante et arrié­rée ». Ce regain de mobi­li­sa­tion est attri­bué par les anti­nu­cléaires au débat récur­rent sur un éven­tuel report de la fer­me­ture des cen­trales nucléaires et aux récentes pannes rap­por­tées dans le centre de déchets ato­miques d’Asse en Basse-Saxe (nord). Il s’agit du onzième convoi de déchets radio­ac­tifs vitri­fiés issus de cen­trales alle­mandes et retrai­tés à l’usine fran­çaise de La Hague, dans la Manche (ouest de la France).