Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°43

28 mars 2013 · ana duarte

Vendredi 22 mars

**Mauvais article de Novethic sur le « retour » du nucléaire au Japon

Ne crions pas au « com­plot » mais plus pro­ba­ble­ment à l’ignorance. En par­ti­cu­lier, cet article de Novethic ne semble pas connaître la dif­fé­rence entre éner­gie pro­duite et éner­gie consom­mée, ni entre élec­tri­ci­té et énergie.

Prenons un exemple : ima­gi­nons un pays qui importe 100% de son éner­gie et qui, un jour, ins­talle une éolienne. Il peut alors cla­mer que « 100% de l’énergie pro­duite dans le pays est renou­ve­lable ». Ce qui est par­fai­te­ment vrai… mais par­fai­te­ment trom­peur : le pays importe tou­jours 100% de son éner­gie (ou plus exac­te­ment 99,99999999999999999999% !).

D’autre part, avant Fukushima, le nucléaire repré­sen­tait effec­ti­ve­ment 30% de la pro­duc­tion natio­nale d’électricité, mais cela ne cou­vrait fina­le­ment que 6% de la consom­ma­tion d’énergie du pays. Plus de 90% de cette consom­ma­tion étaient déjà assu­rés par les éner­gies « car­bo­nées » (pétrole-gaz-charbon).

Notons d’ailleurs que, en France, 75% de la consom­ma­tion d’énergie du pays sont cou­verts par les trio pétrole-gaz-charbon, ce qui montre bien l’échec de l’option nucléaire : même avec un parc mas­sif, l’atome ne couvre « que » 15% de la consom­ma­tion d’énergie de la France, laquelle est donc confron­tée aux pro­blèmes des éner­gies fos­siles ET à ceux du nucléaire : mer­ci à nos « élites ».

Revenons à l’article de Novéthic qui, avec ses for­mules à l’emporte-pièce, laisse croire - comme beau­coup d’autres articles hélas, y com­pris dans les médias dits « sérieux » ou « de réfé­rence » - que l’importation mas­sive d’énergies « car­bo­nées » au Japon, avec ses lourdes consé­quences sur la balance com­mer­ciale et sur les fac­tures des ménages, date de l’arrêt des cen­trales nucléaires suite à Fukushima !

Certes, l’arrêt de 52 réac­teurs nucléaires sur 54 a entrai­né des pro­blèmes, dont effec­ti­ve­ment une aug­men­ta­tion - fina­le­ment modé­rée . puisqu’elle était déjà mas­sive ! - de l’importation d’énergies carbonées.

Mais il serait temps de com­prendre que ces pro­blèmes exis­taient déjà avant l’arrêt des cen­trales, et sur­tout qu’ils ne sont pas cau­sés par l’arrêt du nucléaire mais par le nucléaire lui-même ! Oui, c’est parce que les « élites » japo­naises - comme les fran­çaises d’ailleurs - ont eu l’idée « lumi­neuse » dans les années 70 de faire construire des réac­teurs nucléaires que, aujourd’hui, le Japon se retrouve dans une situa­tion inextricable.

Si une autre option avait été choi­sie - éco­no­mies d’énergie + effi­ca­ci­té éner­gé­tique + éner­gies renou­ve­lables - la situa­tion serait bien dif­fé­rente. Regardons le cas de l’Allemagne qui, après s’être four­voyée dans l’option nucléaire, a fait demi-tour depuis 2000, et com­mence à en tou­cher les divi­dendes : récem­ment, près de 100% de la consom­ma­tion d’électricité du pays étaient cou­verts par les éner­gies renou­ve­lables (cf à lun­di 25 mars).

Au Japon, c’est parce que l’option nucléaire a été déci­dée (et impo­sée) dans les années 70 que, aujourd’hui, il y a Fukushima, l’arrêt bru­tal du parc nucléaire, l’augmentation des impor­ta­tions de gaz et des fac­tures ! Oui, tous ces pro­blèmes sont de la faute du nucléaire, et non de l’arrêt du nucléaire, qu’on se le dise !

