Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse n°34

24 janvier 2013 · ana duarte

Vendredi 18 janvier

**L’évêque de Troyes pose quelques questions sur le nucléaire…

Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, pose quelques bonnes ques­tions par rap­port au pro­jet d’enfouissement des déchets radio­ac­tifs : « Pouvons-nous ain­si nous débar­ras­ser de ces colis gênants sans nous inter­ro­ger sur ce qu’ils pour­raient pro­vo­quer dans quelques cen­taines d’années sur nos des­cen­dants ? » ou bien « L’an der­nier, les com­munes rive­raines [du site d’enfouissement] ont reçu 654 euros par habi­tant. Un élu doit s’interroger avant d’accepter cet argent. A quoi s’engage-t-il vrai­ment ? Garde-t-il sa liber­té de pen­ser et d’agir ? »

Mais aus­si : « Notre actuelle bou­li­mie d’énergie légitime-t-elle que nous com­pro­met­tions l’avenir de nos enfants et trai­tions notre terre de façon irres­pon­sable ? » Il nous est avis que cet hon­nête homme ferait bien de se méfier : à poser de telles ques­tions, il pour­rait bien se retrou­ver à la retraite anti­ci­pée ou réaf­fec­té dans le désert de Gobi…

**Quand La Marseillaise sert la soupe aux multinationales

La Marseillaise est un quo­ti­dien proche du Parti com­mu­niste (PCF) et qui, dans ses colonnes, prend fait et cause pour les com­bats des sala­riés. Par contre, dès qu’il s’agit de nucléaire, comme le PCF ou la CGT-énergie, La Marseillaise fait le jeu des mul­ti­na­tio­nales. A l’occasion de l’inauguration du siège d’Iter, La Marseillaise se fend d’un « article » (en fait un véri­table publi-reportage !) qui reprend tous les argu­ments bidons avan­cés en faveur de ce pro­jet déli­rant, exac­te­ment comme tous les autres médias : on cherche en vain la dif­fé­rence. Par contre, rien sur le fait que des groupes indus­triels aus­si sym­pa­thiques que Vinci (aus­si impli­qué dans le pro­jet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) soient les seuls vrais gagnants du pro­jet Iter.

**La blague du siècle : EDF s’engage sur le délai et le coût de l’EPR !

EDF tente déses­pé­ré­ment de construire un réac­teur nucléaire, le fameux EPR, à Flamanville (Manche). Au départ, le réac­teur devait entrer en ser­vice en 2012 et coû­ter 2,8 mil­liards. A ce jour, le retard est de 4 ans et le sur­coût de 300% : 8,5 mil­liards. Et voi­là que, subi­te­ment, EDF annonce s’engager « sur le délai et le coût » de l’EPR. Quelle blague : une fois pris en compte ce retard et ce sur­coût gigan­tesques, il est effec­ti­ve­ment plus facile de « tenir ses enga­ge­ments ». Encore que : rien ne dit qu’il n’y aura pas de nou­velles déconvenues…

**Montebourg, EDF, Areva et le CEA : les gentils toutous de la dictature saoudite (avant d’aller en Chine)

Nous l’avons déjà vu, seuls les pays richis­simes peuvent encore se payer des réac­teurs nucléaires, tant cette façon de pro­duire de l’électricité est rui­neuse et défi­ci­taire. La liste se résume pra­ti­que­ment à la Chine et aux pays pro­duc­teurs de pétrole. Comme par hasard, ce sont des dic­ta­tures, régime poli­tique pré­fé­ré des nucléo­crates fran­çais : pas de mani­fes­tants, pas d’opposition démocratique.

C’est ain­si que MM Proglio (EDF, le gars qui lit les gra­phiques à l’envers, cf rdp n°30), Oursel (Areva, l’inconscient qui attaque l’Observatoire du nucléaire en jus­tice) et Bigot (Commissariat à l’énergie ato­mique, le nul qui pré­tend que les cen­trales japo­naises résistent à tout, cf rdp n°33), ont été pro­me­nés en Arabie saou­dite par l’animateur Montebourg.

