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Publié le 1er mai 2014

Revue de presse - avril 2014

Insécurité nucléaire : tous aux abris !

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C’est le Président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui le dit en personne : la prétendue « sûreté » nucléaire française mérite 12 ou 13 sur 20, pas plus. Avec une telle médiocrité, on se demande bien par quel miracle il ne s’est pas encore produit un Fukushima français, mais ça ne saurait tarder.

On notera d’ailleurs la réactivité fabuleuse d’EDF qui tente de mieux protéger la centrale du Tricastin contre les inondations : « Ce chantier de 15 millions d’euros était exigé par l’Autorité de sûreté nucléaire après l’inondation de la centrale du Blayais (Gironde) qui aurait pu causer une catastrophe en 1999. » 15 ans plus tard, il était temps !

Autre mesure « rassurante » : un nouveau statut juridique pour les centrales nucléaires afin de punir plus sévèrement... les antinucléaires. Concernant les vrais risque, des exercices sont organisés mais « Contrairement au précédent exercice, qui s’était joué un jour de brouillard, les militaires ont, cette fois-ci, pu compter sur l’apport indéniable de l’hélicoptère. ». En clair, les terroristes sont priés de ne pas passer à l’action les jours de brouillard ! Merci d’avance...

Autre plaisanterie : la nouvelle tentative française de faire fonctionner un surgénérateur de type Superphénix, cette fois sous le joli prénom d’Astrid, devra avoir une sûreté « au moins équivalente à celle de l’EPR ». L’EPR, ce réacteur tellement complexe et dépassé qu’EDF et Areva n’arrivent même pas à le construire !

On souhaite donc beaucoup de courage aux valeureux antinucléaires du Sud-Est qui vont marcher 300 kilomètres pour dénoncer les risques incommensurables causés par l’industrie nucléaire, en particulier au Tricastin, à Marcoule (site d’Astrid), à Cadarache, etc.

Fukushima, encore et toujours (et pour longtemps)

Naoto Matsumura, surnommé « le dernier homme de Fukushima », vient de faire une tournée en Europe et particulièrement en France, intervenant dans de nombreux médias. Des voix se sont élevées contre cette initiative, craignant qu’elle ne laisse croire que l’on pouvait finalement vivre correctement en zone contaminée et que cela ne fasse le jeu de l’industrie nucléaire, susceptible de récupérer l’affaire à son profit.

Ces craintes étaient légitimes mais, grâce à l’excellent Blog de Fukushima, nous pouvons constater que ce risque a été évité. Il serait en effet bien surprenant que l’industrie nucléaire tente de "récupérer" un homme qui n’a de cesse de la dénoncer, de pointer ses mensonges, ses contaminations, qui a manifesté avec les vigies devant l’OMS (cf http://bit.ly/PMBDo8 ), etc.

Pour sa part, notre ami Olivier Cabanel publie sur Agoravox un de ces documents dont il a le secret, bourré de références, et qui démonte totalement le mythe ignoble que les pronucléaires tentent d’installer, à savoir que Fukushima aurait fait « zéro mort ».

Enfin, notons que le dénommé Tenzin Gyatso, connu pour occuper l’emploi de Dalaï-Lama, est un vieil imbécile qui s’est prononcé pour le nucléaire lors de son récent voyage au Japon. Il ne va toutefois pas jusqu’à proposer le stockage des déchets radioactifs à Lhassa : un manque certain de cohérence assez peu étonnant de la part du chef d’un système social et politique féodal.

Tchernobyl, encore et toujours (et depuis longtemps)

Que dire de plus que l’an dernier et de moins que l’an prochain ? Tous les 26 avril, le monde se souvient d’une catastrophe qui a commencé en 1986 et qui ne cesse de s’aggraver depuis. Des générations d’enfants nés après 1986, parfois longtemps après, sont frappées de graves maladies, leucémies cancers. Ce terrible destin est hélas celui qui attend des millions de Japonais, déjà nés et à naître...

De Tchernobyl à l’EPR, la France atomique au sommet du ridicule

Le futur sarcophage de Tchernobyl : nouvel échec des "experts" français ?
Le futur sarcophage de Tchernobyl : nouvel échec des "experts" français ?

Ce sont les experts ukrainiens qui le disent : « Nous savons déjà que les technologies nucléaires françaises ne sont pas trop bonnes, mais nous réalisons tout de même le projet Arche dont personne n’a besoin. ». Tchernobyl était déjà un drame effroyable alors, effectivement, pourquoi avoir laissé les français aggraver la situation ?

Les Finlandais sont tout aussi furieux : 10 ans après avoir commandé un EPR à la France, ils comprennent à quel point ils ont fait fausse route. Le réacteur devait entrer en service en 2009, or il est loin d’être terminé et la facture a été multipliée par 3... en attendant pire.

