Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°46

18 avril 2013 · ana duarte

Vendredi 12 avril

**L’administration des USA règle (à sa façon) le problème des contaminations radioactives

Il suf­fi­sait d’y pen­ser : la Maison blanche a réglé le pro­blème des conta­mi­na­tions radio­ac­tives… en aug­men­tant consi­dé­ra­ble­ment les taux accep­tés léga­le­ment dans l’eau (y com­pris l’eau « potable »), ain­si que les délais de décon­ta­mi­na­tion suite à des inci­dents ou acci­dents. Les textes vali­dés sont com­pa­rables à ceux en vigueurs sous l’administration du pré­cé­dent pré­sident, cela nous laisse Bush bée…

**« Déchets nucléaires : le silo 130 du site de La Hague est-il sûr ? » Réponse : Non !

Poser la ques­tion, c’est y répondre : non, bien sûr, ce silo n’est pas sûr, il est même exces­si­ve­ment dan­ge­reux. Mais l’affaire ne s’arrête pas à cette simple réponse, loin de là. D’abord, notons que ce silo contient « 518 tonnes de déchets, prin­ci­pa­le­ment com­po­sés de magné­sium, de gra­phite, d’aluminium et d’uranium », entre­po­sés entre 1973 et 1981, et que « Certains de ces déchets sont pyro­pho­riques, c’est-à-dire qu’ils ont la pro­prié­té de s’enflammer spon­ta­né­ment à tem­pé­ra­ture ambiante au contact de l’oxygène ». Bigre !

Suite à un incen­die, le silo a été noyé en 1981 et, depuis, rien n’a bou­gé. La « sûre­té » de ce machin, véri­table bombe à retar­de­ment, tient à une simple « peau » en acier. Depuis 33 ans ! Or, subi­te­ment, l’Autorité de sûre­té (ASN) - qui connais­sait par­fai­te­ment cette affaire – semble décou­vrir la pré­ca­ri­té de cette situa­tion… et la gra­vi­té d’un acci­dent pos­sible, voire probable.

Le site Areva de La Hague est donc mis en demeure de faire quelque chose… ce qui lui a déjà été deman­dé par l’ASN en 2010, vai­ne­ment. Pour mémoire, le pré­cé­dent chef de l’ASN, l’ « admi­rable Lacoste », était pré­ten­du­ment intran­si­geant avec les exploi­tants, légende col­por­tée par les médias mais contes­tée vive­ment par l’Observatoire du nucléaire. D’ailleurs, il nous éton­ne­rait que le véné­rable retrai­té se repose près de La Hague…

**Des fûts de déchets nucléaires intacts sous la mer près de La Hague !

Restons à La Hague, ou du moins tout près, sous la mer. On sait que des cen­taines de mil­liers de fûts de déchets radio­ac­tifs ont été jetés au fond des océans pen­dant des décen­nies par les prin­ci­paux pays nucléa­ri­sés. Les cri­mi­nels cou­pables de ces agis­se­ments, et leurs suc­ces­seurs, ont pré­ten­du que ces fûts avaient été éven­trés par l’érosion et qu’on ne pou­vait donc plus rien y faire.

Mais voi­là, la chaîne de télé­vi­sion publique alle­mande SWR vient d’envoyer un sous-marin de poche fil­mer près des côtes fran­çaises et a mon­tré… des fûts en par­fait état de conser­va­tion. Il est donc pro­bable que ce soit le cas de mil­liers d’autres… et il donc est légi­time de deman­der à leurs pro­prié­taires de venir les chercher !