Ces plai­san­tins, dési­gnés par l’expression « Équipe de France du nucléaire », se sont pros­ter­nés devant les des­potes saou­diens, qui envi­sagent de s’offrir des cen­trales nucléaires, pour leur pro­po­ser l’inénarrable réac­teur fran­çais EPR (cf http://reacteur.epr.free.fr). Le regret­table Bigot se pâme : « L’essentiel, en matière nucléaire, c’est qu’il y ait une sta­bi­li­té poli­tique » (tra­duc­tion « Vive la dictature » !)

Mais, aus­si méchants et arro­gants que soient les diri­geants saou­diens, rien ne laisse à pen­ser qu’ils soient assez bêtes pour ache­ter des EPR ! Même en se pros­ter­nant, nos tristes nucléo­crates fran­çais n’arriveront pro­ba­ble­ment à rien. Encore une fois. Tant mieux.

Samedi 19 janvier

**L’Observatoire du nucléaire négocie-t-il avec l’Iran ?

« Aucun accord n’a été atteint lors des dis­cus­sions de deux jours entre l’Iran et l’observatoire du nucléaire, a rap­por­té l’agence de presse semi-officielle ISNA » Bigre ! L’Observatoire du nucléaire négo­cie­rait donc avec les Iraniens ? Quelle ter­rible res­pon­sa­bi­li­té ! En réa­li­té, il appa­rait que l’agence « semi-officielle » ISNA a dégou­pillé, et pas à moi­tié pour le coup. De toute façon, l’Observatoire du nucléaire est trop occu­pé à « négo­cier » avec Areva : pro­chain rendez-vous le 1er février au Tribunal de grande ins­tance de Paris !

**Du poisson super radioactif pêché à Fukushima

De tristes indi­vi­dus tentent de faire croire que Fukushima fait déjà par­tie du pas­sé et qu’il ne faut pas remettre en cause le nucléaire pour « si peu ». En réa­li­té, la catas­trophe ne fait que com­men­cer : les cœurs des réac­teurs sont tou­jours en fusion, et refroi­dis en conti­nu pour évi­ter une reprise des réac­tions nucléaires.

D’autre part, envi­ron 200 000 per­sonnes ont été éva­cuées et, pour elles, le drame n’en est qu’au début. Sans oublier que des mil­lions de per­sonnes vivent dans des zones plus ou moins conta­mi­nées, avec des consé­quences inévi­tables sur la san­té, en par­ti­cu­lier celle des enfants. Quant à la faune, elle se porte mal comme le prouve la décou­verte, deux ans après le début de la catas­trophe, d’un pois­son 2500 fois plus radio­ac­tif que les « normes », pour­tant déjà ter­ri­ble­ment laxistes. Il est bien évident que ce pois­son n’est qu’un par­mi d’innombrables autres.

Comme cha­cun le sait, les petits pois­sons sont man­gés par les plus gros, etc : la chaine ali­men­taire entière est tou­chée. Le drame de Fukushima ne fait que com­men­cer, le nucléaire est bien une cala­mi­té qui répand la déso­la­tion sur cette planète.

Dimanche 20 janvier

**Des projets pour le Fort de Vaujours… contaminé par le CEA !

Remarquable enquête menée par le Collectif « Sauvons la Dhuis » à pro­pos du Fort de Vaujours, joyau his­to­rique qui a hélas été « salo­pé » (par­don mais il n’y a pas d’autre mot) par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) pen­dant 40 ans (de 1955 à 1997). Les conta­mi­na­tions y sont mul­tiples. Pourtant, Placoplâtre (filiale du groupe Saint-Gobain ) pro­jette d’exploiter ce site pour en extraire le gypse, et la Communauté d’Agglomération de Marne et Chantereine (CAMC) pro­prié­taire de 11 hec­tares, sou­haite y implan­ter une zone d’activité. Affaire à suivre…

Lundi 21 janvier

**Douze incidents de niveau 1 à la centrale nucléaire de Paluel en 2012

Certes, il vaut mieux 12 évé­ne­ments de niveau 1 que 2 de niveau 6 ou 3 de niveau 4. Mais il vaut sur­tout mieux zéro évé­ne­ment, zéro inci­dent, zéro acci­dent, et la seule façon d’y par­ve­nir est de stop­per défi­ni­ti­ve­ment cette cen­trale. Et les autres.

