Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°32

10 janvier 2013 · ana duarte

Vendredi 4 janvier

**Lutte contre la ligne THT de l’EPR : vidéo d’une superbe action illégale

Le com­bat - tota­le­ment jus­ti­fié - contre le pro­jet d’aéroport de Notre-Dame des Landes (NDDL) a hélas pour consé­quence de détour­ner l’attention de la lutte contre la ligne THT « Cotentin-Maine » sen­sée éva­cuer l’électricité pro­duite par l’EPR de Flamanville… si jamais EDF arrive à ter­mi­ner ce réac­teur et à la faire fonctionner.

Comme à NDDL, les auto­ri­tés sont prêtes à tout, y com­pris en vio­lant la loi, et à grand ren­fort de gen­darmes mobiles, pour impo­ser leur pro­jet démo­niaque (cf revues de presse N°4, 7, 12, 15, 16). De cou­ra­geux oppo­sants conti­nuent cepen­dant le com­bat et, nui­tam­ment, s’en vont débou­lon­ner et scier ce que les fous ont construit le jour. Notez bien que cette action est aus­si légi­time qu’illégale. Voir aus­si ici : http://antitht.noblogs.org.

**Allemagne : le nucléaire n’a pas d’avenir

« L’énergie nucléaire n’a plus aucun ave­nir en Allemagne », affirme le ministre alle­mand de l’Environnement, Peter Altmaier, dans une inter­view au quo­ti­dien Leipziger Volkszeitung, au grand déses­poir du Figaro qui, pour se ven­ger, ter­mine sa brève par un lien vers un de ses articles titré « Sortie du nucléaire : la fac­ture enfle en Allemagne ». Le Figaro n ’a tou­jours pas com­pris que la fac­ture de la sor­tie du nucléaire est cau­sée par ceux qui ont construit les cen­trales et non par ceux qui les ferment…

**Plainte contre deux centrales nucléaires suisses pour « manipulations comptables »

Produire de l’électricité avec des cen­trales nucléaires est une acti­vi­té tel­le­ment défi­ci­taire que ceux qui s’y adonnent encore mani­pulent leurs bilans finan­ciers ! Les direc­teurs de ces cen­trales se com­portent donc comme de vul­gaires escrocs. Faut-il vrai­ment s’en éton­ner, vu que l’énergie nucléaire n’est qu’une grande tromperie ?

**Le Monde accrédite la fable du Thorium

Nous avons déjà évo­qué (cf par exemple la revue de presse n°24) la « fable du tho­rium », ce mine­rai qui per­met­trait de déve­lop­per un nucléaire « plus propre, plus sûr, moins cher, pro­dui­sant moins de déchets radio­ac­tifs, rédui­sant les risques d’utilisation à des fins mili­taires. ». Rien que ça ! Outre le fait que ces bali­vernes sont pro­mises régu­liè­re­ment depuis 50 ans par l’industrie nucléaire, et ne sont jamais au rendez-vous, il ne faut pas oublier un « détail » lorsqu’on parle de tho­rium : il n’est pas fissile.

Le jour­na­liste, spé­cia­liste des pays nor­diques et non du nucléaire, s’est de toute évi­dence fait « enfu­mer » par les pro­mo­teurs nor­vé­giens de l’atome car il passe allè­gre­ment sur le cour du pro­blème en affir­mant que le tho­rium a pour inté­rêt « sa capa­ci­té à pro­duire de l’uranium 233, un iso­tope fis­sile extrê­me­ment éner­gé­tique. » Le pro­blème est que, pour ce faire, il faut bom­bar­der le tho­rium 232 par des neu­trons dans un réac­teur nucléaire bien par­ti­cu­lier puisqu’il s’agit d’un surgénérateur.

Or, l’industrie nucléaire mon­diale échoue depuis 50 ans à faire fonc­tion­ner ce genre d’installation : on se sou­vient en France du désastre de Superphénix. Faire appa­raître de l’uranium 233 à par­tir du tho­rium 232, ou du plu­to­nium 239 à par­tir de l’uranium 238, c’est très facile… avec un sty­lo à la main.