Nous avons à plusieurs reprises évoqué le cas désespéré du dénommé Bernard Bigot, grand chef incompétent du Commissariat à l’énergie atomique . C’est d’ailleurs justement parce qu’il est incompétent qu’il en est le chef, et bien entendu grassement rémunéré pour raconter des salades (radioactives).

Pour mémoire, après un terrible séisme au Japon en juillet 2007, votre Observateur du nucléaire préféré a débattu dans l’émission « C dans l’air » (France5) avec Bigot le bien nommé : ce dernier, tout de morgue et de suffisance, décréta que la sûreté nucléaire était parfaite au Japon, son contradicteur préconisant au contraire la fermeture immédiate de dizaines de réacteurs nippons pour éviter une catastrophe. Trois ans après, c’était Fukushima.

Mais les déroutes de Bigot le nigaud ne le découragent pas, bien au contraire : il réclame désormais 35 nouveaux réacteurs en France, bien qu’EDF et Areva se montrent incapables d’en construire un seul ! Guignol n’a qu’à bien se tenir...

Bigot doit néanmoins affronter la concurrence de deux autres zozos, Bernard Accoyer et Gérard Larcher, ex-présidents de l’Assemblée et du Sénat : dans une tribune publiée par l’Express, ils se prononcent pour le nucléaire ET pour les gaz de schistes. Pour "lutter contre le co2" ET pour produire du co2. Plic et Ploc.

Nouvelles déconvenues pour le prétendu « grand retour du nucléaire »

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Succès pour les manifestants antinucléaires en Tchéquie

Nouvelle déconvenue pour l’industrie nucléaire et son prétendu « grand retour » si souvent annoncé et jamais au rendez-vous. Cette fois, c’est la Tchéquie qui annule un projet de deux nouveaux réacteurs. Du coup Areva, qui avait été recalée pour incompétence (cf http://bit.ly/1koB2nJ ), annonce retirer sa plainte : quelle lucidité !

Pendant ce temps, tout en prétendant promouvoir le nucléaire pour lutter contre les émissions de co2, EDF exporte vers la Chine... des centrales au charbon. Mais attention : des centrales « ultra-modernes » : elle émettront donc du CO2 de grande qualité : nous voilà rassurés. Plic et Ploc aussi.

Combat antinucléaire gagnant à Taïwan

Manifestation antinucléaire massive à Taïwan
Manifestation antinucléaire massive à Taïwan

Dès février 2013, dans notre revue hebdo n°39, nous évoquions la situation à Taïwan et en particulier le sort du peuple Tao qui reçoit en « cadeau », sur l’île des Orchidées, les déchets nucléaires. C’est donc avec plaisir que nous avons entendu ces jours-ci un excellent reportage de France-info sur ce sujet précis.

Par ailleurs, la mobilisation antinucléaire ne faiblit pas, par exemple les étudiants ont carrément occupé le Parlement pendant 24 jours. Les pronucléaires se sont encore signalés par leur bêtise, en particulier un député chauffard, mais aussi la police qui a tapé sur des journalistes pris pour de "vulgaires" manifestants (cf http://bit.ly/1ko9jDE ).
A propos de répression, signalons le cas emblématique de Lin Yi-hsiung, en grève de la faim à 73 ans, qui lutte depuis si longtemps contre le nucléaire au prix de conséquences terribles : il a été torturé, sa mère et deux de ses filles ont été assassinées en 1980. Finalement, les courageux manifestants ont obtenu le gel du chantier d’une centrale nucléaire, commencé en 1999 (!), en attendant un éventuel référendum qui leur donnerait inévitablement raison. A suivre...

Déchets nucléaires : à défaut de solution, gagner du temps…

Déchets radioactifs : on verra "plus tard"…
Déchets radioactifs : on verra "plus tard"…

En l’absence de solutions pour les déchets radioactifs, les « responsables » du nucléaire ont trouvé une astuce : repousser le problème dans le temps de façon à pouvoir partir à la retraite sans avoir à assumer leurs déchets.

Il est ainsi question d’enfouir les déchets les plus dangereux, mais pas avant 2025 en France et 2027 en Suisse. Dates qui seront probablement repoussées. On peut même espérer que le crime de l’enfouissement n’aura jamais lieu mais, pour les dirigeants industriels et politiques, l’essentiel est de ne pas avoir à s’occuper eux-mêmes de tout ça.

Pour ce qui est d’autres déchets radioactifs, issus du démantèlement de vieilles centrales EDF arrêtées depuis longtemps, un site de stockage provisoire devait être installé dans le site nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas. Les manoeuvres grossières d’EDF avec la complicité de la municipalité sont contestées à juste titre par des associations et remises en cause par une décision de justice. Mais, de toute façon, il s’agissait d’un stockage provisoire : dans tous les cas, le problème est reporté à plus tard.

Le scandale de la voiture électrique-nucléaire

Voiture électrique, voiture nucléaire !
Voiture électrique, voiture nucléaire !

