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Vague de froid : la France nucléaire importe massivement de l’électricité "au charbon" !
lundi 6 février 2012, par
C’est l’échec de l’option nucléaire qui devait théoriquement :
- assurer l’indépendance énergétique de la France
- éviter l’utilisation du charbon et les émissions de co2 !
La France est importatrice d’électricité de façon quasi continue depuis le 2 février
Une puissante vague de froid touche actuellement la France et devrait encore s’intensifier au cours de la semaine. A cette occasion, l’option "centrales nucléaires + chauffages électriques", imposée en France de longue date, démontre son absurdité : la consommation d’électricité française atteint de tels sommets que le parc nucléaire, bien que gigantesque, est totalement dépassé.
C’est en important massivement du courant, en particulier depuis l’Allemagne [1], que la France nucléaire a pu éviter, à ce jour, un black-out électrique qui menace néanmoins de se produire à chaque instant. Et la France est importatrice nette quasiment en continu depuis le 2 février [2]. Défendant obstinément leur idéologie pronucléaire, les autorités françaises refusent de reconnaitre la faillite de leur stratégie basée sur le nucléaire et le chauffage électrique.
En effet, l’option nucléaire était supposée permettre à la France de se chauffer de façon autonome sans dépendre des importations de combustible. Or, finalement, c’est bien... en important massivement que la France a alimenté, ces dernières années, des millions de chauffages électriques.
Bien que l’Allemagne ait pris la sage décision de fermer immédiatement ses 8 plus anciens réacteurs, elle reste autosuffisante et parvient encore à exporter de l’électricité vers la France qui, pour une fois, se garde bien de critiquer la production électrique par des centrales au charbon !
Cette situation contredit trois des principaux prétextes avancés pour "justifier" l’option nucléaire malgré sa dangerosité extrême :
- la supposée sécurité d’approvisionnement :
EDF déclenche en ce moment diverses procédures dans l’espoir de pouvoir passer cette vague de froid sans avoir à reconnaître l’absurdité de l’option "nucléaire + chauffages électriques". Il s’agit en particulier de la procédure dite d’ "effacement" qui consiste à demander à des industriels, en échange de forts dédommagements - de cesser leurs activités afin de réduire la consommation nationale d’électricité : un comble au pays de l’atome !
- la supposée indépendance énergétique
Cet argument est déjà contredit par deux données :
a) même poussé à son maximum, le nucléaire ne couvre que 15% de la consommation finale d’énergie en France (ne pas confondre avec la part du nucléaire dans l’électricité produite)
b) 100% du combustible nucléaire, l’uranium, est importé
Mais la situation est encore plus absurde lorsque l’on constate que, l’hiver, la France est contrainte d’importer massivement de l’électricité.
- la supposée réduction des émissions de co2
Depuis des années, l’hiver, EDF a recours à de nombreuses centrale électriques thermiques (gaz, charbon), fortement émettrices de co2, afin d’alimenter le parc français de chauffages électriques... qui devait théoriquement éviter de causer des émissions de co2 ! D’ailleurs, une étude du RTE et de l’Ademe [3] reconnait que le chauffage électrique est plus fortement émetteur de co2 que le chauffage au gaz !
Alors que la Cours des comptes a présenté lundi un rapport qui a contredit la thèse selon laquelle l’électricité nucléaire serait peu chère, on constate donc l’inexistence de toutes les supposées vertus de l’énergie atomique, contestées de longue date et à juste titre par les organisations antinucléaires.
Par contre, comme démontré par exemple par les catastrophes de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011), ou par la production irresponsable de déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millénaires, les ravages causé par l’industrie nucléaire sont, eux, bien réels.
Il est donc grand temps de stopper l’industrie nucléaire. Il restera alors "seulement" à démanteler à grands frais les installations et à s’occuper des déchets radioactifs... pendant des millénaires.
[1] C’est ainsi que, chaque année depuis 2004, c’est bien la France qui est importatrice d’électricité depuis l’Allemagne. Voir l’article qui y est consacré
Observatoire du nucléaire