Samedi 23 mars

**Earth hour : le WWF nous prend pour des c…

Avec le WWF, chaque année, on peut éteindre sa lumière pen­dant une heure… et son cer­veau pen­dant 365 jours. Ça s’appelle « Earth hour », en fran­çais « L’heure de la Terre ». Il s’agissait, le same­di 23 mars, d’éteindre ses lumières pen­dant une heure. Pour mémoire, il y a quelques années, une action mili­tante - qui a tota­le­ment échoué - consis­tait à deman­der aux citoyens de cou­per tous ensemble leurs éclai­rages et appa­reils pour contes­ter le sys­tème consu­mé­riste et pol­luant dans lequel nous vivons, et en par­ti­cu­lier l’industrie nucléaire.

De vifs débats exis­taient alors sur les consé­quences pos­sibles de cette action si elle était sui­vie en nombre. Certaines per­sonnes évo­quaient le risque d’effondrement du sys­tème élec­trique fran­çais, voire euro­péen. Un risque d’accident nucléaire était même envi­sa­gé ! D’ailleurs, le RTE-EDF (Réseau de trans­port de l’électricité) lui-même était inter­ve­nu pour évo­quer une action « irres­pon­sable » et deman­der aux citoyens… de conti­nuer à consom­mer de l’électricité à l’heure dite.

Bien sûr, à part quelques mil­liers de mili­tants, presque per­sonne n’a eu vent de cette action que les prin­ci­paux médias se sont bien gar­dé d’évoquer. Et c’est à peine si un infime décro­chage de la consom­ma­tion d’électricité a pu être détec­té ! Mais l’initiative n’a pas été per­due pour tout le monde : le WWF, orga­ni­sa­tion nui­sible, capable de per­ver­tir les plus nobles enga­ge­ments, en a fait une écoeu­rante opé­ra­tion de dés­in­for­ma­tion et de tromperie.

Loin de s’opposer au sys­tème, Earth hour est au contraire tota­le­ment ins­ti­tu­tion­na­li­sée : dans le monde entier, les auto­ri­tés sont par­ties pre­nantes et amusent la popu­la­tion en étei­gnant les bâti­ments emblé­ma­tiques, comme la Tour Eiffel à Paris. Même l’ignoble FIFA (Fédération inter­na­tio­nale de foot­ball) par­ti­cipe désor­mais à cette mas­ca­rade (voir ci-dessous).

Sur le site web asso­cié, on peut décou­vrir des débi­li­tés comme « Samedi 23 mars à 20h30, bran­chez votre MP3 et deve­nez un human light ». Un peu plus loin, tout de même, il est ques­tion de l’atome : « Soyons infor­més des dan­gers du nucléaire ». Il ne s’agit donc pas d’évoquer l’arrêt de la moindre cen­trale, juste d’être « infor­mé », pour savoir com­ment et pour­quoi nous allons être irra­diés ! Pour sau­ver la pla­nète, c’est une évi­dence, il faut com­men­cer par détruire le WWF.

**Pas étonnant : la FIFA (qui nuit au foot) soutient le WWF (qui nuit à l’écologie)

La FIFA est l’organisme qui régit le foot­ball au niveau inter­na­tio­nal. Cette puis­sante entre­prise a été diri­gée de 74 à 98 par le gang­ster João Havelange qui, avec son gendre Ricardo Teixeira, qu’il a pla­cé à la pré­si­dence de la fédé­ra­tion bré­si­lienne de foot­ball (de 1989 à 2012 !), a été convain­cu de cor­rup­tion : dans l’affaire dite « ISL », ils ont tou­ché envi­ron 30 mil­lions d’euros de pots de vin.

Mais comme ce sont des gens hon­nêtes, ils ont géné­reu­se­ment ren­du… 2 mil­lions. D’ailleurs, per­sonne n’imaginera que ces gens ont com­mis d’autres « erreurs » pen­dant leurs longs règnes, même quand M. Havelange avait pour meilleurs amis les dic­ta­teurs d’Amérique du Sud.

Depuis 1998, la FIFA est diri­gée par l’infâme Sepp Blatter, qui était déjà secré­taire géné­ral de l’organisation… depuis 1980, et qui a donc les mains aus­si « propres » que celles de son pré­dé­ces­seur. Il ne faut donc pas s’étonner que la FIFA aime le WWF (et réci­pro­que­ment), tant ces deux orga­nismes sont com­pa­rables : le second - et ses géné­reux spon­sors qui ne sont autres que les mul­ti­na­tio­nales les plus pol­luantes - nuit à l’écologie autant que le pre­mier au football.