**L’AIEA acte l’arrêt virtuel du nucléaire japonais… et puis finalement non

Les nucléo­crates sont déci­dé­ment de sacrés plai­san­tins. Ainsi, le 17 jan­vier, on appre­nait que l’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie ato­mique (AIEA) venait de clas­ser 47 réac­teurs nucléaires japo­nais dans la caté­go­rie « en arrêt à long terme », alors qu’ils étaient jusqu’ici dans la caté­go­rie « en activité ».

L’AIEA étant le fer de lance du lob­by nucléaire au niveau mon­dial, ses diri­geants ont eu beau­coup de mal à accep­ter la réa­li­té de la catas­trophe de Fukushima et la fer­me­ture des réac­teurs japo­nais. Mais, comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Et puis fina­le­ment non : quatre jours plus tard, ces zozos ne se fai­sant pas à l’idée d’abandonner leurs jouets, voi­là qu’ils reclassent les 47 réac­teurs japo­nais dans la caté­go­rie « en acti­vi­té ». Na ! Trop forts les nucléocrates.

**Areva au Niger, Lhomme qui dérange

Avec nos excuses pour cette per­son­na­li­sa­tion momen­ta­née… entiè­re­ment de la faute d’Areva. L’article est cepen­dant très édi­fiant sur la façon dont Areva méprise les citoyens au Sud comme au Nord, pro­ba­ble­ment du fait d’un grand sens de l’égalité entre tous…

**Allo le Ministre de la Françafrique ? C’est l’Observatoire du nucléaire !

Pascal Canfin est ministre du « Développement », nou­veau nom de la « la Coopération », dont le coeur d’activité est la Françafrique. M. Canfin est aus­si un notable d’Europe écologie-Les verts (EELV) et, mal­gré cela, il se dit éco­lo­giste. Mais il prouve lui-même que c’est faux, voyez plutôt.

Invité de la mati­nale de France inter ce lun­di matin, ce gen­til ministre (qui prend bien soin de ne jamais faire de peine à MM Hollande et Ayrault) a été inter­pel­lé par un audi­teur qui n’était autre que le direc­teur de l’Observatoire du nucléaire, lequel dési­rait en savoir plus sur le curieux « don » d’Areva au bud­get du Niger (rap­pel). Alors, cor­rup­tion ou non ?

Le ministre affirme d’abord – c’est donc de la plus grande impor­tance - que son inter­lo­cu­teur « a des convic­tions mais il a par­fois ten­dance à les pous­ser un peu trop loin ». Traduction : aucune chance de deve­nir ministre, ni rien d’autre de lucra­tif d’ailleurs : pas assez « souple » ! Le Canfin est souple, lui, mal­léable, il sait rete­nir ses « convictions »…

Ensuite, M. Canfin explique que, entre action­naires, Areva et le Niger peuvent s’échanger de l’argent, ça ne regarde qu’eux. Et que si l’argent ver­sé par Areva sert à ache­ter un avion au Président du Niger, c’est bien de la liber­té de ce der­nier. La Françafrique a de beaux jours devant elle : Faux-Cul a pris la suite de Foccart.