Samedi 5 janvier

**Le ministre tchèque des affaires étrangères se targue de parler de nucléaire

Telle la ministre fran­çaise Delphine Batho, qui ne connait rien au nucléaire mais sait répé­ter ce que lui dit EDF (cf revue de presse n°27), le ministre des affaires étran­gères tchèque se targue de par­ler d’atome. Il assène ain­si que la cen­trale nucléaire de Temelín (Bohême du Sud) est « par­fai­te­ment sûre ». Karel Schwarzenberg n’en sait abso­lu­ment rien, mais il a bien com­pris que c’est ce qu’il fal­lait dire pour avoir une chance de deve­nir Président de la République (il est can­di­dat), vu que son par­ti est pro­nu­cléaire. Finalement, Delphine a peut-être de l’avenir.

Qui plus est, tel notre déso­lant Sarkozy pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle 2012, Karel Schwarzenberg fait de l’humour quant au risque de Tsunami, igno­rant de toute évi­dence que d’innombrables autres fac­teurs peuvent ame­ner à une catas­trophe nucléaire. A com­men­cer par l’incompétence et l’arrogance.

Dimanche 6 janvier

**Japon : les maires des villes proches des centrales nucléaires favorables à leur réactivation

Il n’y avait pas de rai­son que les maires japo­nais proches des cen­trales nucléaires soient plus cou­ra­geux ou plus dignes que la plu­part de leurs homo­logues d’autres pays (met­tons la France au hasard). Comme la radio­ac­ti­vi­té, l’argent n’a pas d’odeur, et il peut même réa­li­ser de vrais miracles : « Les maires de com­munes favo­rables au redé­mar­rage des réac­teurs ne se posent aucune ques­tion sur la pos­si­bi­li­té qu’ils soient construits sur des failles sis­miques actives. » !!! CQFD.

Lundi 7 janvier

**Nucléaire : d’autres rats quittent le navire

Dernièrement, l’italien Enel a fait jouer une clause qui lui per­met­tait de revendre à EDF (en tou­chant des inté­rêts qui plus est !) les parts déte­nues dans le pro­jet EPR de Flamanville. Ca se com­prend : qui veut res­ter sur le Titanic ? Dans le même genre, Shaw Group (USA) reprend ses billes. Le titre de l’article est trom­peur, lais­sant croire que Toshiba inves­tit gaillar­de­ment dans l’atome (« Toshiba rachète 20% de Westinghouse »).

Mais le pot au roses est révé­lé plus loin : « Aux termes d’un accord pas­sé en 2006 avec Toshiba, Shaw Group avait ain­si la pos­si­bi­li­té de vendre tout ou par­tie de ses 20% au groupe japo­nais. » Comme Enel, Shaw sauve ses meubles et quitte le navire ! Pendant ce temps, Toshiba cherche déses­pé­ré­ment à revendre Westinghouse (Voir la Tribune du 28/12/2012, avec un titre à nou­veau ambi­gu, lais­sant croire que la vente a eu lieu). Mais voi­là : à ce jour, per­sonne n’en veut. Ca par­ti­ra peut-être avec les soldes…

**Fukushima : la mascarade de la prétendue décontamination

Finalement, on peut presque dire que les Soviétiques ne se sont pas si mal débrouillés à la suite de leur catas­trophe de Tchernobyl (1986), du moins si on com­pare avec la « haute tech­no­lo­gie » et les « méthodes modernes » mises en ouvre par les élites japo­naises (cf aus­si ci-dessous).

**Arrestation d’un opposant à la dissémination des déchets de Fukushima

Est-il exa­gé­ré de dire que le nucléaire est à l’énergie ce que le tota­li­ta­risme est à la poli­tique ? Que le nucléaire est incom­pa­tible avec la démo­cra­tie ? Que les pro­nu­cléaires sont prêts à tout pour conti­nuer à impo­ser leur dieu ato­mique ? Toujours est-il que, au Japon, la police a arrê­té le dénom­mé Masaki Shimoji, pour avoir par­ti­ci­pé à une mani­fes­ta­tion d’opposition à la dis­sé­mi­na­tion des débris radio­ac­tifs (et acces­soi­re­ment char­gés en amiante) devant une des entrées de la gare d’Osaka puis, hor­reur, avoir osé tra­ver­ser la même gare pour rejoindre la mairie.