D’ailleurs, la FIFA a déci­dé d’organiser la coupe du monde 2022 au Qatar, pays richis­sime grâce à ses réserves gigan­tesques de gaz qui per­mettent d’alimenter les prin­ci­paux émet­teurs de gaz à effet de serre. Il fait si chaud en été que les stades de la coupe du monde seront cli­ma­ti­sés, ce qui génè­re­ra une consom­ma­tion d’énergie déli­rante et de mas­sives émis­sions de co2. Mais, la FIFA sou­tient le WWF, Earth hour et pata­ti patata…

**Construction d’Iter : programmation de l’exploitation illégale des travailleurs

Enquête édi­fiante sur la façon dont les auto­ri­tés fran­çaises, les entre­prises « citoyennes » (Bouygues, Vinci, Eiffage) et les « res­pon­sables » du nucléaire se pré­parent à exploi­ter de façon éhon­tée de mal­heu­reux tra­vailleurs sur le chan­tier d’Iter. ITER, le réac­teur de fusion nucléaire dont on sait déjà qu’il sera le pro­chain échec toni­truant de l’industrie ato­mique (cf revues de presse 28 et 33). Mais qui sera construit coûte que coûte, et par les pires méthodes : tenez-vous bien, l’URSSAF a été contrainte de signer une conven­tion lui inter­di­sant tout contrôle inopi­né ! Si ce n’est pas pour dis­si­mu­ler le tra­vail dis­si­mu­lé, c’est pour quoi ?

Dimanche 24 mars

**Répression contre les militants antinucléaires et anti-THT : la Justice relaxe… parfois

La France n’est peut être pas une dic­ta­ture san­gui­naire comme on en trouve dans de nom­breux pays (dic­ta­tures d’ailleurs sou­vent sou­te­nues par les grandes « démo­cra­ties »), mais la répres­sion vio­lente et arbi­traire existe bel et bien chez nous, et elle frappe plus par­ti­cu­liè­re­ment les mili­tants anti­nu­cléaires (du moins ceux qui sortent de leurs bureaux, contrai­re­ment aux para­sites pro­fes­sion­nels retran­chés au siège du Réseau Sortir du nucléaire) et les mili­tants anti-THT.

En ce mois de mars 2013, une flo­pée de pro­cès avaient lieu, et sont rela­tés dans les deux articles pré­ci­tés. On note­ra avec sou­la­ge­ment, concer­nant les ver­dicts des 18 et 20 mars, qu’ « après la relaxe défi­ni­tive en pre­mière ins­tance des trois militant-e-s lors du pro­cès du 9 octobre 2012, ces ver­dicts mettent une nou­velle claque à la répres­sion contre les actions anti­nu­cléaires du 23 novembre 2013 du côté de Valognes et désa­vouent une fois de plus l’action du par­quet de Cherbourg. »

Concernant les mili­tants anti-THT, deux pro­cès sont repor­tés et un ver­dict mis en déli­bé­ré, et un autre ver­dict est « moyen », abou­tis­sant à une condam­na­tion déce­vante mais, tou­te­fois, bien en deça de ce qui était escomp­té par les forces de répres­sion. N’hésitez pas à appor­ter votre sou­tien moral et/ou finan­cier à ces gens courageux…

Lundi 25 mars

**Quand les renouvelables couvrent 100% de la consommation allemande d’électricité

Bon, bien sûr, c’était un dimanche à midi. Bien sûr, il s’agit d’un record ponc­tuel atteint grâce à des cir­cons­tances favo­rables. Bien sûr. Mais la marche en avant des éner­gies renou­ve­lables est impla­cable alors que les pro­nu­cléaires s’accrochent déses­pé­ré­ment à leurs argu­ments écu­lés. Par exemple, ils en sont encore à rap­pe­ler que le solaire ne pro­duit pas la nuit : ils ignorent donc que, au même moment, la consom­ma­tion d’énergie est au plus bas car… la plu­part des gens dorment !