On ima­gine la panique du lob­by nucléaire qui n’a jamais eu l’intention d’assumer ses crimes. Attendons la dif­fu­sion du repor­tage, le 23 avril sur Arte. Et remer­cions les médias alle­mands de faire ce tra­vail, les médias fran­çais étaient pro­ba­ble­ment occu­pés ailleurs…

**Nucléaire : EDF fondée à réquisitionner des grévistes

Au risque de sur­prendre, cette infor­ma­tion est par­fai­te­ment logique, à défaut d’être nor­male. En effet, lorsqu’il y a du nucléaire, il est logique que les sala­riés de cette indus­trie soient réqui­si­tion­nables, que les citoyens un peu curieux soient espion­nés voire arrê­tés, que les finan­ce­ments soient opaques, que les déchets soient jetés au fond des mers, etc. Le nucléaire a sa propre logique…

Samedi 13 avril

**Vraie action contre un faux transport de déchets radioactifs

La cen­trale nucléaire de Brennilis (Finistère) est arrê­tée depuis 1985 - cela va donc bien­tôt faire 30 ans ! - mais l’essentiel du déman­tè­le­ment reste à faire : seules les par­ties les plus faciles à décons­truire, et les moins radio­ac­tives, ont été enle­vées. Mais d’ores et déjà de nom­breux pro­blèmes ont été ren­con­trés, les délais s’étirent et le bud­get explose.

Pourtant, cette cen­trale ne com­por­tait qu’un seul réac­teur, qui plus est de faible puis­sance : 70 MW (à com­pa­rer aux 58 réac­teurs actuels de 900, 1300 ou 1450 MW). EDF, qui tente encore de convaincre de sa « com­pé­tence » dans le déman­tè­le­ment, veut expé­dier loin de Brennilis les déchets issus du déman­tè­le­ment. Un site de sto­ckage pro­vi­soire – en atten­dant une hypo­thé­tique « solu­tion » - a été pré­vu dans le site de la cen­trale nucléaire de Bugey (Ain), et cer­tains déchets pour­raient y être bien­tôt expédiés.

Pour dénon­cer l’absence de solu­tion, les dan­gers, les coûts et l’impasse du « déman­tè­le­ment », la Fédération anti­nu­cléaire de Bretagne (qui milite pour l’arrêt immé­diat du nucléaire et non pour la « tran­si­tion éner­gé­tique » chère au gou­ver­ne­ment PS-EELV) a orga­ni­sé un faux trans­port de déchets… et une vraie action de blo­cage de ce trans­port ! Les anti­nu­cléaires bre­tons marient avec suc­cès enga­ge­ment et iro­nie grinçante…

**Grande-Bretagne : le lobby nucléaire agite… le risque de catastrophe !

Vous l’attendiez, la voi­là : la suite de notre fabu­leux feuille­ton concer­nant les pro­jets nucléaires fumeux d’EDF en Grande-Bretagne. Pour mémoire, à l’attention des nou­veaux lec­teurs : EDF veut bien construire des réac­teurs nucléaires outre-Manche, mais c’est une acti­vi­té tel­le­ment défi­ci­taire que l’électricien fran­çais exige de Londres la prise en charge des pertes pen­dant 40 ans !

Le plus incroyable est que le pre­mier ministre Cameron est tout dis­po­sé à poi­gnar­der son peuple en le livrant pieds et poings liés à EDF. Cependant, cela coince quand même un peu dans ce pays ultra-libéral (l’héritage de Thatcher !), sans par­ler des règles de l’Union euro­péenne sur la concur­rence « libre et non faussée ».

La par­tie est donc très ser­rée, et les négo­cia­tions entre EDF, Londres et Bruxelles s’éternisent. Le lob­by nucléaire bri­tan­nique sort donc du bois par la voix de son porte parole Lord Hutton qui, dans une tri­bune publiée par The Telepgraph, annonce la catas­trophe… si des réac­teurs nucléaires ne sont pas construits ! C’est le monde à l’envers !

Sans rire, ce cher Lord se plaint de ce que, livré à lui-même, le Marché ne finan­ce­rait pas l’atome ! Thatcher doit se retour­ner dans sa tombe mais, par son décès la semaine der­nière, elle a tout de même cau­sé l’annulation d’une ren­contre Hollande-Cameron qui devait déblo­quer la situa­tion : mer­ci Maggie !

