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Bornes de recharges pour voitures électriques : Comment le Sdeeg rackette les communes de Gironde

au profit du nucléaire, du lobby automobile, et des gens aisés...

lundi 1er septembre 2014, par julienschwartz

[*Des manoeuvres déloyales du Sdeeg dignes de véritables escroqueries*]

  • réponse urgente sous menace de passer à côté financements
  • menace de s’adresser à une commune voisine en cas de refus
  • perspective trompeuse de "bénéfices d’exploitation" (improbables !)
  • une "délibération-type" toute rédigée adressée aux communes...

[*L’objectif est de faire augmenter la consommation d’électricité nucléaire*]

  • Le président du Sdeeg est... un cadre du Commissariat à l’énergie atomique
  • Aucune étude n’est fournie pour "justifier" un tel programme

L’Observatoire du nucléaire rend public un document édifiant

L’Observatoire du nucléaire rend public ce jour un document qui montre comment le Syndicat départemental d’énergie électrique de la gironde (Sdeeg) opère sur les communes de Gironde un véritable racket dans le but d’imposer l’installation de nombreuses bornes de rechargement pour voitures électriques.

Dirigé par Xavier Pintat, un cadre du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le Sdeeg est actuellement instrumentalisé par l’industrie nucléaire qui voit dans la voiture électrique sa planche de salut. Il faut en effet savoir que l’atome est en déclin continu et rapide : sa part dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à 9% aujourd’hui, déclin qui s’accélère depuis la catastrophe de Fukushima.

En France, EDF a besoin de sommes astronomiques pour rafistoler ses centrales, toute vieillissantes, ou en construire de nouvelles. Pour rendre irréversibles ces dépenses insensées, et alors que la consommation d’électricité a tendance à baisser depuis quelques années, l’industrie atomique rêve d’une France parsemée de millions de voitures électriques. et de recharger leurs batteries à l’électricité nucléaire !

Des manœuvres déloyales dignes de véritables escroqueries

C’est dans ce contexte que, au niveau girondin, le Sdeeg vient de s’adresser aux commune du département par une circulaire stupéfiante que l’Observatoire du nucléaire rend publique, avec la "délibération-type" et la carte de Gironde qui l’accompagnent. Par cette démarche, le Sdeeg tente d’imposer l’installation massive de bornes de rechargement avec des pratiques dignes de véritables escroqueries. Ainsi :

  • les communes doivent répondre d’urgence avant le 30 septembre 2014 sous la menace de perdre des financements.
  • en cas de refus, le Sdeeg brandit la menace de proposer cette "manne" aux communes voisines.
  • cerise sur le gâteau, le Sdeeg fait miroiter aux communes la possibilité de toucher 50% des "bénéfices d’exploitation", alors que ceux-ci sont totalement improbables !

Une aventure dangereuse pour les finances des communes de Gironde

Au contraire, les communes volontaires vont en réalité être piégées : la délibération-type diffusée prévoit

  • des autorisations d’occupation du domaine public,
  • la gratuité du stationnement pour les propriétaires de voitures électriques (au détriment des autres, bien sûr),
  • une participation financière aux travaux d’installation,
  • une participation financière (d’un montant non précisé !) aux "coûts de maintenance et d’exploitation" qui seront bien réels, eux, contrairement aux prétendus "bénéfices d’exploitation".

Par ailleurs, si le Sdeeg s’engage à payer 80% des dépenses, cet argent provient de toute façon des communes qui vont toutes payer pour ce programme délirant, y compris celles qui ne seront pas concernées ou qui refuseront le véritable racket du Sdeeg.

D’autre part, après avoir dépensé de l’argent pour l’installation de bornes de recharge, les communes seront sollicitées pour acheter elles-mêmes (pour les services municipaux) les voitures électriques qui manqueront inévitablement à l’appel (les ventes de voitures électriques aux personnes restent totalement marginales).

Qui plus est, aucune étude n’est avancée pour justifier autant que faire se peut ce programme délirant : il faut donc mettre partout des bonnes de recharge pour voitures électriques "parce que" !

La voiture électrique est aussi anti-écologique que la voiture thermique

L’Observatoire du nucléaire rappelle que, ces derniers mois, il a contraint les principaux constructeurs de voitures électriques (Renault, Citroën, Nissan, Mitsubishi, Opel, Bolloré) à retirer de leurs publicités les mentions prétendant que la voiture électrique serait "propre", "verte" ou "écologique".

En substance, la voiture électrique est coupable de pollutions comparables à celles de la voiture thermiques, en particulier concernant les pneus, batteries et autres matériaux. Le plus édifiant est qu’une étude de l’Ademe montre que la voiture électrique n’est pas plus utile que la voiture thermique concernant les émissions de co2 (cf.La Tribune, 4 décembre 2013)

Par ailleurs, les batteries de diverses voitures électriques contiennent du lithium dont l’extraction cause de graves dommages environnementaux et sociaux. même si c’est loin de chez nous : c’est une insupportable délocalisation de la pollution.

Enfin, le rechargement des batteries sur le réseau électrique ordinaire, et non par un système spécifique d’énergie renouvelable (panneaux solaires par exemple) fait que, en France, la voiture électrique est en réalité bien la voiture nucléaire, coupable de toutes les tares de l’atome (contamination du Niger par les mines d’uranium, rejets radioactifs et chimiques des centrales, production de déchets radioactifs, etc), à l’opposé de toute démarche écologique.

Conclusion : les communes doivent refuser "l’arnaque à la voiture électrique"

Bien entendu, nous ne faisons absolument pas la promotion de la voiture thermique (diesel ou essence) dont les pollution sont elles aussi évidentes mais, justement, personne ne se hasarderait à dépenser de l’argent public pour permettre aux propriétaires de voitures essence ou diesel de se garer gratuitement sur des places réservées, de recharger leur réservoir aux frais de la collectivité, etc : alors pourquoi le faire pour des voitures nucléaires ?

L’Observatoire du nucléaire invite les communes de Gironde à ne pas se laisser abuser par cette démarche que l’on peut rebaptiser "l’arnaque à la voiture électrique". L’argent des communes, si précieux, ne doit pas être racketté au profit du lobby nucléaire, des industriels de l’automobile, et des personnes les plus aisées que sont majoritairement les (rares) propriétaires de voitures électriques.