Les pro­nu­cléaires en sont encore à pré­tendre que la pro­duc­tion des renou­ve­lables est « négli­geable par rap­port au nucléaire » alors que, désor­mais, EDF doit par­fois arrê­ter des réac­teurs du fait de l’afflux mas­sif d’électricité alle­mande renou­ve­lable… et bien moins chère que l’électricité ato­mique (cf revue de presse 35) ! Et alors que, désor­mais, la pro­duc­tion mon­diale d’énergie renou­ve­lable est le double de celle du nucléaire.

Notons enfin que, lors de ce joli record (70% de l’électricité pro­duite était d’origine renou­ve­lable), la pro­duc­tion des 9 réac­teurs nucléaires alle­mands encore en ser­vice cor­res­pon­dait aux expor­ta­tions ger­ma­niques d’électricité… en par­ti­cu­lier vers la France ! Donc, concrè­te­ment, près de 100% de la consom­ma­tion d’électricité en Allemagne étaient cou­verts par les renouvelables.
Pendant, outre les tares bien connues de l’atome (risques, déchets, conta­mi­na­tions, etc), la France s’entête avec le nucléaire dans une impasse sur les plans indus­triel et éco­no­mique, et social. Et, au fond d’une impasse, il y a tou­jours un mur…

**Les (vrais) antinucléaires atomisent la « transition énergétique »

Avec un peu de retard (la décla­ra­tion est datée du 9 mars), la Coordination Stop-nucléaire publie un texte qui rha­bille les adeptes de la « tran­si­tion éner­gé­tique » et de la « sor­tie pro­gres­sive du nucléaire ». Le Réseau Action Climat, le Réseau Sortir du nucléaire, EELV, WWF, Greenpeace, Les Colibris de Pierre Rahbi ou Négawatt, les orga­ni­sa­tions « éco­lo­gistes » tel­le­ment « rai­son­nables » en prennent pour leur grade.
Il y a effec­ti­ve­ment une « légère » contra­dic­tion à consi­dé­rer que le nucléaire est un dan­ger extrême et une cala­mi­té envi­ron­ne­men­tale… et en reven­di­quer la conti­nua­tion jusqu’en 2035 ou 2040 ! Surtout sachant qu’il est pro­bable qu’une nou­velle catas­trophe se pro­duise d’ici là. Et que, de toute façon, la conti­nua­tion du nucléaire signi­fie celle du pillage et de la conta­mi­na­tion du Niger, du busi­ness ura­ni­fère avec les dic­ta­teurs d’Asie cen­trale, de la pro­duc­tion de déchets radio­ac­tifs, entre autres horreurs…

Mardi 26 mars

**Fessenheim : Les Échos se lâchent 

Après son excel­lente inter­view dans l’Alsace (cf revue de presse 40 et ici), le phy­si­cien nucléaire Jean-Louis Basdevant est invi­té à don­ner son avis - favo­rable à la fer­me­ture de la cen­trale nucléaire de Fessenheim - dans… Les Echos. C’est une réelle sur­prise de la part de ce quo­ti­dien qui fait d’habitude la pro­mo­tion de l’atome de façon assi­due. Peut-être est-ce l’engagement de la CGT contre la fer­me­ture de cette cen­trale qui pousse le quo­ti­dien libé­ral à prendre le contre pied du syn­di­cat ? Peu importe : l’excellente tri­bune mérite d’être publiée, lue… et sui­vie d’effet !

**Fessenheim : Le Figaro se lâche !

Décidément, il semble qu’un micro-climat règne chez les médias habi­tuel­le­ment pro­nu­cléaires : cette fois, c’est le Figaro qui inter­viewe Francis Rol-Tanguy, le fameux « M. Fessenheim » (cf revue de presse 27), et qui titre sur « l’autisme du nucléaire » ! Certes, il s’agit là des pro­pos de l’interviewé, mais le quo­ti­dien libé­ral et pro­nu­cléaire aurait pu se choi­sir un titre moins « militant » !