Dire que, en France, la majo­ri­té de la popu­la­tion conti­nue de croire que le nucléaire est une éner­gie bon mar­ché. Il faut dire que les médias se gardent de titrer sur les exi­gences d’EDF pour rendre l’atome « ren­table »… à coup de gigan­tesques sub­ven­tions publiques. A suivre…

Dimanche 14 avril

**Mascarade : l’AIEA inspecte la centrale de Fukushima 

L’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie ato­mique (AIEA) dépend de l’ONU ce qui ne l’empêche pas d’être une orga­ni­sa­tion mafieuse qui intrigue dans les cou­lisses pour dis­sé­mi­ner les tech­no­lo­gies nucléaires sur la pla­nète en fonc­tion des inté­rêts des pays les plus puis­sants. Entre autre acti­vi­té, l’AIEA cer­ti­fie la « sûre­té » des ins­tal­la­tions nucléaires et, avant Fukushima, elle a assu­ré à de nom­breuses reprises que les cen­trales japo­naises étaient par­fai­te­ment sûres, en par­ti­cu­lier en cas de séisme.

Nous avons à plu­sieurs reprises évo­qué la mis­sion AIEA qui, après un fort séisme au Japon en 2007 (voir sur dissident-media.org) , lequel avait mis à mal la plus grande cen­trale nucléaire du monde (celle de Kashiwasaki), avait ren­du un rap­port… par­fai­te­ment ras­su­rant. Trois ans plus tard, c’était la catas­trophe de Fukushima. Pour mémoire, cette mis­sion était diri­gée par Philippe Jamet, haut « res­pon­sable » de l’ASN fran­çaise. Curieusement, ce cou­pable est tou­jours en liber­té. Et l’AIEA conti­nue à amu­ser la gale­rie avec ses ridi­cules « ins­pec­tions », même à Fukushima…

Lundi 15 avril

**Grande-Bretagne : Hitachi émet des réserves sur la construction de centrales nucléaires !

Mauvaise nou­velle pour EDF : si Londres par­vient – mal­gré la popu­la­tion bri­tan­nique et les règles euro­péennes - à sub­ven­tion­ner mas­si­ve­ment les pro­jets nucléaires d’EDF, alors Hitachi deman­de­ra les mêmes cadeaux, ce qui pour­rait com­pro­mettre les petits arran­ge­ments nau­séa­bonds entre Cameron et Proglio. D’ailleurs, « le groupe japo­nais suit donc très atten­ti­ve­ment les négo­cia­tions en cours entre le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique et EDF ». Ça tombe bien, nous aussi.

**Une marche anti-nucléaire au départ de Manosque

Un col­lec­tif par­ti lun­di 15 avril, s’est don­né pour objec­tif de relier à pied, sur 12 jours, les sites de Cadarache, Tricastin et Marcoule à pied en douze jours. « A dan­ger immé­diat, arrêt immé­diat », tel est leur slo­gan. Bonne route à ces vaillants mili­tants ! A noter qu’une Fête anti­nu­cléaire est orga­ni­sée le 21 avril à Avignon de 12h à 21h.

**Turquie : génocide des espoirs d’Areva ?

Areva tente déses­pé­ré­ment de vendre des réac­teurs nucléaires mais per­sonne ne veut lui en ache­ter. Il y aurait bien la Turquie… si par extra­or­di­naire elle n’annule pas une énième fois ses pro­jets ato­miques. Mais voi­là : Ankara n’achètera rien si la France recon­naît le géno­cide armé­nien de 1915.

Dans à peine deux ans, il s’agira de com­mé­mo­rer le cen­te­naire de ce drame effroyable. Areva craint donc… un géno­cide de ses (maigres) espoirs d’exportation. Ceci dit, les Arméniens feraient bien de fer­mer au plus vite leur antique cen­trale de Metzamor (Voir Le Monde) sous peine de s’infliger eux-mêmes un nou­veau géno­cide. Ce serait ballot.