Il s’agit bien sûr de pré­textes insen­sés pour faire payer à ce cou­ra­geux citoyen son com­bat contre le véri­table crime que sont en train de com­mettre les auto­ri­tés japo­naises : la dis­sé­mi­na­tion dans tout le Japon des déchets radio­ac­tifs de Fukushima, en par­ti­cu­lier l’option insen­sée de l’incinération. Il faut lire cette enquête pas­sion­nante… et terrifiante.

**Avion « offert » par Areva au Président du Niger : la suite

Attaqué en jus­tice par Areva, et mena­cé de dis­pa­ri­tion, l’Observatoire du nucléaire exige la véri­té de la part de l’État fran­çais (vu que Areva est une socié­té d’État), et écrit pour cela à MM Hollande, Ayrault et Canfin (ministre EELV du Développement). La réponse ne sau­rait tar­der… sauf si nos « élites » pré­fèrent que Areva conti­nue à piller lit­té­ra­le­ment l’uranium du Niger. En atten­dant, l’affaire était au cour du Grand débat d’Africa1, en atten­dant que les « grands médias » osent…

**Uranium : propagande et purification atomique dans le Midi-« Libre »

A pro­pos d’uranium du Niger, le Midi pré­ten­du « Libre » nous offre un « article » qui est en réa­li­té un véri­table publi-reportage pro­nu­cléaire comme ce jour­nal en publie de temps en temps. Cela concerne cette fois l’usine Areva-Comurhex qui reçoit jus­te­ment l’uranium du Niger (et d’ailleurs) et qui le « trempe » dans des bains de pro­duits chi­miques effroya­ble­ment dan­ge­reux et pol­luants. Le Midi- « Libre » appelle ça « puri­fier l’uranium », sans bla­guer, mais sur­tout sans rap­pe­ler que cette usine est régu­liè­re­ment cou­pable de conta­mi­na­tions de l’environnement… qui sont par­fois sanc­tion­nées comme fin 2011.

Mardi 8 janvier

**Nucléaire : le mirage chinois

L’industrie nucléaire mon­diale est à ce point sinis­trée qu’elle ne voit plus sa sur­vie que grâce aux Chinois. Ces der­niers sont cen­sés construire des dizaines de réac­teurs (on ver­ra bien), la plu­part de tech­no­lo­gie ordi­naire (eau pres­su­ri­sée) mais cer­tains aus­si de la pré­ten­due « 4ème géné­ra­tion » (cf http://reacteur.generation4.free.fr).

Rappelons que cette appel­la­tion mar­ke­ting désigne en fait les sur­gé­né­ra­teurs… qui existent depuis 50 ans. Sur le papier du moins : tous les grands pays nucléa­ri­sés ont échoué à en exploi­ter indus­triel­le­ment, à com­men­cer par la France avec son fameux Superphénix. Mais les Chinois sont sup­po­sés réa­li­ser des miracles, et ils se lancent à leur tour dans la pré­ten­due géné­ra­tion 4. Avec pru­dence tou­te­fois puisque, si l’installation de 6600 MW est annon­cée (l’équivalent de 6 réac­teurs), il faut « éplu­cher » les com­mu­ni­qués pour consta­ter que seul un petit réac­teur de 200 MW est sup­po­sé être « G4 ».