Enfin, le pré­ten­du « éco­lo­giste » assène que la France inter­vient mili­tai­re­ment au Mali « pour la liber­té » (on dirait Bush !) et ajoute même, avec ses gros sabots, que « Areva est en dehors de tout ça ». Aucune remarque sur le fait que le pré­ten­du pom­pier (la France) est aus­si le pyro­mane qui a main­te­nu dans la région des régimes affai­blis et cor­rom­pus. Régimes qu’il faut bien main­te­nant venir « sau­ver » face aux groupes isla­mistes, les­quels sont effec­ti­ve­ment effroyables mais aus­si bien utiles pour que la France remette la région sous la coupe de son armée coloniale.

Très fier de lui, Pascal Canfin affirme que « 80% des éco­lo­gistes sou­tiennent l’intervention mili­taire au Mali ». Distrait, il a confon­du les notables réunis dans le Conseil fédé­ral d’EELV (et qui ont effec­ti­ve­ment jus­ti­fié l’injustifiable à 80%) avec des éco­lo­gistes. Quel blagueur !

**En France, en 2010, des antinucléaires ont été torturés

En novembre 2010, des mili­tants anti­nu­cléaires ont été réel­le­ment tor­tu­rés par les « forces de l’ordre ». Si vous pen­sez qu’il s’agit là d’une exa­gé­ra­tion, nous vous invi­tons à regar­der sur le site web du Ganva les pho­tos des bles­sures. Et encore : après soins.

Pour mémoire : oppo­sés à un trans­port de déchets radio­ac­tifs ultra-dangereux, des mili­tants se sont enchai­nés aux rails pour stop­per le convoi quelques temps. Ce genre d’évènement a sou­vent lieu en Allemagne : la police vient alors décou­per à la scie cir­cu­laire, avec pré­cau­tion, les chaines et autres tubes qui ont per­mis aux mili­tants de se soli­da­ri­ser aux rails.

Mais voi­là : en France, les auto­ri­tés ont déci­dé de pro­fi­ter de la situa­tion pour faire pas­ser aux acti­vistes l’envie de mili­ter : de graves bles­sures et de ter­ribles brû­lures leur ont déli­bé­ré­ment été infligées.

Bien enten­du, comme nous sommes au pays de l’atome, ce sont les vic­times qui ont été trai­nées en jus­tice, et condam­nées : pri­son avec sur­sis et plus de 30 000 euros d’amendes et de dom­mages et inté­rêts pour la SNCF et Areva. Le lun­di 4 mars 2013, à 14h à Caen, aura lieu le pro­cès en appel. Les “7 du Ganva” méritent votre soutien.

**Déraillement d’un train contenant « des vêtements », en puis finalement de l’uranium !

Si on appli­quait dans la Drôme les mêmes méthodes qu’en Calvados, il y a des cadres d’Areva, de la SNCF et de la Préfecture de la Drôme qui pas­se­raient à la table de tor­ture ! En effet, un wagon nucléaire a déraillé, sans consé­quences a prio­ri, mais on ima­gine sans peine le résul­tat si l’accident avait été violent… comme cela arrive très sou­vent sur le réseau ferré.

D’ailleurs, des mili­tants de l’association « Vivre Ici ?V ????allée du Rhône ??Environnement » étaient pré­sents au bon moment et ont pu pho­to­gra­phier un autre wagon du même convoi, mais conte­nant pour sa part des déchets extrê­me­ment radio­ac­tifs. Information qui n’aurait pas été connue autre­ment, au vu de la dés­in­for­ma­tion orches­trée par les auto­ri­tés : dans un pre­mier temps, les « res­pon­sables » ont affir­mé que le wagon ne conte­nait que des vête­ments, qui plus est cou­lés dans le béton (ces vête­ments en savaient-ils trop ?).

Rectificatif plus tard dans la soi­rée : il s’agissait en fait d’uranium. Mais, atten­tion, de l’uranium « natu­rel » et « appau­vri », de façon à ras­su­rer le citoyen pro­fane. Or, l’uranium n’est plus « natu­rel » s’il n’est plus dans l’état dans lequel on l’a trou­vé sous terre. Donc de l’uranium « enri­chi » ou « appau­vri » ne peut pas être en même temps « naturel ».