Mardi 16 avril

**Centrale nucléaire de Gravelines : deux incidents, dont un rejet radioactif 

Peu de gens savent que, en fonc­tion­ne­ment « nor­mal » (façon de par­ler), les cen­trales nucléaires rejettent dans leur envi­ron­ne­ment de la radio­ac­ti­vi­té, tant sous forme gazeuse (dans l’air) que liquide (dans les rivières ou la mer).

Attention : ce n’est pas parce que ces rejets sont légaux qu’ils sont inof­fen­sifs. Bien au contraire, une grande étude menée en Allemagne par l’Université de Mayence a mon­tré une aug­men­ta­tion sen­sible des taux de leu­cé­mies et can­cers, en par­ti­cu­lier chez les enfants, dans l’environnement des cen­trales nucléaires.

Bien enten­du, les risques sont démul­ti­pliés lorsque, en plus de ces rejets radio­ac­tifs légaux, les cen­trales nucléaires se livrent à des rejets sup­plé­men­taires, par­fois oppor­tu­né­ment pré­sen­tés comme « acci­den­tels ». Le nucléaire tue par­fois très vite, il tue à petit feu le reste du temps.

Mercredi 17 avril

**Areva reprend ses ignobles convois de MOX vers le Japon 

Nous avons déjà évo­qué (revue de presse n°39) le pro­jet ignoble d’Areva de recom­men­cer à expé­dier au Japon du MOX, le pire des com­bus­tibles nucléaires (cf ci-dessous). A l’heure où nous écri­vons, la nau­séa­bonde car­gai­son est char­gée sur un bateau dans le port de Cherbourg.

Les clients japo­nais d’Areva sont éga­le­ment cou­pables, poli­ti­ciens ou indus­triels qui ne rêvent que d’une chose : relan­cer les 48 réac­teurs qui sont arrê­tés pour la plu­part depuis plus d’un an. Leur objec­tif est aus­si – et sur­tout ! - de « dépas­ser » Fukushima, de faire pas­ser au plus vite par pertes et pro­fits cette catas­trophe et les souf­frances de la popu­la­tion japonaise.

Areva est bien une cala­mi­té pour la pla­nète, la nature, et tous les êtres vivants. Cette entre­prise des plus nui­sibles doit être com­bat­tue et déman­te­lée, mais son sou­ve­nir devra être per­pé­tué au même titre que les pires hor­reurs de l’Histoire. Qu’on se le dise.

**MOX : le pire des combustibles nucléaires (c’est dire !)

Il n’existe pas de nucléaire « propre » ou « sûr », et de même il n’existe pas de « bon » com­bus­tible nucléaire. Cependant, le MOX est pro­ba­ble­ment encore pire que le com­bus­tible ordi­naire (façon de par­ler), c’est dire. Le MOX contient 5 à 10% de plu­to­nium, les consé­quences sont donc encore plus dra­ma­tiques en cas d’accident nucléaire, comme c’est d’ailleurs le cas à Fukushima puisque le réac­teur n°3 conte­nait du MOX… four­ni par Areva.

Mais le MOX démul­ti­plie aus­si les pro­blèmes lors de sa fabri­ca­tion (l’usine de la Hague rejette dans l’environnement pus de radio­ac­ti­vi­té que toutes les cen­trales nucléaires du monde réunies !), lors de son uti­li­sa­tion (la conduite d’un réac­teur « moxé » est plus déli­cate), et en fin de cycle : les déchets « moxés » sont plus chauds et encore plus dan­ge­reux que les autres.

On lira avec inté­rêt l’enquête de l’excellent Bastamag. Quant à la dépêche AFP, si elle traite hono­ra­ble­ment la pro­blé­ma­tique de ce com­bus­tible, on note­ra cepen­dant que le Point a repris tel quel le texte… mais avec un titre plus expli­cite : « Le dou­teux pari de la France ». Explicite et plus adap­té, l’option Mox ayant été impo­sée de façon aus­si absurde qu’arbitraire.

