Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Nucléaire - Stress-test « post-Fukushima » : L’indécente autosatisfaction d’EDF

16 septembre 2011 · ana duarte

L’Observatoire du nucléaire dénonce l’indécente auto­sa­tis­fac­tion d’EDF qui, dans les rap­ports publiés ce ven­dre­di en réac­tion à la catas­trophe nucléaire de Fukushima, estime que ses cen­trales sont aptes à résis­ter aux séismes et aux inon­da­tions, ain­si qu’aux situa­tions de « perte totale et cumu­lée des sources élec­triques et de refroidissement ».

Avant tout, aucune cré­di­bi­li­té ne peut être accor­dée à l’auto éva­lua­tion de ses acti­vi­tés par une entre­prise com­mer­ciale qui n’a donc aucune envie de voir ses ins­tal­la­tions mises à l’arrêt.

D’autre part, on se demande bien com­ment EDF peut conclure à la résis­tance de ses cen­trales sachant que cer­taines sont direc­te­ment mena­cées par l’éventuelle rup­ture d’un canal - c’est le cas par exemple pour les cen­trales de Fessenheim (Haut-Rhin) et du Tricastin (Drôme) - ou par exemple que la seule route d’accès à la cen­trale du Blayais (Gironde) est tota­le­ment inon­dable (comme démon­tré en décembre 1999).

Qui plus est, l’Observatoire du nucléaire, en publiant des docu­ments internes à EDF, a démon­tré que la plu­part des cen­trales nucléaires fran­çaises sont inadap­tées au risque sis­mique les concer­nant, et que EDF a même fal­si­fié cer­taines don­nées sismiques.

Enfin, il ne faut jamais oublier que rien n’est pré­vu… face à l’imprévu ! L’histoire des acci­dents indus­triels montre que les exploi­tants sont par­fois confron­tés à des situa­tions qu’ils n’avaient jamais ima­gi­nées ou dont ils avaient écar­té l’éventualité.

La catas­trophe nucléaire de Fukushima, dont les consé­quences dra­ma­tiques vont s’aggraver pen­dant des décen­nies, et le récent acci­dent sur le site nucléaire de Marcoule (Gard) montrent qu’il est impos­sible d’accorder la moindre confiance à l’industrie nucléaire. La seule façon d’assurer la sûre­té nucléaire est d’arrêter les ins­tal­la­tions (sachant qu’il res­te­ra encore les pro­blèmes qua­si inso­lubles du déman­tè­le­ment de ces ins­tal­la­tions et de l’impossible ges­tion des déchets radioactifs).

Voir aus­si la dépêche AFP

A NOTER : dès l’annonce de la mise en œuvre des « stress-tests » en mars der­nier, l’Observatoire du nucléaire avait pré­vu que le résul­tat serait favo­rable à EDF