Par ailleurs, la notion d’uranium « appau­vri » est trom­peuse, ou du moins sub­jec­tive. L’uranium natu­rel est com­po­sé à 99,3% d’uranium 238 et à 0,7% d’uranium 235. On appelle usuel­le­ment ura­nium « enri­chi » de l’uranium que l’on a modi­fié pour aug­men­ter sa teneur en ura­nium 235. De fait, cet ura­nium « enri­chi » (il a plus d’uranium 235 qu’à l’état natu­rel) est… tout autant « appau­vri » (il a moins d’uranium 238 qu’à l’état naturel) !

De même, le fameux ura­nium « appau­vri » (il a moins d’uranium 235 qu’à l’état natu­rel) est tout autant « enri­chi » (il a plus d’uranium 238 qu’à l’état natu­rel). Mais, sur­tout, il faut bien noter que le dan­ger est exac­te­ment le même si vous res­pi­rez des pous­sières d’uranium natu­rel, d’uranium enri­chi ou d’uranium appau­vri : can­cer assu­ré, en quelques mois ou quelques années. La conclu­sion est que la com­mu­ni­ca­tion natu­relle des auto­ri­tés est appau­vrie en infor­ma­tion et enri­chie en men­songes. CQFD.

Mardi 22 janvier

**Un député allemand dit sur France inter que la France intervient militairement au Mali pour l’uranium du Niger

Günther Krichbaum, est dépu­té alle­mande clas­sé à droite (CDU), mais il est aus­si Président de la com­mis­sion des Affaires Européennes au Bundestag (Parlement alle­mand). Ce n’est donc pas un simple « godillot ». Ce mon­sieur doit bien avoir des défauts par ailleurs, mais il faut bien dire qu’il a excel­lem­ment mis les pieds dans le plat en direct sur France inter, en esti­mant que la France inter­ve­nait aus­si au Mali pour sécu­ri­ser son appro­vi­sion­ne­ment en ura­nium dans le Niger voisin.

Aussitôt, un autre invi­té est inter­ve­nu pour ten­ter de « rec­ti­fier » et pré­tendre que l’intervention mili­taire fran­çaise était « pour la liber­té » : Bernard Cazeneuve, ministre fran­çais délé­gué aux Affaires Européennes. Comme par hasard, ce triste indi­vi­du est aus­si un des pires pro­nu­cléaires qui soient.

**Nucléaire civil et militaire : Jean-Marie Matagne (ACDN) sur France inter

Bravo à l’animateur et pro­duc­teur Philippe Bertrand qui, dans son émis­sion « Carnets de cam­pagne », a don­né la parole à Jean-Marie Matagne sur un sujet, le désar­me­ment nucléaire, tota­le­ment occul­té dans l’ensemble des « grands médias ». Et bra­vo à Jean-Marie pour avoir énon­cé quelques véri­tés de façon claire et péda­go­gique. Une petite brique de plus…

**Déchets nucléaires : BURE, même les bactéries attaquent

Une nou­velle don­née qui vient s’ajouter aux nom­breuses déjà réper­to­riées qui font que le pro­jet d’enfouir sous terre des déchets radio­ac­tifs relève clai­re­ment du crime (cf http://www.villesurterre.eu)

**La France importe de plus en plus d’électricité depuis l’Allemagne !

Depuis près de dix ans, le bilan annuel au 31 décembre est lim­pide : la France est IMPORTATRICE d’électricité depuis l’Allemagne. Suite à la catas­trophe de Fukushima, Berlin a fer­mé d’un coup 8 réac­teurs et, excep­tion­nel­le­ment, la France a été légè­re­ment expor­ta­trice en 2011.