Notons d’ailleurs que ce n’est pas « la France » mais un petit groupe de per­sonnes sans scru­pules (diri­geants d’EDF, du CEA et poli­tiques) qui a impo­sé le MOX qui devait, en réa­li­té, ali­men­ter des dizaines de sur­gé­né­ra­teurs. Mais le pre­mier d’entre eux, le fameux Superphénix, n’a jamais fonc­tion­né cor­rec­te­ment et, du coup, ses frères n’ont heu­reu­se­ment pas vu le jour.

Plutôt que de recon­naître qu’ils avaient construit la gigan­tesque usine de La Hague pour rien, les « res­pon­sables » ont déci­dé de la jus­ti­fier en uti­li­sant le MOX dans des réac­teurs non pré­vus à cet effet (une ving­taine en France). Qu’on se le dise : même au bord du gouffre, le lob­by nucléaire va de l’avant !

**La ligne THT Cotentin-Maine endommagée, et ce n’est pas dommage

Trois câbles de la ligne très haute ten­sion (THT) Cotentin-Maine pen­douillaient à deux mètres au-dessus du sol ce mer­cre­di matin, au pied du pylône 225, sur un her­bage exploi­té par Yves Larsonneur et Sylvie Hubert, au Chefresne, dans la Manche.

C’est le fameux n°225 qui a été construit illé­ga­le­ment et par la force chez ces cou­ra­geux citoyens qui ne vou­laient pas de ce pylône, même en échange de l’argent sale du RTE-EDF (Réseau de trans­port de l’électricité).

On entend déjà le gou­ver­ne­ment PS-EELV, ses pré­fets et ses poli­ciers, dénon­cer un acte de sabo­tage. Et les notables « éco­lo­gistes » condam­ner ces actes « injus­ti­fiables ». Mais nous, nous savons que c’est juste le vent qui a puni RTE. Et que le vent l’emportera…

**EDF très satisfaite de l’Autorité de sûreté nucléaire !

Si divers articles nous font savoir que l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) est « glo­ba­le­ment assez satis­faite » de la pré­ten­due sûre­té des cen­trales nucléaires fran­çaises, la véri­té est que… c’est EDF qui peut être très satis­faite de la bien­veillance de l’ASN !

Bienveillance ou, plu­tôt, cou­pable indul­gence ! Oh, certes, quelques détails sont poin­tés ici ou là, et six direc­teurs de cen­trales se font même tirer (dou­ce­ment) les oreilles, à Civaux (Vienne), Chinon (Indre-et-Loire), Cruas (Ardèche), Paluel (Seine-Maritime), Cattenom (Moselle), et Fessenheim (Haut-Rhin).

Ce qui signi­fie par déduc­tion que la « sûre­té nucléaire » est qua­si par­faite dans les 13 autres cen­trales : on se croi­rait à Tchernobyl juste avant le 26 avril 1986 ou à Fukushima la veille du 11 mars 2011…

**France-Inter confie son antenne au lobby nucléaire ! 

Une des émis­sions emblé­ma­tiques de France-Inter, le « Téléphone sonne », a consa­cré son numé­ro du mer­cre­di 17 avril au risque nucléaire. Ou plu­tôt à la pré­ten­due « sûre­té » nucléaire, puisque les deux seuls invi­tés étaient les diri­geants de l’Autorité de sûre­té (ASN) et de l’Institut de radio­pro­tec­tion et de sûre­té nucléaire (IRSN).

Ne cher­chez pas, il n’y avait aucun invi­té ayant, sur ce sujet pour­tant polé­mique, un point de vue autre que celui des orga­nismes d’Etat (pro­nu­cléaire). Ce soir là, France-Inter avait donc réin­ven­té l’ORTF, l’organisme char­gé de retrans­mettre au bon peuple la parole officielle.