Prenons tout de suite les devants : il ne s’agit pas de faire la promotion de la voiture thermique (essence ou diesel), elle-même une calamité environnementale. Ni d’ « interdire » de se déplacer, à condition toutefois de ne prendre sa voiture que lorsqu’on ne peut faire autrement.

Il s’agit par contre d’affirmer haut et fort que la voiture électrique est, elle aussi, terriblement polluante, de contester les publicités la faisant passer pour un véhicule « propre » ou « écologique », et de dénoncer la compromissions de divers élus qui offrent l’espace et l’argent public à la mafia de la voiture électrique et nucléaire.

Le problème pour cette mafia est qu’il n’y « pas assez de bornes de recharge » pour que le nombre de voitures électriques décolle, et réciproquement. Alors, l’argent public est en passe d’être massivement capté pour développer un réseau de bornes de recharge et permettre ainsi aux constructeurs automobiles et multinationales de l’énergie de faire leur business.

Mme Frédérique Massat ressemble à une députée, elle siège même à l’Assemblée nationale, mais elle n’est en fait qu’un pion avancé de la mafia de la voiture nucléaire. Elle a publié un rapport parlementaire et une proposition de loi en ce sens, de toute évidence en recopiant la propagande mensongère des industriels.

La Région Haute-Normandie se signale pour sa part en ajoutant 5000 euros au bonus prétendument « écologique » de 6300 euros déjà offert par l’Etat pronucléaire aux bobos qui s’offrent une voiture électrique, ou plutôt qui se la font offrir par l’argent public.

Les édiles de Paris, Lyon et Bordeaux ont, eux, offert l’espace public à la multinationale polluante Bolloré pour installer ses Bluecar (respectivement Autolib, BlueLy, BlueCub) : une incroyable main-basse su la ville basée sur un énorme mensonge : pour une voiture électrique, 7 à 10 voitures devaient disparaître de la ville. En réalité, il n’y a aucune voiture en moins et, pire, ce sont surtout des utilisateurs de transport en commun qui sont captés par Bolloré !

Face à ce scandale inouï, l’Observatoire du nucléaire s’est levé et a contraint dans un premier temps les constructeurs à rectifier leurs publicités mensongères. Ensuite, les citoyens sont invités à se rebeller et à débrancher les voitures électriques en charge sur l’espace public : à bon entendeur !

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La France nucléaire continue à piller le Niger... et à irradier la justice

SL débranche une voiture électrique

Nous l’avons souvent dit et écrit, ne serait-ce que pour compenser un peu le fait que cette information cruciale n’est, pour ainsi dire, jamais évoquée publiquement : la France alimente à bon compte ses réacteurs nucléaires en pillant depuis 50 ans l’uranium du Niger, contaminé et maintenu dans son statut peu enviable de pays le plus pauvre du monde.

Ce pillage est tel que, en à peine deux ans, un petit gisement de pétrole a rapporté plus au Niger que 40 ans d’uranium ! Le magazine Jeune afrique pose donc la question : « A qui profite l’uranium du Niger ? », mais la réponse est bien connue : à Areva et à la France nucléaire.

Areva, justement, revient dans l’actualité au travers de la scabreuse affaire Uramin : dès août 2012, l’Observatoire du nucléaire dénonçait le silence presque total des médias français (hormis La Tribune.fr), en particulier concernant les révélations faites par le grand quotidien sud-africain Mail and Guardian.

Il faut le dire, il s’agit d’une énorme affaire de corruption, sur fond de mines fantômes et de tentatives par la patronne de l’époque, la fameuse Anne Lauvergeon, de vendre par tous les moyens possibles le réacteur catastrophe EPR.

Son mari, le bien-nommé M. Fric (véridique !), semble avoir participé à de curieuses transactions. Areva et Lauvergeon se sont dans un premier temps attaqués en justice avant de retirer subitement leurs plaintes et de s’arranger entre gens « raisonnables ». Mais, semble-t-il, des magistrats ont poursuivi l’enquête : l’affaire sera-t-elle étouffée ou ira-t-elle à son terme ?

La question ne se pose pas concernant une autre sale affaire, celle du fameux « don d’Areva » affecté à l’achat d’un nouvel avion pour le Président du Niger, lui-même ancien cadre d’Areva ! Condamné pour une prétendue diffamation, l’Observatoire du nucléaire a eu des surprises en lisant les attendus du jugement.

En effet, des accusations visant le ministre des finances du Niger ont été considérées comme de la diffamation envers Areva : serait-ce un aveu de la part des juges que les ministres nigériens ne sont que des employés d’Areva ? Par ailleurs, une phrase cruciale a été tronquée pour parvenir à « prouver » que l’Observatoire était en tort.

La fameuse 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Paris, prétendument « Chambre des libertés », a effectivement pris des libertés... avec la justice ! L’Observatoire du nucléaire va donc devoir tester cette fois l’honnêteté de la Cour d’appel, probablement fin 2014 ou début 2015 : à suivre !

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