Pour mémoire, en 1968, la France met­tait en chan­tier Phénix, un réac­teur « de qua­trième géné­ra­tion » - même si cette appel­la­tion n’avait pas encore été inven­tée - de 250 MW (dont l’exploitation sera plus que chao­tique). 45 ans plus tard, Chine ou pas, l’industrie nucléaire pié­tine allè­gre­ment… Cela n’empêche pas la Radio Chinoise inter­na­tio­nale de se van­ter : « Cette cen­trale nucléaire est le pre­mier pro­jet expé­ri­men­tal mon­dial qui com­mer­cia­li­se­ra avec suc­cès les tech­no­lo­gies d’électricité nucléaire de 4ème géné­ra­tion ». On parie ?

Mercredi 9 janvier

**Le lobby nucléaire écrit directement dans Le Monde, c’est plus simple comme ça

On a fina­le­ment tort de se moquer du Midi-« Libre » car Le Monde ne fait pas mieux. Anne Eveno doit être une copine de pro­mo­tion de Delphine Batho, elles ont sûre­ment appris ensemble à reco­pier sous la dic­tée. Nous voi­là donc dans « le jour­nal de réfé­rence » avec, en guise d’article, une com­pi­la­tion des plus beaux effets d’annonce du lob­by de l’atome : des dizaines et des dizaines de réac­teurs vont donc être construits un peu par­tout sur Terre !

On s’étonne presque que « seuls » soient cités la Chine (qua­li­fiée d’Eldorado de l’atome), l’Inde, la Grande-Bretagne, le Vietnam, la Pologne, la Finlande, l’Afrique du Sud ou l’Arabie saou­dite, sans oublier le Japon où « Les nou­veaux réac­teurs seront dif­fé­rents de ceux construits il y a qua­rante ans » selon le nou­veau pre­mier ministre, Shinzo Abe, qui s’y connait au moins autant que Delphine Batho.

On « apprend » aus­si que EDF et Areva sont très opti­mistes et que l’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie ato­mique envi­sage de 90 à 350 nou­veaux réac­teurs sur la pla­nète. D’ailleurs, une info­gra­phie de pure pro­pa­gande a été four­nie au Monde (qui l’a publiée telle quelle !) par la WNA (World nuclear asso­cia­tion), c’est à dire l’association des grandes entre­prises de l’atome (une belle bro­chette à admi­rer ici).

La WNA, nous en avons par­lé il y a deux semaines (revue de presse n°30), ce sont ces gens qui n’osent même plus mettre à jour leur dia­gramme (cf http://world-nuclear.org/info/inf01.html) tel­le­ment la chute du nucléaire est bru­tale ! Mais ça, ils ont oublié d’en par­ler à Anne…

**Suite des « chinoiseries » de l’industrie nucléaire tricolore

Décidément, ce numé­ro du Monde est très nucléaire puisqu’on y trouve un autre grand article sur le sujet, vrai­ment écrit cette fois par un jour­na­liste (bra­vo !). On y retrouve les tri­bu­la­tions de l’atome hexa­go­nal en Chine, et la fameuse polé­mique sur les pré­ten­dus « trans­ferts de tech­no­lo­gie » (cf revue de presse n°30)

On apprend au pas­sage que les Chinois savent cou­ler une dalle de béton en une fois (quelle per­for­mance inouïe) quand EDF le fait en trois fois et avec des joints défaillants. Mais Le Monde n’est pas seul : de toute évi­dence, il y avait un gros contin­gent de jour­na­listes dans la délé­ga­tion gou­ver­ne­men­tale fran­çaise en visite à Pékin ces jours-ci, mais aus­si assu­ré­ment des lob­byistes de l’atome puisque la plu­part des médias concer­nés relaient les mêmes inep­ties (des cen­taines de réac­teurs « bien­tôt construits », etc).

Au final, nous sommes pour­tant confor­tés dans nos pré­vi­sions : les Chinois vont faire bien moins de réac­teurs qu’annoncé et, après avoir « pico­ré » auprès des dif­fé­rents construc­teurs (USA, Russie, Canada, France, etc), ils vont se recen­trer sur un ou deux modèles, l’EPR étant évi­dem­ment écar­té. A suivre…

**Nucléaire : la bombe à retardement du démantèlement

Très inté­res­sant repor­tage où il est en par­ti­cu­lier ques­tion de vieux réac­teurs sovié­tiques ins­tal­lés en ex-RDA, défi­ni­ti­ve­ment arrê­tés après la chute du mur de Berlin quand leurs graves défaillances ont été enfin connues. Ce qui n’empêche pas cer­tains nos­tal­giques de l’atome (et peut-être du « socia­lisme réel ») de rendre « les éco­lo­gistes » res­pon­sables de tous les pro­blèmes sociaux !