Le com­mu­ni­qué de l’Observatoire du nucléaire expli­cite la façon dont cette émis­sion a dérou­lé le tapis radio­ac­tif pour les deux « experts » char­gés de pro­té­ger le lob­by nucléaire, avec la col­la­bo­ra­tion de la jour­na­liste Mme Fontrel, laquelle s’est déjà signa­lée en fai­sant pas­ser un repré­sen­tant du Commissariat à l’énergie ato­mique pour un aimable « spé­cia­liste du climat »…

Jeudi 18 avril

**« EDF obtiendra-t-elle la retraite à 60 ans pour ses centrales ? »

Bon article sur les manœuvres d’EDF pour faire durer jusqu’à 60 ans (sauf explo­sion entre temps !) les cen­trales nucléaires pré­vues au départ pour durer 30 ans maximum.…

**Enfouissement des déchets nucléaires : reportage complaisant de l’AFP

De temps à autre, l’Agence natio­nale des déchets radio­ac­tifs (Andra) pro­mène quelques jour­na­listes dans son « labo­ra­toire » de Bure où est pro­gram­mé le crime de l’enfouissement des déchets radioactifs.

Et à chaque fois ça marche : sauf excep­tion, les jour­na­listes res­sortent émer­veillés, et retrans­crivent conscien­cieu­se­ment les « élé­ments de lan­gage » de l’Andra. C’est d’ailleurs le cas avec cette dépêche AFP dans laquelle on peut lire des hor­reurs comme :

« Dans son labo­ra­toire sou­ter­rain, l’Andra accu­mule donc les mesures et les tests pour s’assurer de la sûre­té des pro­cé­dés. », « des résis­tances chauf­fantes on été intro­duites dans la roche gri­sâtre, l’argile du Callovo-Oxfordien, répu­tée pour sa très faible per­méa­bi­li­té qui s’oppose à la dif­fu­sion des radio­nu­cléides par les cir­cu­la­tions d’eau », etc

Seul le direc­teur des pro­grammes à l’Andra est inter­ro­gé, aucun point de vue alter­na­tif n’est cité ni même évo­qué. La jour­na­liste a pas­sé une belle après-midi (gra­tui­te­ment, alors qu’elle aurait payé si elle était allée à Disneyland pour le même genre de mas­ca­rade), l’Andra ron­ronne de plaisir…

**Méthode Coué : Les Échos tentent encore leur chance au nom d’Areva !

La semaine der­nière, nous évo­quions le recours déses­pé­ré des Echos à la méthode Coué pour faire croire que les acti­vi­tés d’Areva auraient encore un peu d’avenir. Le jour­na­liste char­gé de cette mis­sion se féli­ci­tait même d’une « bru­tale » remon­tée de l’action d’Areva… de 11,8 à 12,3 euros (contre 82 euros il n’y a pas si long­temps !) A l’heure où nous écri­vons, la pauvre action d’Areva est… tom­bée à 10,8 euros. Mais Les Échos y croient encore, et évoquent d’hypothétiques suc­cès d’Areva en Chine, à l’occasion de la visite à Pékin de M. Hollande la semaine pro­chaine. C’est beau l’espoir…

**Méthode Coué : l’AFP aussi !

Attention, l’AFP vous l’assure, Areva vient de signer aux USA un contrat « majeur ». En réa­li­té, il suf­fit de regar­der sur le site d’Areva pour le consta­ter, l’expression est direc­te­ment tirée du com­mu­ni­qué de l’entreprise nucléaire. En réa­li­té, il s’agit d’un contrat ordi­naire, rele­vant du « busi­ness as usual » : il reste (hélas) envi­ron 400 réac­teurs en fonc­tion sur Terre, et ils sont ali­men­tés de temps en temps en com­bus­tible. La belle affaire.
De plus, contrai­re­ment à ce que cette opé­ra­tion de pro­pa­gande laisse à pen­ser, il est pro­bable que ce contrat ne soit pas une bonne affaire finan­cière : de même que lors de la vente d’un EPR à la Finlande (en 2003) et de deux ilots nucléaires d’EPR à la Chine (en 2007), il est pro­bable que Areva a cas­sé les prix, voire même ven­du à pertes, pour décro­cher ce contrat « majeur »…