Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

La malbouffe radioactive

25 février 2005 · ana duarte

L’Observatoire du nucléaire dif­fuse ce jour une enquête édi­fiantequi montre de quelle manière les auto­ri­tés fran­çaises nous pré­parent, en cas de catas­trophe nucléaire en France, à consom­mer des pro­duits contaminés.
L’objectif est double :
pré­ser­ver les inté­rêts du lob­by agro-productiviste (qui ne veux écou­ler ses pro­duc­tions, même si elles sont conta­mi­nées) et, dans le même temps, accré­di­ter l’idée que l’on peut conti­nuer à vivre presque nor­ma­le­ment en zones conta­mi­nées. Et donc que, fina­le­ment, une catas­trophe nucléaire ne jus­ti­fie­rait pas de remettre en cause l’industrie nucléaire.
C’est ain­si que les entre­prises du nucléaire (EDF, Areva, CEA) et l’IRSN (Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire), appuyés par le lob­by agro-productiviste (FNSEA et struc­tures asso­ciées), orga­nisent depuis plu­sieurs années de curieux programmes.
Des pro­grammes « scien­ti­fiques » en Biélorussie dans les zones conta­mi­nées par la catas­trophe de Tchernobyl, et des pro­grammes visant à trans­po­ser à la France, pour le cas où une catas­trophe nucléaire s’y pro­dui­rait, les « ensei­gne­ments » de ces curieuses études. Des simu­la­tions sont d’ailleurs déjà orga­ni­sées en France, par exemple dans l’Aube.
Cette enquête a été menée en 2005 mais ses conclu­sions sont hélas d’une brû­lante actua­li­té. Une catas­trophe nucléaire est en cours au Japon, mais une autre est pos­sible à chaque ins­tant en France. Les auto­ri­tés s’y pré­parent… de la pire des façons : pour empê­cher quoi qu’il arrive la remise en cause du nucléaire français