Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Déficit budgétaire : Macron muet sur les milliards déjà détruits par EDF et Areva… et sur ceux qui vont suivre !

22 juillet 2017 · Stéphane Lhomme

La polé­mique fait actuel­le­ment rage à pro­pos des 4,5 mil­liards d’économies exi­gées par M. Macron pour satis­faire la Commission euro­péenne en conte­nant le défi­cit de la France à 3% du PIB. Mais il n’est presque per­sonne pour poin­ter une des causes prin­ci­pales des dif­fi­cul­tés bud­gé­taires de la France : l’industrie nucléaire, avec en par­ti­cu­lier la faillite consom­mée d’Areva et celle pro­gram­mée d’EDF.

Ainsi, le 8 mars 2017, l’Etat a ver­sé 3 mil­liards pour reca­pi­ta­li­ser EDF. Et, entre le 12 et le 31 juillet 2017, l’Etat injecte pas moins de 5 mil­liards dans les dif­fé­rentes struc­tures issues de la faillite d’Areva. En par­ti­cu­lier, dès le 12 juillet, 2 mil­liards ont déjà été ver­sés par l’Etat à Areva SA, qui n’est désor­mais plus qu’une struc­ture de défai­sance sur le modèle du fameux « Consortium de réa­li­sa­tion » créé pour faire payer par les citoyens la faillite du Crédit Lyonnais.
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De toute évi­dence, ce puits sans fond va conti­nuer à coû­ter très cher puisque, le 20 juillet, l’opérateur Finlandais TVO a annon­cé que la Chambre de com­merce inter­na­tio­nale (CCI) avait ren­du un nou­vel arbi­trage par­tiel en sa faveur et au détri­ment d’Areva concer­nant le chan­tier désas­treux de l’EPR fin­lan­dais. Il est désor­mais qua­si­ment cer­tain, comme annon­cé de longue date par l’Observatoire du nucléaire, que cet arbi­trage va se ter­mi­ner un nou­veau fias­co géné­ral pour Areva… et donc pour les finances publiques fran­çaises : TVO réclame (à juste titre) près de 3 mil­liards de dédom­ma­ge­ments
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On peut ajou­ter à ce triste tableau la curieuse opé­ra­tion mise sur pied en décembre 2014 par un ministre de l’économie nom­mé Emmanuel Macron qui, sans la moindre jus­ti­fi­ca­tion, a fait rache­ter par l’Etat plus de 27 mil­lions d’actions d’Areva (déte­nues par le Commissariat à l’énergie ato­mique) à un prix supé­rieur à la cota­tion offi­cielle : 12,2 euros au lieu de 9,04 (*). Depuis, comme on pou­vait le pré­voir, l’action d’Areva a conti­nué à s’effondrer (elle ne vaut plus que 4,4 euros), ache­vant de faire un nou­veau fias­co de cette étrange opé­ra­tion macro­nienne.
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On note­ra aus­si la grande « pudeur » du pre­mier ministre Edouard Philippe lorsqu’il s’est ému des 8 mil­liards man­quant dans les caisses de l’Etat, oubliant que plus du quart de cette somme venait des erre­ments d’Areva en par­ti­cu­lier à l’époque où il était lui-même un cadre influent de cette entre­prise à la dérive !
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Les citoyens de France doivent savoir que ces sommes, pour­tant affo­lantes, ne consti­tuent pour­tant qu’[*un petit aper­çu des fac­tures incom­men­su­rables qui vont être peu à peu publiées au fur et à mesure des révé­la­tions concer­nant les déboires de l’atome hexa­go­nal.*]
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D’ailleurs, sous nos yeux, et sans que per­sonne ne le stoppe, le PDG d’EDF s’apprête à lan­cer une nou­velle opé­ra­tion catas­tro­phique avec le pro­jet de construc­tion de deux EPR à Hinkley Point (Grande-Bretagne). Même si ces réac­teurs ne seront pro­ba­ble­ment jamais construits, ou au pire jamais ter­mi­nés comme l’annonce obs­ti­né­ment l’Observatoire du nucléaire, il est clair que ce pro­jet va ache­ver de rui­ner EDF qui a déjà consa­cré (gas­pillé) sur place plu­sieurs milliards.
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Il est aus­si notable que, avant même que le chan­tier ne soit com­men­cé, la fac­ture du pro­jet ne cesse d’augmenter : début juillet, c’est un pre­mier sur­coût de près de 2 mil­liards qui a été annon­cé, pré­fi­gu­rant les rééva­lua­tions suc­ces­sives comme c’est le cas depuis 10 ans concer­nant les chan­tiers EPR de Finlande et de Flamanville. 
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Il est tou­jours pos­sible de se conso­ler en rap­pe­lant qu’Areva et EDF ne sont pas seuls dans cette galère : Westinghouse, l’entreprise his­to­rique du nucléaire aux USA et dans le monde, a elle aus­si fait faillite, entrai­nant dans les bas fonds son action­naire majo­ri­taire, le japo­nais Toshiba (**).
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L’industrie nucléaire est entrée dans la der­nière phase de son exis­tence, mais son ago­nie va hélas durer encore des années, sur fond de catas­trophes nucléaires en cours (Tchernobyl, Fukushima) et pro­ba­ble­ment à venir, de déchets radio­ac­tifs aban­don­nés, de cen­trales à déman­te­ler « offertes » à nos des­cen­dants, et de fac­tures insen­sées qui vont faire pas­ser pour une aimable plai­san­te­rie (et une cynique diver­sion) les polé­miques actuelles sur le bud­get de l’armée française…
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(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article181
(**) http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170411-japon-empetre-westinghouse-calvaire-toshiba-continue