Même s’il serait plus pru­dent de fer­mer rapi­de­ment les 58 réac­teurs fran­çais - pour mémoire, le Japon a fer­mé ses 54 réac­teurs en envi­ron un an, on ne peut que noter le bon sens de cette décla­ra­tion : « Il fau­dra bien arri­ver un jour à la fer­me­ture des cen­trales. Or, 80 % du parc a été construit sur dix ans. Si l’on n’étale pas la fer­me­ture sur vingt ou trente ans, au lieu de ¬fer­mer sur dix ans, le coût du rem­pla­ce­ment de la capa­ci­té sera phé­no­mé­nal, on ne pour­ra pas le faire. »

Ce que les pro-Fessenheim ne veulent pas voir, c’est qu’avec leurs « argu­ments » comme : « Il y a des sala­riés qui tra­vaillent dans la cen­trale, des com­mer­çants autour », etc, on ne pour­rait jamais fer­mer la moindre cen­trale nucléaire, les réac­teurs devraient fonc­tion­ner indé­fi­ni­ment (du moins jusqu’à ce qu’ils explosent !)

Mercredi 27 mars

**EDF et Areva en Arabie saoudite : faut pas charia !

Faut pas cha­ria ! Officiellement, la France est inter­ve­nue mili­tai­re­ment au Mali « pour la démo­cra­tie », et en par­ti­cu­lier pour « sau­ver la popu­la­tion de l’application de la cha­ria ». Or, dans la dic­ta­ture qu’est l’Arabie saou­dite, la même cha­ria est appli­quée, des gens sont fouet­tés, d’autres exé­cu­tés, des mains sont coupées…

Mais là, ça ne pose pas de pro­blème ! Les auto­ri­tés fran­çaises et le lob­by nucléaire (EDF, Areva) s’accommodent par­fai­te­ment bien de ces pra­tiques obs­cu­ran­tistes, de ces exac­tions, de ces crimes. L’atome passe tou­jours avant les droits humains. Pour mémoire, l’armée fran­çaises a été envoyée au Mali pour sécu­ri­ser les mines d’uranium du Niger voi­sin et assu­ré­ment pas pour faire ces­ser la cha­ria, tel­le­ment appré­ciée par ailleurs…

**Nucléaire : les annonces ridicules de Cameron (Grande-Bretagne)

On note­ra la pru­dence - fort bien­ve­nue - de l’article des Echos face aux beaux effets d’annonce de l’industrie nucléaire et du gou­ver­ne­ment bri­tan­nique. On est même dans le risible lorsque Londres évoque 75 Gw de nucléaire, plus qu’en France ! Pour mémoire, le parc fran­çais a été construit à une époque où l’argent cou­lait à flots : des dizaines de mil­liards ont été englou­tis ain­si sans le moindre débat. Aujourd’hui, les Etats sont endet­tés, les entre­prises aus­si (EDF en particulier !)

L’Observatoire du nucléaire main­tient son pro­nos­tic : il n’y aura pro­ba­ble­ment AUCUN nou­veau réac­teur en Grande-Bretagne. Et ce d’autant que les « garan­ties » (autant dire : le rem­bour­se­ment des pertes) exi­gées sur 35 ou même 40 ans (!) par EDF de la part de Londres, relèvent de sub­ven­tions illé­gales qui seront annu­lées par Bruxelles : pour une fois, la « Concurrence libre et non faus­sée » a du bon !

Jeudi 28 mars

**Greenpeace veut fermer (seulement) 4 centrales nucléaires en plus de Fessenheim

Jolie action de Greenpeace qui a orga­ni­sé une pro­jec­tion publique dont l’ « écran » n’était autre qu’un réac­teur de la cen­trale nucléaire de Fessenheim. Par contre, la séance était à 5 heures du mat, il fau­drait retra­vailler la pro­gram­ma­tion ! Trêve de plai­san­te­ries, le mes­sage était que, outre Fessenheim, Greenpeace reven­dique la fer­me­ture urgente de 4 autres cen­trales : Blayais, Bugey, Gravelines et Tricastin. Voilà qui contente à moi­tié l’Observatoire du nucléaire dont le siège se trouve à égale dis­tance de la cen­trale du Blayais et de celle de Golfech… dont Greenpeace ne demande pas la fer­me­ture urgente.

