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Nucléaire japonais : revirement de l’AIEA - Médiapart - 21 janvier 2013
lundi 21 janvier 2013, par
En un spectaculaire pas de deux, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a reclassé « en activité » 47 réacteurs nucléaires japonais qu’elle venait d’inscrire dans la catégorie « en arrêt à long terme ». De ce fait, le nombre total de réacteurs répertoriés comme en activité dans la base de données PRIS de l’AIEA remonte d’un coup de 390 à 437, après être descendu de 437 à 390 le 16 janvier. Dans un communiqué, l’AIEA justifie ce jeu de yo-yo en indiquant « qu’à la demande du Japon, le statut des 47 réacteurs a été rétabli dans la catégorie “en activité” dans la base PRIS ».
Selon l’AIEA, le classement des réacteurs en arrêt à long terme avait été effectué par la JNES, l’organisation responsable de la sûreté nucléaire japonaise (Japan nuclear energy safety organisation). L’AIEA précise aussi que les autorités japonaises ont affirmé qu’il s’agissait d’une « erreur administrative » (« clerical error ») de la JNES. Il semble plutôt qu’il y ait un désaccord entre la JNES et le gouvernement de Tokyo, qui a clairement affiché son souhait de relancer l’électronucléaire. Le nouveau premier ministre, Shinzo Abe, a fait plusieurs déclarations en ce sens, en dépit d’une opinion publique majoritairement opposée à cette relance, et d’une situation objective d’arrêt virtuel du nucléaire japonais depuis un an.
Sur le fond, l’explication d’une erreur administrative de la JNES est peu crédible : dans les faits, 45 des 47 réacteurs concernés sont arrêtés depuis plus d’un an, et les deux autres ayant été déconnectés du réseau respectivement le 2 février et le 26 mars 2012 (pour plus de détails, voir le site World nuclear status report).
Actuellement, seuls deux réacteurs fonctionnent, et il n’existe aucun calendrier précis de redémarrage, malgré les déclarations volontaristes de Shinzo Abe. En résumé, le gouvernement japonais s’acharne à afficher sa volonté pronucléaire, en dépit d’une réalité factuelle qui s’y oppose. Il est toutefois étonnant que l’AIEA, agence supposée impartiale, se soit ainsi prêtée à ce qui semble être plus une manœuvre politique qu’un choix industriel.
Article de Médiapart - 21 janvier 2013
Observatoire du nucléaire