Les pro­mo­teurs de l’atome ont com­men­cé à rica­ner (c’est ce qu’ils savent faire de mieux) mais, depuis, la marche de l’Histoire a repris son cours : en 2012, la France nucléaire est à nou­veau impor­ta­trice depuis l’Allemagne, bien que celle-ci sorte de l’atome. Qui plus est, l’Allemagne réduit dans le même temps ses émis­sions de co2 ! Les tenants du nucléaire ont mené la France dans une impasse et, plus le mur final approche, plus ils main­tiennent le cap…

**Nucléaire français : les pieds-nickelés en Chine

La ministre fran­çaise du Commerce exté­rieur, Nicole Bricq, a pris le relais d’Arnaud Montebourg pour pro­me­ner les PDG d’EDF et d’Areva, Henri Proglio et Luc Oursel : après l’Arabie saou­dite, une autre dic­ta­ture (le régime pré­fé­ré des nucléo­crates), la Chine. Areva saute sur l’occasion pour ten­ter par com­mu­ni­qué de faire croire que, puisque les Chinois arrivent à construire le réac­teur EPR, cela prouve que les fran­çais y arrivent aus­si. Mais non, cela prouve juste… que les Chinois y arrivent ! Les fran­çais sont bel et bien en échec avec leurs EPR, tant Areva (en Finlande) que EDF (à Flamanville) : http://reacteur.epr.free.fr.

**Proglio justifie les transferts de technologie vers la Chine… tout en les niant

On avait déjà le gou­ver­ne­ment du Niger jurant n’avoir pas reçu de don d’Areva… tout en assu­rant que ce don a été uti­li­sé à autre chose que l’achat d’un avion pré­si­den­tiel. On a aus­si, désor­mais, M, Proglio qui jure qu’EDF n’a pas fait de trans­fert de tech­no­lo­gie nucléaire vers la Chine… tout en jus­ti­fiant ce trans­fert ! Mais, comme déjà expli­qué , la France nucléaire n’a aucun secret à trans­mettre, à part la recette de l’échec, des retards et des sur­coûts.

Mercredi 23 janvier

**Fessenheim : EDF va renforcer les radiers sous les réacteurs

Suite de la mas­ca­rade sur la pré­ten­due « fer­me­ture de la cen­trale de Fessenheim » : selon la bonne vieille méthode du fait accom­pli, EDF va dépen­ser des mil­lions dans la cen­trale pour dire ensuite « On ne peut pas la fer­mer alors qu’on vient juste d’y inves­tir de lourdes sommes ! » Notez-bien que ces inves­tis­se­ments sont par­fai­te­ment inutiles : en cas de fusion de coeur, le radier (la dalle de béton sur laquelle sont posés les réac­teurs) sera trans­per­cé, qu’il soit « épais­si » ou non. Une des plus grandes nappes phréa­tiques d’Europe sera alors irré­mé­dia­ble­ment contaminée.

Mais, à nou­veau, l’objectif d’EDF n’est abso­lu­ment pas d’arriver à une « sûre­té » qui est en fait impos­sible à assu­rer, mais de dépen­ser de l’argent dans la cen­trale pour en repous­ser le pro­jet de fer­me­ture. Le Président Hollande laisse EDF faire, il laisse aus­si l’Autorité de sûre­té annon­cer que la cen­trale ne sera pas fer­mée dans les 5 ans, et il a renon­cé à débar­quer le sar­ko­zyste Proglio de la pré­si­dence d’EDF. La guerre « hol­lan­daise » au Mali et au Niger vise donc à assu­rer l’approvisionnement de Fessenheim – comme de toutes les autres cen­trales fran­çaises - en ura­nium volé au Niger.

**« L’équipe de France du nucléaire » se prend un tacle

L’industrie nucléaire fran­çaise est nulle, et de longue date : cela va à l’encontre d’une idée reçue mais, enfin, cela com­mence à se savoir. L’Observatoire du nucléaire l’a clai­re­ment mon­tré mais on peut désor­mais s’en rendre compte ici ou là, comme sur ce blog d’un jour­na­liste du Monde. Il était temps.