On regret­te­ra par contre le titre de cette enquête qui pour­rait lais­ser à pen­ser que, tout compte fait, il vaut mieux ne pas arrê­ter les cen­trales nucléaires… comme si l’on pou­vait repor­ter indé­fi­ni­ment leur déman­tè­le­ment. Au risque de nous répé­ter, rap­pe­lons que les pro­blèmes viennent des gens qui ont fait construire des cen­trales nucléaires et non pas de ceux qui ont la bonne idée de les arrêter…

**Déchets nucléaires : le Pape est attendu à BURE (Meuse) !

Jeudi 10 janvier

**Projets nucléaires en Grande-Bretagne : EDF à genoux devant les Chinois !

Nous avons régu­liè­re­ment évo­qué ces der­nières semaines les rêves déses­pé­rés d’EDF d’éviter la désa­gré­ga­tion en construi­sant des réac­teurs EPR en Grande-Bretagne. Car tous les autres « mar­chés » se sont éva­nouis (USA, Italie, Émirats, Tchéquie, etc) ou sont en passe de le faire. Or, de la même façon que l’italien Enel s’est reti­ré du pro­jet EPR de Flamanville (EDF devant même ayer des inté­rêts !), le bri­tan­nique Centrica s’apprête à quit­ter avec fra­cas EDF et ses pro­jets fan­tômes d’EPR.

Alors, une fois de plus, les Chinois (et leurs gros ché­quiers) sont espé­rés, en der­nier recours. Les Zorros pour sau­ver les zéros. Problème : si jamais les Chinois acceptent, ce sera pour diri­ger, et de fait ils écar­te­ront ce pauvre EPR. Par ailleurs, rien ne dit que les Britanniques accep­te­ront de voir un par­te­naire affai­bli et sou­mis (EDF) débor­dé par de puis­sants « enva­his­seurs ». Tout laisse à pen­ser que, une nou­velle fois, la pire des panades attend EDF et le nucléaire français.

**L’Observatoire du nucléaire s’attaque (à juste titre) aussi au CNRS !

Pour se dégour­dir les jambes avant de com­battre le monstre Areva, l’Observatoire du nucléaire s’en prend au CNRS mais, là aus­si, tota­le­ment à juste titre. Voyez plu­tôt. Le 7 jan­vier 2013, le CNRS annonce la publi­ca­tion d’un grand docu­ment mul­ti­mé­dia sur le nucléaire, pré­ten­dant que « Cette ani­ma­tion donne au grand public des clés pour mieux com­prendre la pro­blé­ma­tique du nucléaire et ain­si par­ti­ci­per au débat qui se dérou­le­ra de jan­vier à avril 2013. »

Le CNRS pou­vait éven­tuel­le­ment prendre posi­tion en faveur de l’atome, mais à condi­tion de le faire de façon affi­chée et assu­mée. Au contraire, jouant de son sta­tut d’organisme public, le CNRS laisse habi­le­ment pen­ser que le conte­nu de son docu­ment est non par­ti­san et ne fait que pré­sen­ter de façon neutre et hon­nête les élé­ments du débat sur le nucléaire.

Or il s’agit d’une trom­pe­rie déli­bé­rée. Heureusement, elle a été entiè­re­ment dis­sé­quée par le ser­vice docu­men­ta­tion de l’Observatoire du nucléaire. Ce der­nier demande au CNRS d’afficher clai­re­ment son enga­ge­ment par­ti­san en faveur de l’atome ou, mieux, de rem­pla­cer son docu­ment par un autre qui soit, cette fois-ci, réel­le­ment hon­nête et non-partisan.