Cela fait un peu pen­ser au Réseau Sortir du nucléaire qui reven­dique la fer­me­ture des réac­teurs 1 et 2 de Chinon, mais pas des réac­teurs 3 et 4 ! Ces curieux « anti­nu­cléaires » semblent vou­loir rele­ver le concours de ridi­cule lan­cé par l’industrie nucléaire avec, en par­ti­cu­lier, la « gué­guerre nucléaire » entre EDF et Areva (cf revue de presse de la semaine der­nière). Mais ne bou­dons tou­te­fois pas l’action spec­ta­cu­laire de Greenpeace, en sou­hai­tant que cette asso­cia­tion reven­dique bien­tôt la fer­me­ture urgente des 58 réac­teurs fran­çais : le Japon a bien réus­si à fer­mer ses 54 réac­teurs en envi­ron un an !

**Suisse : la centrale de Mühleberg pourra fonctionner indéfiniment !!!!

N’accablons pas le Le Tribunal fédé­ral suisse (TF), bien qu’il ait annu­lé le ver­dict du Tribunal admi­nis­tra­tif fédé­ral (TAF) et décré­té que l’autorisation de fonc­tion­ne­ment de la cen­trale de Mühleberg ne pou­vait être limi­tée dans le temps : après tout, les juges se pro­noncent en fonc­tion de la loi, qui a été éta­blie par d’autres personnes.

De fait, face à la situa­tion ubuesque d’une cen­trale auto­ri­sée à fonc­tion­ner jusqu’à la fin des temps (!), la solu­tion est de chan­ger la loi. Ca tombe bien : les citoyens du can­ton de Berne se pro­non­ce­ront vrai­sem­bla­ble­ment en 2014 sur une ini­tia­tive deman­dant l’arrêt de cette ins­tal­la­tion nucléaire, qui a déjà 42 ans de fonc­tion­ne­ment : elle devrait être arrê­tée depuis 12 ans… et même depuis 42 ans !

**EPR en Grande-Bretagne : ça patine… à cause des jours fériés !

Suite de notre feuille­ton pré­fé­ré, le pro­jet fan­tôme d’EDF de construire des EPR en Grande-Bretagne. Pour mémoire, le nucléaire est tel­le­ment défi­ci­taire que EDF exige de Londres le rem­bour­se­ment des pertes pen­dant 40 ans ! Alors for­cé­ment, même avec un pre­mier ministre tota­le­ment sou­mis au lob­by nucléaire, comme l’est M. Cameron, ça coince ! Sans oublier, nous l’avons sou­vent évo­qué, que de telles « garan­ties » seront assu­ré­ment annu­lées par Bruxelles. Résultat : alors que les négo­cia­tions EDF/Londres devaient être bou­clées à la fin du pre­mier tri­mestre, l’AFP nous informe que ce ne sera pas pos­sible… « parce que ven­dre­di et lun­di sont fériés en Grande-Bretagne » ! Quelle blague !

**Gag : la Corée du Nord prépare une attaque atomique contre les USA

Il s’agit d’une mas­ca­rade met­tant en scène le nou­veau « cher lea­der » de la Corée du Nord, Kim Jong-un, qui mérite plu­tôt le nom de Kim-Jong-Zéro. Il est évident que, en cas de véri­table attaque, la Corée du Nord serait vitri­fiée avant d’avoir même égra­ti­gné les USA. Mais, si Kim et ses séides peuvent se per­mettre ces décla­ra­tions de mata­more, c’est que cela arrange pas mal de monde comme l’explique bien l’article des Echos :

« La Chine veut main­te­nir un état tam­pon entre sa fron­tière et une Corée du Sud accueillant de nom­breuses bases mili­taires amé­ri­caines. Séoul redoute de ne pou­voir digé­rer éco­no­mi­que­ment une éven­tuelle réuni­fi­ca­tion. Et les Etats-Unis voient dans les pro­vo­ca­tions de Pyongyang un argu­ment clé pour jus­ti­fier sa lourde pré­sence mili­taire dans la région. »

La dic­ta­ture para­noïaque de Pyongyang a donc encore de beaux jours devant elle, vu que les grandes puis­sances s’accommodent par­fai­te­ment des régimes tota­li­taires… tant qu’ils leur sont utiles.