**La syndicaliste d’Areva aurait inventé ses chinoiseries !

Le 19 décembre der­nier, Libération consa­crait une par­tie de sa Une etdeux pleines pages à l’affaire de la syn­di­ca­liste d’Areva « sau­cis­son­née » chez elle et mena­cée. Pire, un « A » avait été ins­crit sur elle au mar­queur. Aurait-elle la grippe A ? A-t-elle per­du son triple A ? Non, d’après Libération, ce serait tout sim­ple­ment Areva qui aurait mena­cé sa propre syn­di­ca­liste, qui remuait ciel et terre pour obte­nir copie d’un accord secret entre son entre­prise et les Chinois de CGNPC. Areva a d’ailleurs atta­qué Libération pour dif­fa­ma­tion (c’est une manie !).

Libé qui pour­rait bien être condam­née car, parait-il, la syn­di­ca­liste aurait elle-même orga­ni­sé son « agres­sion ». Areva serait donc non-coupable ? Allons donc, cette fausse agres­sion est loin d’être la seule chose fic­tive concer­nant le pré­ten­du « géant de l’atome ». On peut même dire que tout est faux chez Areva : contrai­re­ment à ce qui nous est affir­mé, les réac­teurs sont dan­ge­reux, les mines d’uranium conta­mi­nantes, les déchets radio­ac­tifs sans solu­tion, les publi­ci­tés men­son­gères, etc. Finalement, si cette syn­di­ca­liste a inven­té son agres­sion, elle n’aura fait que se confor­mer à l’identité de son entre­prise. Elle mérite donc son « A » !

Jeudi 24 janvier

**CGT : un recours contre la fermeture de Fessenheim (et de son lucratif Comité d’entreprise !)

La CGT-énergie se mobi­lise contre la fer­me­ture de la cen­trale de Fessenheim et, en géné­ral, contre toute hypo­thèse de sor­tie du nucléaire. Car, pour cette fédé­ra­tion au fonc­tion­ne­ment curieux (par exemple, Madame a suc­cé­dé à Monsieur au secré­ta­riat géné­ral), la fin du nucléaire signi­fie­rait la mort de le poule aux oeufs d’or : le comi­té d’entreprise (CCAS).

Espérons que Madame, son ché­ri, et ses pré­dé­ces­seurs (comme l’ineffable Denis Cohen, chef de la CGT-énergie de 1990 à 2005 et sou­tien du PDG d’EDF dans son pro­jet de casse du sta­tut des sala­riés) seront dis­po­nibles pour le pro­cès des détour­ne­ments finan­ciers du comi­té d’entreprise…

**Aux fous : Capital.fr vous invite à acheter des actions d’Areva !

Nous avons par­fois évo­qué dans le revue de presse le des­tin tra­gique de l’action d’Areva à la bourse de Paris, pas­sée de 82 euros à 13 (soit 84% de pertes). Considérant que cette cota­tion est « bru­ta­le­ment » remon­tée à… 14 euros, Capital.fr prend des risques… ou plu­tôt (pas fous !) vous invite à en prendre. Capital.fr ignore donc que tout est faux dans Areva ou alors, plus pro­ba­ble­ment, c’est juste pour rire.

**L’armée française envoyée au Niger pour protéger Areva !

L’envoi des forces spé­ciales fran­çaises pour sécu­ri­ser l’approvisionnement en ura­nium des cen­trales nucléaires fran­çaises achève de démon­trer que, contrai­re­ment à une idée fausse insi­dieu­se­ment entre­te­nue, l’atome n’apporte aucune indé­pen­dance éner­gé­tique : 100% de l’uranium « fran­çais » est impor­té, et l’armée est envoyée pour pro­té­ger son extrac­tion au Niger. Comme nous l’avons affir­mé à de nom­breuses reprises, ce pays reste donc clai­re­ment sous la domi­na­tion colo­niale fran­çaise. CQFD.